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INTRODUCTION XVII

doha Maria de Cisneros, un manuscrit renfermant un grand nombre de chansons, pastourelles et dits, dont la majeure partie était due à Dom Diniç. Dom Dini\ était le roi que cette digression nous a fait un instant perdre de vue.

Il est certain qu'avant son règne, le Portugal avait eu déjà des troubadours; si l'on n'a plus leurs vers, on sait encore les noms de plusieurs d'entre eux; mais ce fut à partir de Dom Dini% que l'école provençale exerça sa grande influence. Dom Dini^ lui-même, qui ne fut pas un médiocre poète, semble s'enorgueillir d'avoir pris les troubadours pour modèle :

Quer' eu en maneyra de proençal Fazer agora um cantar d'amor,

dit-il dans une de ses poésies, et ailleurs il ajoute :

Proençaes saen muy ben trobar E dizen elles qu'é con amor...

Le Cancioneiro de Dom Dini\ offre de continuelles preuves de cette influence des

XVIII ROMANCEIRO PORTUGAIS

troubadours ; on y remarque aussi de gracieuses petites pièces rappe liant le ton de la poésie populaire et la simplicité de nos pastourelles et des serranas castillanes l .

Dom Dini\ groupa autour de lui de nombreux émules, Estevan de Guarda, Juan Vas, Juan Soare^ Coelho, Juan Soares de Pavia, appelé par antonomase le troubadour, et qui, suivant Santillana mourut d'amour... La vogue fut donc à la Provence et les troubadours avaient, depuis plus d'un siècle, disparu de cette contrée que leur influence, restée vivace che\ les Portugais et les Galiciens, fut par eux transmise aux Espagnols de Qon Juan II (1406-1454) 2 . A la cour de ce roi lettré retentit le dernier et tardif écho d'un chant qui avait cessé depuis longtemps.

Dom Dini\ et sa pléiade de poètes étaient bien réellement les disciples des troubadours, c'est ce qu'a constaté parfaitement le savant Milày Fontanals : « Par l'époque, dit-il, où commença à fleurir l'école

1 . V. Cancioneiro del rey Dom Dini\, aux pages 1 1 8, i38, M2, 144.

a. Cour littéraire de Don Juan II, t. I, p. 42.

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