‹ Roman pour ma fiancéeChapitre 3 sur 16 · GOETHE · texte numérisé non relu

GOETHE

J'arrîvaîs par derrière, venant du parc. J'étais près des communs ; mes chiens se mirent à aboyer. Un lad sortit du chenil à mon approche.

— C'est vous, William? Gomment n'êtes-vous pas couché ? Que faites-vous avec les chiens ?

— Votre Honneur m'excusera ; je les empêche d'aboyer à la musique par ordre de Mr. Christian.

Je trouvais Bluemanor debout, veillant, lumières éteintes, mis en révolution par le voisi-

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nage des mélomanes de ]a pelouse. Je distinguais au clair de lune les fenêtres à guillotine relevées le plus haut possible dans les chambres des domestiques. Ma venue était déjà signalée. Je voyais l'électricité s'allumer dans mon appartement et dans le hall du rez-de-chaussée. Enfin, le vieux Christian lui-même s'empressait à mon avance. J'entendais, dans une allée voisine, son pas court et son souffle embarrassé.

Alcali était aux mains du lad. Je marchai au devant de l'intendant.

— Votre Honneur doit être étonné ? dit du plus loin qu'il put le dévoué Christian.

Et, sans attendre mes questions, sans se soucier d'une quinte d'asthme ni de multiples halètements, il fît son rapport en conscience:

— J'ai voulu téléphoner à Woodhouse, mais ces étrangers me l'ont défendu, de peur de déranger Votre Honneur. Ils repartent demain. Hs se sont arrêtés sur la route vers six heures. La plus jeune des deux ladies a commencé une aquarelle de Bluemanor. Le gentleman qui est son père prenait des photographies. Leurs deux autos s'étaient rejointes. Cet arrêt excitait ici la curiosité. Un lad est venu me dire : « C'est une famille française. » Aussitôt j'ai donné l'ordre d'ouvrir la barrière et j'ai cru de mon devoir

d'aller informer moi-même ces honorables touristes que, s'ils désiraient voir de plus près le parc et la résidence, ils étaient chez un compatriote. J'ai dû leur faire connaître alors les nom et qualité de Votre Honneur. Ils ont poussé des exclamations et la jeune lady a manifesté le désir de ne pas aller plus loin sans prendre le temps de finir son aquarelle. Son père m'a prié d'accorder pour la nuit un emplacement nécessaire à l'installation d'une tente et des automobiles. J'ai indiqué le meilleur endroit et donné l'assistance qu'il était convenable de donner. A huit heures, le campement était arrangé ; cette famille est servie par deux mécaniciens et une femme de chambre. A neuf heures, ces étrangers ont dîné et, depuis onze heures, les maîtres s'amusent. Ce sont des gens habitués sans doute à se coucher lard. J'ai attendu qu'ils s'endorment avant de prendre mon repos.

Cette explication lumineuse m'avait conduit jusqu'au perron, et j'étais amusé parce que je devinais que le vieux Christian, si au courant qu'il soit de l'humeur française, s'effarait, sans le dire, à la pensée d'une hospitalité offerte à des personnages extravagants.

Dès le seuil du hall, je vis le valet de pied, dans sa tenue la pi us correcte, me présenter

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son plateau où se pavanait un large bristol. Je lus d'abord le nom et l'adresse gravés sur le carton :

EMILE MOURIER,

Reims.

Puis, tracé au crayon, d'une écriture de maréchal des logis chef, ceci dont je ne saurais changer une syllabe :

Monsieur et madame Emile Mourier de Reims, et leur fille, madame Amati, remercient monsieur le capitaine des Ormes (sic) de V accueil si hospitalier qui leur est fait en son magnifique château et regrettent infiniment que son absence ne leur permette pas de lui dire de vive voix qu'ils lui sont très reconnaissants,

— Emile Mourier, de Reims... Le Champagne Mourier! Tiens I tiens! tiens!... C'est parfait, Christian; vous avez très bien agi. Ne vous inquiétez pas davantage de ces musiciens. Allez prendre votre repos et que tout le monde dorme. Nous nous occuperons de ces étrangers quand il fera jour, s'ils ne sont pas partis.

Je vis bien, par la satisfaction évidente qu'exprimèrent les traits de Christian et du valet de

pied, que mon approbation libérait d'une inquiétude ces vigilants serviteurs.

A dire vrai, tout au fond, je n'étais pas enchanté. J'avais bien autre chose en tête. Mais ces bizarres excursionnistes n'allaient pas se jeter au travers de mes préoccupations. Je pouvais fort bien les laisser plier bagage sans donner signe de vie. C'est à quoi j'inclinais. Je n'aime guère les gens dont la fortune est la principale élégance, et monsieur et madame Mourier, de Reims, et leur fille, malgré le luxe et l'imprévu de leur « camping » ne m'avaient pas prévenu très favorablement par leur finesse et leur distinction, dans le peu de temps de mon observation de leurs plaisirs. Ma pensée se reportait vers Josy. C'est en songeant à elle que je glissais peu à peu sur la pente aimable du sommeil.

J'allais perdre la notion des choses, lorsque le nom de madame Amati repassa dans mon cerveau et éveilla un souvenir.

— Madame Amati... Madame Amati... Parfaitement ! la femme du député. Elle a beaucoup fait parler d'elle...

Mes réflexions n'allèrent pas plus loin. Je dormais.

Mon réveil matin est un réveil vivant. Il a cinq pieds trois pouces et répond au prénom de Michel. Paris a eu l'honneur de lui donner le jour. Michel a été mon premier ordonnance. Son temps de service achevé, je Tai gardé près de moi. C'est Gavroche doublé de Sancho. Il a autant de malice que de bon sens. Michel est un enfant trouvé. La police l'a ramassé, il y a quelque trente ans, derrière la Trinité. Je suis toute sa famille. Il règle à sa fantaisie les détails de ma vie domestique. Mes chevaux, mes chiens, mes armes relèvent de sa haute surveillance et, accessoirement, tout ce qui me toucherintéresse. Il est convaincu, d'ailleurs, que tout ce qui l'intéresse me touche.

Il a raison. J'aime mon Michel comme j'aime mon pays. Il est à mes yeux le Français du peuple, du vrai bon peuple de France, celui qui peine en souriant et chante en travaillant. Avec cela, malin, déluré, solide, franc et net, au moral comme au physique. Ah ! par exemple, si on l'ennuie, il se fâche. Il n'a pas de vices, mais il a du sang.

La veille, à Woodhouse, j'avais réveillé Michel pour avoir mon cheval. Mon air disait sans doute

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que je voulais être seul. Il ne m'avait point suivi. Mais, au matin, huit heures sonnant, mon fidèle Achate se glissait dans ma chambre, à Bluemanor.

Si peu de bruit qu'il fit, j'ouvris les yeux et demandai :

— Quel temps, Michel ?

— Very fine, mon Capitaine.

Michel est un linguiste distingué. Depuis dix ans que nous sommes ensemble, il a eu l'occasion de courir le monde et de fréquenter les peuples les plus divers. Il s'est composé un répertoire qui lui permet de demander à boire, à manger, à dormir et^ si j'ose dire, à aimer, dans les principales langues connues. Il a surtout approfondi les mystères de l'anglais pour que je n'aie point à rougir de lui, et il se plaît parfois à m'éblouir de ses connaissances en me parlant un langage mixte.

Rassuré sur l'état du ciel, j'ajoutai négligemment :

— Rien de nouveau à Woodhouse ?

— Mande pardon, mon Capitaine. Nous avons eu un événement, cette nuit.

Il me tournait le dos, tout au soin de mes effets, en apparence, mais je vis dans une glace qu'il me regardait de côté, d'un air sardonique.

Rien n'échappe à ce brigand. Je suis sûr que mon secret était déjà le sien. Je pris un ton indifférent pour m'informer :

— Un événement? Quel événement?

Et je bâillai.

— La poulinière grise de sir Edouard a eu un poulain... (Ici une pause) un gentil poulain. (Seconde pause.) Ces dames n'étaient pas encore couchées. Miss Josiane est descendue à l'écurie. (Michel fait face au lit et me dévisage.) Le petit poulain est vraiment très joli... (Sous prétexte de déposer mes effets à portée de ma main, Michel est à un demi-mètre de mon visage.) Miss Josiane a trouvé qu'il ressemblait à Alcali et a déclaré qu'on lui donnerait un nom choisi par mon Capitaine.

Est-ce cette nouvelle, est-ce la malice de Michel ? Je ne peux m'empêcher de rire. Mais il est prudent de changer de conversation.

— Ici aussi, Michel, nous avons du nouveau. As- tu vu ce campement sur la pelouse, en venant?

— Si je l'ai vu ? / think so ! J*ai même interwievé la domesticité.

Remarque importante : Michel Janvier — du nom complet qu'il doit à l'Assistance publique — ne fait partie d'aucune domesticité. Il est l'ordon-

nance à vie du capitaine Desormes, futur maréchal de France. C'est quelque chose pour lui comme une charge, une fonction, un emploi officiel qui le différencie du reste des humains en général et des domestiques en particulier. Au surplus, il n'en tire pas vanité et ce sentiment est d'ordre intime. L'opinion qu'il a de lui-même ne l'a nullement empêché, je le devine, de courir à l'installation des Mourier du plus loin qu'il l'a remarquée, de se lier en cinq minutes avec leurs serviteurs et de savoir, à présent, des choses intéressantes sur ces Champenois opulents et leur fille aux talents divers.

— Qu'est-ce que tu penses de ces gens-là, Michel?

— Peuh ! C'est du négoce de province. Ça voyage en nabab. Au fond, c'est pour vendre de la piquette aux Anglais.

Décidément, je sens que je ne ferai pas la connaissance des hôtes de la pelouse. Le peu d'estime que Michel professe à leur endroit confirme mon opinion première. Nous n'allons plus nous soucier d'eux. Aussi bien ai-je souvenir d'une partie projetée pour le surlendemain avec miss Josy, son frère, sa belle-sœur et deux de leurs plus charmantes amies. Nous devons aller à Colchester visiter les ruines illustres de cette vieille

ville. Je désire que nous puissions goûter honorablement, et, comme je me méfie du génie des pâtissiers britanniques, Michel va me rendre le service d'aller organiser une collation potable à l'endroit le mieux choisi.

Il est près de neuf heures et demie quand ma toilette est faite et mes prescriptions achevées. Je songe à la lettre qu'il faut écrire à Laurière pour que ma mère soupçonne qu'entre Josy et moi l'amitié qui nous lie prend un caractère nouveau. Après quoi, j'irai sans cérémonie luncher à Woodhouse où Teddy entend que ma chambre soit toujours prête et mon couvert toujours mis.

J'aurai la possibilité de causer avec Josy. Que de choses en moi m'obsèdent sans se formuler encore nettement. Nous ne sommes plus des enfants. C'est à nous-mêmes de tout examiner, tout peser, tout décider. Nous allons l'un vers l'autre ; mais que de questions se posent : celle de race, de religion , les obligations que me crée ma situation dans l'armée, les égards que je dois à ma mère, ceux aussi que m'impose vis-à-vis de la famille de Josy mon amitié pour Edouard Assler.

Livré à ces pensées, j'étais dans la salle à manger de Bluemanor, devant mon premier déjeuner. Les journaux du jour et mon courrier se trouvaient à portée de ma main. Je n'y prenais

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pas garde, occupé seulement de mes réflexions. Pourtant, d'un geste instinctif, j'avais tiré à part une enveloppe bleue que je tournais et retournais sans l'ouvrir.

Josy s'interposait entre cette lettre et moimême. Son beau visage était devant mes yeux, ses lèvres s'offraient à mes lèvres.

De la main qui ne tenait point d'enveloppe, je pris brusquement une pêche au ton chaud et velouté, dans la corbeille de fruits placée sur la table, et j'y mordis à pleine bouche.

Dès que nos gestes sont accomplis le cours de nos idées change. Celles qui sont nées des impressions physiques sont les plus fugitives et laissent le moins de satisfaction intime.

J'eus quelque honte de mon enfantillage passionné : j'ouvris l'enveloppe bleue. L'écriture harmonieuse et simple de Noémi de Méryl m'apportait des nouvelles de Laurière dictées par ma chère Maman.

« On reste jeune tant que l'on garde sa mère. » Cette maxime de madame Claire Bauër est profonde et vraie entre toutes. 11 n'est rien qui ne m'enchante dans les menus détails dont les lettres de ma mère sont pleines parfois : détails sur la vieille demeure où je suis né, les gens du village, l'état des récoltes, les on-dit de la région. Ce

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jour-là, les préparatifs de la moisson m'étaient contés point par point, et je me délectais d'apprendre que la grande moissonneuse avait « ses dents de requin aiguisées de la veille et ses râteaux en pattes de faucheux, qui ont l'air aussi de vouloir mordre, remis à neuf pareillement ». Autre nouvelle : « Quantité de régalades en grès tiendront aux champs la boisson fraîche. »

Puissance évocatrice des mots, d'un coup d'aile mon imagination me transportait, de corps et d'âme, au milieu des vagues de froment, sous le soleil de Messidor, sur la bonne terre limousine; et je voyais, je croyais voir devant moi, dans la campagne, des paysans basannés formant en tas les gerbes, à la façon de mon pays.

En réalité, j'apercevais, au delà des fenêtres de la salle à manger, une large allée de tilleuls ; au bout de cette avenue la pelouse aux trois ormes vénérables, voisins du campement de M. Emile Mourier, de Reims ; et, dans ce moment môme, pour me tirer de mon rêve, un personnage, vêtu de clair, coiffé d'un panama et ganté de gris perle, s'avançait sur la pelouse, vers l'allée des tilleuls, vers Bluemanor, vers moi.

C'était écrit : M. Emile Mourier, de Reims, donnait en personne l'assaut à mon refuge. Il devait connaître ma présence ; il accourait me

prendre au gîte. Je le voyais approcher d'un regard inclément. Soudain, il s'arrêta et partit vouloir rebrousser chemin. J'entendais crier au loin. Je me tournai vers le maître d'hôtel debout derrière moi.

— John,. n'appelle4-on pas?

— Si, Votre Honneur. On appelle même très fort.

M. Emile Mourier, de Reims, venait de faire volte-face et regagnait son camp à toutes jambes. Son panama s'envola ; il ne s'arrêta point.

— Mais on appelle à l'aide, John.

— Oui, Votre Honneur; il me semble. J'entends courir nos gens.

J'étais debout, agacé, inquiet, hésitant. Le vieux Christian parut, essoufflé.

— Je crois qu'un accident vient d'arriver au campement français. Votre Honneur. William est parti en criant que quelqu'un est tombé dans la rivière.

Je fus promptement dehors, poussé par un sentiment instinctif. Alcali, tout sellé, m'attendait pour me ramener à Woodhouse. J'ordonnai au valet d'écurie, qui tenait mon cheval, d'aller prendre une autre monture et de me rejoindre sur la pelouse. Si l'accident était crave, il (allait, d'urgence, envoyer queiir du secours.

En quelques secondes de galop je parvins à la lisière du bouquet de bois, près des automobiles champenoises. Leurs annexes de toile se trouvaient à moitié démontées. Autour des voitures diverses personnes s'agitaient, poussaient des cris, donnaient des conseils, se disputaient des planches et des cordes. A deux pas, dans un petit bras de la Blackwater, soutenu au-dessus de cinquante centimètres d'eau, un gros homme livide geignait, le bas du corps inerte et encore immergé.

M. Mourier, héroïquement entré dans la rivière, s'empressait de lui venir en aide ; un autre Français et deux de mes gens le secondaient.

L'homme était tombé d'une passerelle de fortune laissée à cet endroit par quelqu'un de Bluemanor, et tombé si fâcheusemeut, d'à peu près deux mètres de haut, qu'il venait sans doute de se rompre une jambe.

C'est du moins ce que m'apprit madame Mourier qui se présenta comme elle put, dans cette dramatique circonstance, ainsi que sa fille, tandis que moi-même je n'avais guère le loisir d'égrener des politesses.

Forte et colorée, exercée à l'usage de l'anglais, madame Mourier dirigeait Je sauvetage à grand renfort de gestes, et en femme habituée au corn-

mandement. Dès que je fus arrivé, elle se partagea entre la victime de l'accident et moi-même.

— Ah ! monsieur, quel malheur ! Nous sommes consternés... Passez la planche ! passez la plan-' che !... C'est Glovis, notre mécanicien personnel, un homme qui nous sert depuis plus de vingt ans et qui est bon à tout. Une perle, monsieur, et un si brave garçon!... Prenez garde! Soutenez la jambe!... Bon à tout, monsieur... Monsieur le capitaine Desormes, n'est-ce pas ? C'est affreux, monsieur! Nous bouleversons votre maison... Nous allions partir : Clovis a eu besoin de traverser ce petit ruisseau ;il a glissé !... Soutenez la jambe, au nom du Ciel ! Emile, à quoi pensestu ? Soutiens donc sa jambe... Courage, Clo, courage !... Là, là, doucement. Merci, mes bons amis, merci pour lui et merci pour nous !... Je vous demande pardon, monsieur : Clovis est le seul homme auquel je me fie en automobile. Sans lui jamais je n'aurais suivi mon mari et ma fille dans un voyage de ce genre et qui tourne si mal. Mon Dieu ! qu'allons-nous faire ? Comment et où le transporter?... Clo, mon ami, je ne vous quitterai pas...

Témoin muet de cette scène pathétique, j'avais mis pied à terre. J'étais près du pauvre homme retiré de l'eau, trempé, transi, assurément mal

en point. Il faisait peine à voir ; le désarroi de ses maîtres témoignait en faveur de ses mérites et de leur humanité. Touché, je dis très simplement à M. Mourier que ma maison était à sa disposition. Puis, je pris d'autorité la tête du cortège formé pour transporter le blessé à Bluemanor sur une civière improvisée.

Madame Mourier surveillait les pas des porteurs et réglait leur allure ; madame Amati marchait à hauteur de l'infortuné Glovis et, de temps en temps, lui faisait respirer des sels. Elle était tête nue, sans ombrelle, habillée d'un élégant costume de laine légère, couleur de feuille morte et garni de dentelles. Pour se garantir du soleil elle tenait une branche de feuillage. Émue ou énervée, elle serrait les lèvres et gardait le silence.

Par deux fois, quand je me retournai, mon regard rencontra le sien.

Il me sembla qu'à l'approche de Bluemanor madame Amati surmontait son trouble ou son ennui et que sa physionomie avait pris, peu à peu, une expression moins désolée.

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