INTRODUCTION XLIII
genre de quelques-unes des œuvres de lord Byron. Il commença par emprunter à ces chants oubliés les motifs de plusieurs productions de courte haleine. Dès 1828 il avait publié à Londres Adozinda ,poëme tiré des romances de Silvanha. Il donna ensuite Bernai Frances, également emprunté à un romance, et d'autres pastiches de la même espèce. Malgré tout son talent, tout son goût, ces remaniements n'ont pas autant de charme que les vieux chants, leur point de départ. Ce n'est pas une étude sans intérêt d'examiner cette mé* tamorphose de la poésie populaire, de voir ce qu'un littérateur très éminent a fait de ces chants antiques. On trouvera qu'il existe entre la poésie populaire et la poésie artistique des différences telles que leur fusion est à peu près impossible, et que ce qui appartient en propre à la première l'emporte de beaucoup sur les combinaisons artificielles et sur les développements de la seconde. Ces combinaisons, ces développements auraient leur raison d'être dans une œuvre écrite entièrement sous une inspiration moderne , mais s'appliquent mal sur la donnée sim>
XLIV ROMANCEIRO PORTUGAIS
pie et très dramatique du romance. Il y a là des différences de ton qui choquent l'oreille.
Plus tard, complètement séduit par les charmes ingénus de la poésie populaire, Almeida Garrett se mit à en recueillir les vestiges sans arrière-pensée. Le fit-il avec les scrupules, exagérés peut-être, qu'on montrerait aujourd'hui dans une tâche semblable? On peut croire que quelquefois il refit un vers boiteux, et lui-même avoue que certaines pièces ont été composées de la jonction de diverses versions. Mais le soin même qu Almeida Garrett prend d'avertir de ces agrégations, l'abondance des variantes quil donne en marge, suffisent pour prouver qu'on n'a pas affaire à un autre Chaterton.
D'ailleurs, la plupart des chants rassemblés par Garrett ont été retrouvés depuis par M. Braga, souvent avec des différences peu considérables. Ce dernier écrivain a, de son côté, publié deux remarquables recueils, le Romanceiro gérai et les Cantos populares do Archipelago açoriano.
D'autres publications analogues ont ensuite paru : Bellermann a reproduit à peu