INTRODUCTION XXXII
œuvres, la chronique de Dom Hcnrique et celle de Dom Duarte entre autres.
Gomes Eannes de A\urana, Ruy de Pina qui vécut d'Alfonso VàJoan III, lui succédèrent. A côté de ces importants ouvrages, on compta aussi d'asse\ nombreux ses relations de voyage. Linfant Dom Pedro traduisit lui-même le livre de Marco Polo; un marin, Alvaro Velho f eut- être, écrivit le Roteiro da viagem de Vasco de Gama, important document dont Camoens ne dédaigna pas de se servir.
La poésie ne fut pas négligée non plus.
On avait déjà réuni les vers des troubadours les plus fameux du temps de Sancho II et d'Affonso III, dans un recueil connu sous le nom de Cancioneiro de Ajuda. Le Cancioneiro du comte de Marialva s'était alimenté surtout des poètes du règne d'Affonso IV. Dans ce Cancioneiro figurait une pièce ayant pour sujet le tribut de cent vierges exigé par Abd-el- Rahman et appelé Chanson de Figuereido.
On la cite, — mais, telle qu'on la connaît, elle a été remaniée, — comme un des plus anciens spécimens de la langue portu-
XXXIV ROMANCEIRO PORTUGAIS
gaise. On cite de même des couplets portant le nom d'Ega\ Moni\, qui ne fut certes pas le personnage du même nom vivant sous Affonso Henriques.
Le Cancioneiro le plus célèbre est celui de Garcia de Resende, qui fut un poète asse\ remarquable lui-même, et fit sur Ignés de Castro des, vers non dépourvus de mérite, mais que ceux de Camoens, sur le même sujet, ont fait oublier. Garcia de Resende vécut sous Affonso V (i438- 1 481), fils de Dom Duarte, et sous Dont Joan II (1 431-1495), que ces sujets appelèrent le Prince parfait. Ce fut un grand règne que le sien, il débuta toutefois par des actes sanglants : l'exécution du duc de Bragance, beau-frère de la reine, le meurtre du duc de Viseu, que Joan II poignarda de sa main. Sous ce roi, Bartholomeo Dia\ doubla le cap des Tourmentes, appelé depuis le cap de Bonne- Espérance. Tant de glorieuses expéditions maritimes allaient bientôt inspirer Camoens. Avant d'arriver à cet illustre poète, il nous faut citer encore d'autres noms moins éclatants, mais qui ne peuvent être oubliés Gil Vicente, con*