INTRODUCTION XLV
près les textes d'Almeida Garrett, Estacio da Veiga a donné les romances de l'Algarve, mais on peut craindre que ce n'ait pas toujours été avec une fidélité asseï grande; enfin, Hardung a composé deux volumes d'éléments fournis par ses devanciers, et de quelques découvertes personnelles. C'est d'après toutes ces recherches que nous formons notre recueil.
Arrivons maintenant aux petits poèmes qui le composent. En raison de points de départ communs, nous ne pouvons parler des romances portugais sans demander à V Espagne de premiers renseignements.
Le mot romance était, comme le mot
français roman, qui en serait l'exacte
traduction, appliqué à toute œuvre en
langue vulgaire K II finit par désigner
i. Profitons de cette explication à propos du mot romance pour expliquer aussi certaines différences dans la manière d'écrire les noms. Hors ceux de pays et de villes, et quelques noms appartenant à l'histoire universelle, nous ne les avons pas traduits, mais ils ne s'écrivent souvent pas de même en portugais et en espagnol. Dans la même page, on verra, quand il s'agira d'un Espagnol, un nom écrit d'une manière, et d'une autre quand il sera question d'un Portugais. Quand nous traduirons des textes castillans où il est fait mention de personnages portugais, nous donnerons ces noms tels que les fourniront ces tex-
XLVI ROMANCEIRO PORTUGAIS
spécialement de courtes compositions épiques. Au delà des Pyrénées, il a le genre masculin que nous lui conserverons. On n'aurait sans doute jamais songé à le changer si une mauvaise prononciation n'eût prêté à ce mot une apparence féminine. Romance doit se prononcer romanecé. On appelle romancero en Espagne et romanceiro en Portugal non un chant isolé, mais le recueil de plusieurs romances, comme nous nommons chansonnier une collection de chansons.
Tous les pays, pour ainsi dire, possèdent, sous des titres différents, de petits poèmes dans le genre de ceux qui, dans la péninsule hispanique, ont acquis une si grande célébrité. Il n'y a donc pas lieu de disserter sur l'origine d'une espèce de production, née spontanément partout ; on peut toutefois penser quen Espagne bien
tes, c'est-à-dire avec l'orthographe espagnole. Môme remarque à propos de don qui prend un m en portugais : dom, et de doua, qui, dans cette langue, n'a point de tilde ; dona. Encore un mot d'explication : l'imprimeur de ce volume n'ayant pas à sa disposition les a et e surmontés d'un til en usage dans le portugais, nous n'avons pu reproduire l'orthographe de certains noms et les avons écrits, autant que possible, comme ils se prononcent.