INTRODUCTION XL1X
s'ils étaient octosyllabiques. Disposés ainsi, les vers pairs offrent seuls, non une rime, mais une assonance; les vers impairs sont blancs. L assonance est une rime imparfaite, la répétition d'une voyelle prédominante. En Portugal, elle appartient seulement à la poésie populaire; en Espagne, elle a passé souvent de celle-ci à la poésie lettrée. En France, on la rencontre dans quelques-uns de nos poèmes, la Chanson de Roland, Garin le Lohérain, Aucassin et Nicolette ; mais elle ne s'y produit pas d'après des règles déterminées comme au-delà des Pyrénées^
Aujourd'hui beaucoup d'érudits considèrent les vers impairs comme de simples hémistiches, et placent de suite les mots qui, fractionnés, donneraient deux lignes octosyllabiques.
Les romances- portugais les plus anciens ne semblent pas dépasser le xv° siècle. Mais, avant cette époque, on découvre certaines pièces d'une inspiration plus ou moins populaire. Tel est un couplet satirique contre Dom Joan I er , tels sont divers chants sur le connétable Nuno Alvarez Pereira. La poésie populaire prit
L ROMANCEIRO PORTUGAIS
dans le Portugal bien d'autres formes que celles des romances. On y a de nombreux quatrains rappelant ceux que Fernan Caballero a recueillis en Andalousie et qui roulent sur toute espèce de sujets. Ony a aussi des poésies lyriques de plus longue haleine, des chansons, des cantiques. On y a encore des distiques aphoristiques sur les saisons. Ony corC naît sous le nom rf'endeixas des chants funèbres analogues aux voceri corses. La celeuma est une chanson qui scande, pour ainsi dire, les efforts faits par plusieurs hommes travaillant à une même besogne, ou les coups de marteau du forgeron retombant en cadence sur le fer. On appelait prosa une narration poétique ayant surtout une légende pieuse pour sujet.
Les maggi étaient des chants par lesquels on accueillait le retour du mois de mai.
La chacota accompagnait la danse. Le solao, appartenant plutôt à la poésie érudite, était un chant d'amour, probablement un retentissement des vers provençaux. Le mot xacara, qui paraît avoir primitivement désigné une production burlesque, caractérise un romance de