LE PRISONNIER DES CHAMPENOIS
(27 Juillet 1214.)
Ferrant portent clui auferrant, Qui tous deux sont de poil ferrant.
Ainsi s'en va lié en fer Li quens Ferrant en son enfer.
Li auferrant de fer ferrés Emportent Ferrant enferré (1).
Deux ferrants Bien ferrés Portent Ferrant Bien enferré (2).
(1) Branche des royaux lignages, Gdiart, vers 7056, éd. Buchon.
(2) Chant populaire contemporain. Avant la bataille de Bouvines, une sorcière avait prédit au comte de Flandre que Philippe-Auguste serait renversé de cheval et que lui, Ferrand, ferait son entrée à Paris dans une litière, au milieu de la joie générale. — Il en fut ainsi : au commencement de la bataille, le roi de France fut jeté à bas et défendu par les gens des communes. — Ferrand , comptant sur la victoire, avait fait préparer des cordes et des fers pour lier ses prisonniers.—Il fut ramené en triomphe à Paris, dans une litière grillée en fer, traînée par des chevaux couleur gris de fer.— De là les jeux de mots de ces deux couplets.