‹ RomanceiroChapitre 37 sur 96 · QUI VA EN QUERRE · texte numérisé non relu

QUI VA EN QUERRE

Les bans sont criés pour la guerre entre la France et l'Aragon. — Ah! disgrâce V me voici vieux, je ne puis répondre à l'appel. De sept filles qui me sont nées que pas une ne soit un garçon !

La plus jeune répond alors avec un air délibéré : Que j'aie des armes, un cheval, et je serai votre garçon.

— Mais tu as les yeux bien brillants, fille on te reconnaîtra.

— Quand je passerai sur les rangs, mes yeux, je les tiendrai baissés.

— Tu as les épaules bien hautes , fille on te reconnaîtra.

8 ROMANCE1RO rOKTUGAIS

— Que j'aie des armes bien pesantes, les épaules s'abaisseront.

— Tu as la poitrine élevée , fille on te reconnaîtra.

— Que j'aie un pourpoint bien serré, ma poitrine s'aplatira.

— Tu as les mains mignonnes, fille on te reconnaîtra.

— Que j'aie des gantelets de fer, elles ï seront renfermées.

— Tu as les pieds bien délicats, fille ^^ te reconnaîtra.

— Je chausserai bottes éperonnées, janr^"- IS mes pieds n'en sortiront.

— Monsieur monvpère, madame ma mèrer * je sens au cœur grande souffrance, les yeu^^

' du comte Daros sont des yeux de femme ^ d'homme, non.

— Engagez-le, mon fils, à se promener* avec vous dans un verger ; si c'est une femme, vous la verrez mettre la main sur une pomme.

La demoiselle, avisée qu'elle était, s'arrêta devant un citronnier.

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