‹ Romancero de Champagne (volume 3)Chapitre 27 sur 92 · POT POURRI · texte numérisé non relu

POT POURRI

(Juin 1791.)

Quand Louis désertait la France, Hélas! il perdait donc l'esprit.

Le mardi, l'on sut son absence, Et le lendemain, on le prit.

Français, vous fûtes étonnés

De cet excès d'audace :

Bientôt vos regards sont tournés

Pour découvrir sa trace.

Vous vous trompâtes autrefois,

Criant : — Alerte î alerte !

Sachez que la fuite des rois

N'est jamais une perte.

Fuyez, fuyez, lâche famille !

Disait le peuple de Paris.

Mais nous verrons dans cette ville Les aristocrates occis.

— Comment, occis !

— Sans doute, occis.

— Fuyez, fuyez lâche famille, Disait le peuple de Paris.

Et cependant de ce peuple en grand nombre Moitié s'arma, moitié s'en fut aux champs. Ainsi l'cclipse étend un voile sombre

Qui se dissipe aux rayons ardens.

Que, celte fois, Le Français montra de courage f

Que, cette fois^ Il sut reconnaître ses droits !

Honneur à son aréopage f Je ne le vis jamais si sage

Que cette fois.

Le royaliste, au désespoir.

Maudissait Antoinette.

La peur blanchissait le plus noir.

On eût dit la paix faite.

J'aurais voté le grand pardon La faridondaine, La faridondon.

Folleville était blanc aussi,

Biribi, A la façon de Barbari, Mon ami.

Croyant que tout est en déroute, Satisfaite de ses exploits, Toinette voit la banqueroute Et compte les morts par ses doigts.

Mais en vain un simple cortège Cache une fuite sacrilège^ En vain le roi s'est avili :

Aisément on connaît l'esclave Que plus d'une personne grave Avait déjà mis en oubli.

Le fourrier des logis, sans doute.

De bien servir fut peu jaloux.

Quoi ! des gardes du corps en route :

Il lallail des gardes-fous.

C'est quand ils furent à Varenncs, Rustique lieu, Oue Toinon, au fort de sa peine,

Adora Dieu.

Les habitants ont tout gâté

Parleur rubrique, Et le chef de la royauté

N'est plus qu'un roi dépique.

— Répondez sans détour, Louis, pour quelle affaire Vous voit-on, en ce jour.

Rôder dans ce séjour ?

Amis, la chose est claire,

Il voulait, à son tour, Faire en terre étrangère Sa cour.

Varennes détalle, Et son bataillon Vers la capitale Ramène Bourbon.

Quel roi ! c'est un atome Quant à nos travaux, Mais un vain fantôme Fait peur aux moineaux.

Trois courriers en chamois fin

Etaient sur le siège.

Paris fut jusqu'à Pantin

Pour les prendre au piège.

On quittait de bons pâtés Pour voir les deux majestés.

Cha^ cha, cha, cha, cha, Cu, eu, eu, eu, eu,

Cha, eha, cha,

Cu, cu, cu, Chacune à sa place Faisant la grimace.

En passant près des barrières.

On demandait à Toinon : — Vous qui venez des frontières, Qu'en rapportez-vous de bon ?

Mon beau mirliton, Mirliton, mirlitaine, Mon beau mirliton.

Ton, ton.

Ah ! Français, si vous eussiez vu Quel ton avait cette infidèle :

Son cœur à peine était ému.

Tant elle vous hait, la cruelle !

Mais entre nous soyons d'accord :

C'est trop peu d'un Confiteor.

Comme du bon vin en tonneau, Louis est soigné de nouveau.

Mais, s'il faut qu'il s'en aille.

Eh bien !

Démontons la futaille :

Vous m'entendez bien.

Je veux avoir, amis , dans un temps favora- Un âne propre aux charrois, [ble,

Pour porter reines et rois Au diable, au diable, au diable (1).

il) Bibl. Nationale. — Sans lieu ni date. — L'auteur ne s'est pas nomme : c'est ce qu'il avait de mieux à faire.

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