‹ Romancero de Champagne (volume 3)Chapitre 24 sur 92 · LA CHANSON DE LA FRATERNITÉ · texte numérisé non relu

LA CHANSON DE LA FRATERNITÉ

(Reims, 23 Juillet 1790.)

0 vous, nos amis, nos frères, Recevez, en ce beau jour.

Tous les hommages sincères Qu'on vous rend en ce séjour.

Défenseurs de la patrie, Bons citoyens, bons soldats.

Nous vous offrons, pour la vie, Nos biens, nos cœurs et nos bras.

Si chez vous l'ennemi même Venoit faire des dégâts.

Avec une ardeur extrême Nous volerions aux combats :

L'honneur étant notre guide, Nous vous assurons qu'alors Vous n'auriez point d'autre égide.

D'autre rempart que nos corps.

Mais détournons de nos têtes La foudre des ennemis ; Que la gaîté, dans nos fêtes.

Bannisse tous les soucis.

Ne craignons plus les alarmes Et les perfides desseins ; Les bouteilles sont nos armes.

Et nos verres les tocsins.

Loin de nous les noirs présages !

Nos (lignes représenlans, Par des lois justes et sages, Vont nous rendre tous contens.

Louis se dit notre père, Notre frère et notre ami :

Doit-on craindre la misère, Quand un roi nous parle ainsi ?

Pour combler notre espérance, Les Etals ont arrêté Qu'à notre habit d'ordonnance Seroit écrit : Liberté.

Qu'il nous est doux de souscrire A leurs sublimes décrets !

Par eux nous pourrons nous dire Heureux, libres et Français.

En partant de celle ville, Soldais vaillans et courtois.

Chantez d'asyle en asyle Tout le bonheur des Rémois :

Dites que pour notre maire Notre amour est éternel.

Et que nous avons pour père Un brave et bon colonel (1).

(I) Ces couplets furent chantés à Reims, lors de la réception faite, parles gardes nationales, à leurs frères d'armes des Ardennes et de l'Alsace, qui revenaient de la fête de la fédération à Paris (li Juillet 1700). —Ils sont l'œuvre de Doriguy, ouvrier typographe.

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