A CHALONS-SUR-MARNE
(17 Juin 1790.)
Les traîtres à la nation Craignent la fédération :
C'est ce qui les désole ; Mais aussi, depuis plus d'un an, La Liberté poursuit son plan :
C'est ce qui nous console.
L'instant arrive où pour jamais Vont s'éclipser tous leurs projets :
C'est ce qui les désole ; Et l'homme enfin va pour jamais Rétablir l'homme dans ses droits :
C'est ce qui nous console.
Il arrive souvent qu'au bois On va deux, pour revenir trois,
Dit la chanson frivole.
Trois ordres s'étaient assemblés; Un sage abbé les a mêlés :
C'est ce qui nous console.
Quelques-uns regrettent leurs rangs, Leurs croix, leurs titres, leurs rubans : C'est ce qui les désole.
sassins.— Le squeleUe de la Grande-Jeanuelte est conservé au musée d'histoiro naturelle de la ville de Reims.
Ne brillons plus, il en est temps.
Que par les mœurs et les talents :
C'est ce qui nous console.
Sans doute, on fera moins de cas, Et des cordons, et des crachats :
C'est ce qui les désole ; Mais les lauriers, mais les épis.
Les feuilles de chêne ont leur prix :
C'est ce qui nous console.
On en a vu qui tristement N'ont fait qu'épeler leur serment :
C'est ce qui nous désole ; On va le faire à haute voix, De bouche et de cœur à la fois :
C'est ce qui nous console (1).
(1) ChàloDS-sur-Marne. — Collect. de M. Gillet.— Ces couplets, de Devize de Sailly, chef de division à la préfecture de la Marne, furent chantés à Châlons-sur-Marne dans une fête donnée par les membres du club de 1789, le 17 Juin 1790, anniversaire du jour où l'assemblée nationale devint l'assemblée constituante. — M. de Sailly, comme on va le voir, fut le poète politique de nos contrées. Sa plume n'était qu'une plume au vent.