‹ Romancero de Champagne (volume 2)Chapitre 37 sur 129 · LE TOMBEAU D'OGIER D'ARDENNES A MEAULX · texte numérisé non relu

LE TOMBEAU D'OGIER D'ARDENNES A MEAULX

Kalles repaire à Paris la cité (1) :

Ogier dona de Hénalt la conté Et deBraibant li riche duchéé, Et li dona d'Ermay la grant cité.

Molt fut Ogier crémus et redotés :

Ben soit prodome et chierir et amer, Et les malvas et plaissier et grever, Les orfelins aida ad relever.

Enliu, où fu, n'eslaissa mais errer (2).

(t) Chanson d' Ogier, par Raimbert, de Paris. — J. Barrois, 1841, t. II, p. 557.— Les Bénédictins ont donné la description du tombeau d'Ogier dans l'église de Saint-Faron, àMeaux. Ils ne mettent pas en doute son existence. Près de lui reposait sa sœur Aude, la fiancée de Rolland.

(2) On comprend que les jeunes filles de Champagne n'aient cessé d'invoquer son nom : déjà, pendant sa captivité, son caractère aimable et chevaleresque lui avait, à Reims, conquis tous les cœurs.— Aussi, dit Raimbert de Paris, pendant qu'il est en la tour :

Veoir le vont dames et escuiers, Et les borgois de Rains li plus proisiés : Maint damoisiel vont avoec lui mangier Par compaignic et por lui rehaitier :

Maint bel présent li ont fait envoyer.

Gentiushom ert; s'en avoient pitié. — (0^ri«r, ' t. II, p. Ml.)

Poures pucelles list du sien marier.

S'il vk franc home caiï en poverlé, Qui sa terre ait par besogne aloé,

Il li rachate por Deu de maïsté.

Par lui fu Kalleset créinus et dotés.

Puis vesqui tant corn à Deu vint à gré : Après sa fin fu à Mialx enterrés (1).

Lès lui Beneoit (2), de cui fu tant aînés. Jo canchon fine : plus avant n'en orés. Dex le vos mire, qui escouté l'avés, Et ne m'obli, qui les vers ai contés (3).

(1) D'après les légendes, Ogier, à la fin de ses Jours, se retira dans le monastère de Saiut-Farou, et y mena la vie la plus austère,

(2) Ecuyerd'Ogier.

(3) C'est ainsi que finit le Roman dTOgier d'Ardene-Mark. —Sa mémoire est encore populaire clans les Aryennes, dans le Hainaut, qui lui donne place parmi ses comtes.— Ogier, Thierry, Aymon et ses quatre fils, et leur cousin Maugis. sont les preux de l'histoire ardennaise pendant les VIII* et IX* siècles.

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