‹ RomanceiroChapitre 38 sur 96 · LA DAHOISELLE QUI TA EN GUERRE · texte numérisé non relu

LA DAHOISELLE QUI TA EN GUERRE

— Les beaux cédrats, comme ils sont bons pour parfumer un cavalier. Les jolies pommes pour qui aurait dame à qui les présenter.

— Monsieur mon père, madame ma mère, je sens au cœur grande souffrance, les yeux du comte Daros sont des yeux de femme, d'homme, non.

— Invitez-le, mon fils, à dîner avec vous; si c'est une femme, jambes croisées, sur Festrade elle ira s'asseoir.

La demoiselle , avisée qu'elle était, alla s, asseoir sur les hauts bancs.

— Monsieur mon père, madame ma mère, ) e sens au cœur grande souffrance, les yeux du comte Daros sont des yeux de femme, ^'homme, non.

— Engagez-le, mon fils, à faire avec vous U U tour au champ de foire ; si c'est une femme, certainement les rubans la tenteront.

La demoiselle, avisée qu'elle était, fit le to Ur du champ de foire, elle passa devant les ^bans et s'acheta une dague.

— Quelle belle dague voilà pour ferrailler a Vec les hommes. Les rubans sont bien jolis Pour qui aurait à en parer une dame.

— Monsieur mon père, madame ma mère, )fc sens au cœur grande souffrance, les yeux

du comte Daros sont des yeux de femme, d'homme, non.

— Engagez-le, mon fils, à se baigner avec vous dans la rivière , si c'est une femme, certainement elle trouvera une défaite.

La demoiselle, avisée qu'elle était, commençait à se déshabiller, quand son page lui apporta une lettre. Elle lit, se met à pleurer : — Voici nouvelles qui m'arrivent, nouvelles pleines de tristesse. On m'apprend que ma mère est morte, mon père près de trépasser.

Les cloches de ma paroisse, d'ici je les entends tinter. Les deux soeurs que j'ai laissées là-bas, d'ici je les entends pleurer.

Monte à cheval, cavalier, si tu veux m'accompagner.

Ils arrivent au château , p'romptement mettent pied à terre. — Monsieur mon père, je vous amène un gendre si vous le voulez accepter. Il fut mon capitaine à la guerre et d'amour me voulut conter. Si maintenant il m'aime encore à mon père, il lui faut.parler.

Sept ans je fus à la guerre et fis le rôle de garçon. Nul ne me reconnut pour femme si ce n'est mon capitaine ; il me reconnut par mes yeux, mais par autre chose, non.

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