JESUS MENDIANT
Ce romance rappelle un vers de M. Victor Hugo :
Qui donne au pauvre, prête à Dieu.
( Voix intérieures, V.)
et revêt une vérité morale des formes d'une naïve parabole. Ce sujet a été souvent traité. On le retrouve dans les Chants populaires des provinces de France, p. 5; dans les poésies populaires de l'Armagnac et de VA gênais, p. 2 1 ; dans les Chants de la Provence, t. I, p. 5g, mais là, le mendiant est d'abord repoussé. M. Damase Arbaud fait remarquer que Roumanille a rajeuni cette donnée dans la Margarideto, et rappelle la légende de saint Yves, des Vies des saints de Bretagne, de Dom Lobineau, p. 249. — M. Braga constate (Historia da poesia popular, p. 127) qu'en Irlande il existe un chant analogue. — Les Anecdotes tirées du recueil d'Etienne de Bourbon pu-
bliées par la société de l'histoire de France, offrent, p. 1 3 1 , une légende analogue.
Dans le texte portugais que nous avons traduit (Romanceiro gérai , p. 118). chaque vers est suivi de cette exclamation ; ah! Jésus! que nous avons cru pouvoir supprimer. — Nous trouvons la même particularité dans un chant recueilli par nous dans le pays messin :
— Où allez-vous, mon cher enfant?
— Je m'en vais à Jérusalem
Jésus !
Sainte Marie, mère de Dieu, Jésus !
Une variante de notre romance a été découverte dans les Açores. [Cantos pop., n° 73.)