SAINTE IRIA
Sainte Iria, sainte Irène, est la patronne de Santarem, où fut recueillie cette antique légende. Ce n'est pas dans son Romanceiro qu'Almeida Garrett Ta donnée, mais dans son livre Viagems na minha terra, t. II, p. 36. Depuis, Braga a trouvé de ce chant, à Covilha, une autre version un peu plus longue et probablement plus moderne (Rom. gérai, p. 126), une troisième leçon plus abrégée dans l'île Saint-Jorge [Cant. pop. do Arch. Açoriano, n* 364}, et enfin une quatrième sous le nom de Santa Helena, dans le Minho {Rom. gérai, p. 126;. Les trois premiers textes sont en hendécassyllabes. Un autre romance sur le même sujet a été recueilli dans l'Algarve par E. de Veiga; il doit être moins vieux, mais nous a paru digne de paraître dans notre recueil; nous le donnons donc à la suite de celui de Santarem. Ces dernières versions se terminent par un pardon. Celle de Covilha, dont Hardung publie un texte amélioré {Romanceiro portugueç, t. II, p. 1 63;, finit ainsi :
202 KOMANCEIRO PORTUGAIS
a Habille- toi d'azur, c'est la couleur du ciel; si le ciel te pardonne, je te pardonne aussi. »
Bel 1er m an n a inséré dans son recueil (p. 20) un texte qui n'a que de légères différences avec celui de Covilha. Il Ta recueilli à Lisbonne.
Un mot d'explication sur le premier vers :
Estando eu a janella co'a minha almofada.
Ici almofada signifie un coussin, un carreau d'ouvrière sur lequel Iria avait placé son travail à l'aiguille.
Milà y Fontanals s'est occupé de notre romance dans un intéressant travail publié dans la Romania, année 1877, sur la poésie populaire galicienne : a De sainte Irène, dit-il, que l'on prétend avoir donné son nom à Santarem, parlent quelques anciens bréviaires lusitaniens (v. Esp. sagr. y XIV, 201, 35). Quoique la version galicienne conserve plus exactement le nom de la sainte, le romance est indubitablement d'origine portugaise. La version (galicienne) de M. Manuel Marguia commence ainsi :
Estando cosendo n'a mina almohada. »
(Romania, 6 e année, p. 52.)