‹ Romancero de Champagne (volume 2)Chapitre 71 sur 129 · LA RÉVOLTE DE MEAUX · texte numérisé non relu

LA RÉVOLTE DE MEAUX

Folie, qui ton conseil croit et tient Souventes fois l'enmesavient.

Mal en advint à ceulx de Meaulx, De Paris, deSilly et ciaulx Qui voudrent prandre la duchesse De Normandie en la fortresse Du marché de Meaulx, et faillirent.

Fois et Hangest dehors saillirent Et bien vingt cinq hommes armé Contre six mille, qui larme En ont puis ; car ils furent pris, Les plusieurs mors et desconfis.

Les aultres tournèrent en fuie.

Grant mestier eurent de la pluie; Carie feu fut partout gecté.

Quinze jours ardit la cité, Où le feux fut de toutes pars.

Là fut le chastiaux du roy ars, Qui sur Marne sist en la ville.

Chascuns, qui peut, prant la pille Pour la folour des habitans, Qui furent illec réceptans ; Et ardirent cculs de Silly, Qui ont à leur poindre failly, Et ceuls de Paris ensément, Qui s'en fuirent laidement.

Ceuls du marché n'y firent mal

Au cloistre, ne la cathédral Eglize, et ycelle espargnèrent, Et le marché fortifièrent Et tindrent en obéissance (1).

(1) Miroir du mariage, par Euslache Deschamps, rubrique 9t . Manuscrit de la Bibliothèque de la rue Richelieu.— Pendant la guerre de la Jacquerie, Jeanne de Bourbon, femme de Charles V. alors dauphin et duc de Normandie, le duc et la duchtsse d'Orléans et tes dames de la cour avaient cherché un asile dans le château royal de Meaux.— Jean IV, sire de Hangest, brave chevalier Gdèle à la mauvaise fortune de nos rois ; Gaston-Phébus, comte de Foix. mari d'Agnès de Navarre Champagne, dont nous avons publié les œuvres, auteur lui-même d'un célèbre ouvrage de vénerie, mort en iZbO, étaient venus les protéger. Néanmoins, les Jacques de la Brieetdu Valois, après s'être réunis d'abord à Silly, avec quelques Parisiens, et puis dans Meaux, avec le» gens de la ville, attaquèrent le château; mais les défenseurs du château les taillèrent en pièces et mirent le feu à la ville. Le sire de Coucy anéantit tous ceux qui parvinrent à s'échapper. Cette sanglante journée fut le dernier combat soutenu par la Jacquerie.— Voyez les œuvres d'Eustache Deschamps publiées tant par M. Crapelet que par nous, pour les chansons historiques du XIV* siècle.

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