‹ Romancero de Champagne (volume 3)Chapitre 26 sur 92 · LE SOUPER MANQUÉ · texte numérisé non relu

LE SOUPER MANQUÉ

(Reims, 1790.)

Tous citoyens bons amis,

D'un cœur véritable, Je désire voir admis,

Ce soir, à ma table.

Va-t-en voir s'ils viennent, Jean,

Va-t-en voir s'ils viennent.

De son roy tout bon Français,

Prenant la défense.

Le vengeant de ces excès Qui lui font offense. — Va-t-en, etc.

Et ces ministres toujours

Qui brûlent d'envie De luy conserver leurs jours, Leurs biens et leur vie. — Va, etc.

Tous courtisans dignement

Qui, sans flatterie, Luy parleront franchement Et sans fourberie. — Va, etc.

Tous magnanimes guerriers,

Qui, pour récompense.

Ne veulent que les lauriers Que l'honneur dispense. — Va, etc.

Tous nobles faisant serment D'être démocrates.

Détestant sincèrement

Les aristocrates. — Va, etc.

Tous abbés qui volontiers

Font le sacrifice Des émoluments entiers De leur bénéfice. — Va, etc.

Tous plébéiens généreux^

D*un gré volontaire, Aux patriciens malheureux Qui vendront leur terre. — Va, etc.

Tous procureurs et sergents, D'honneur vrays modèles, Tenant la bourse des gens, Qui seront fidèles. — Va etc.

Mais j'entends l'heure frapper ;

C'est minuit qui sonne !

Eh ! quoy donc, à mon souper

Il ne vient personne !

Soupons donc ensemble^ Jean,

Soupons donc ensemble (1).

(1) BoMFACK, professeur au collège de Reims. — Note de l'auteur : « J'ay fait cecy, lorsque je voiais notre infortuné roy abandonné de presque de tous ses indignes sujets et livrez à fa mercy des perfides qui l'environnaient. ■— Bibl. de la ville de Reims-

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