‹ Romancero de Champagne (volume 3)Chapitre 67 sur 92 · A CHALONS-SUR-MARNE · texte numérisé non relu

A CHALONS-SUR-MARNE

Ghâlonnais, mes concitoyens!

Qu'entre nous règne l'harmonie ; C'est le seul de tous les moyens Qui peut sauver notre patrie.

Rallions-nous, soyons unis, Sur nos erreurs passons l'éponge ; Vivons en frères, en amis ; Nos maux ne seront plus qu'un songe.

De nous dépend notre repos; Tâchons donc de mieux nous entendre ; Nous avons pour juge un héros.

Le grand, le puissant Alexandre :

Nos intérêts sont dans ses mains; Il veut qu'intacte soit la France :

Secondons ses nobles desseins, Au roi jurons obéissance.

Qu'en nos verres des dons d'Ay La divine liqueur pétille ; Buvons au petit-fils d'Henri, Buvons à l'auguste famille :

Célébrons la fêle des lis ;

Que franche soit notre allégresse,

Et buvons encore à Louis,

Pour goûter la plus douce ivresse (1).

(1) A. B -- Collect. de M. Guxet. — Chàlons,

T.-J. Martin, imprimeur du roi.

RESURREXIT NAPOLEO.

Châlongrsur-Marne (Mars 1815).

Le vingt Mars, le gros papa Sans bruit ni tambour décampa :

Savez-vous bien pourquoi cela ?

Alléluia.

C'est qu'un grand héros débarqua En Provence, et puis chemina Tant qu'à Paris il arriva :

Alléluia !

En le voyant, chacun claqua, Criant : — Bravo ! c'est bien cela !

C'est Bonaparte ! le voilà !

Alléluia !

Depuis les noces de Cana, Chronique jamais n'offrira Miracle valant celui-là.

Alléluia !

Messieurs les nobles, halte-là !

Calotins, chantez : Libéra !

Car votre règne est a quia :

Alléluia.

Noire ami Bobèche pourra Mourir comme et quand ii voudra Maintenant on l'enterrera.

Alléluia.

Le pape se lamentera ; PossibliS est qu'il fulminera ; Mais il est sûr qu'on en rir^ :

Alléluia !

Muzard dit qu'on bataillera ; Moi, j'espère cfu'il mentira :

La France en paix demeurera, Alléluia !

Berry quitte Virginia ; Mais à Londre il retrouvera Sa tendre nymphe d'opéra :

Alléluia !

Le d'Angoulême chassera, Suivi de sa Dolorosa, A qui bien ou mal il fera, Alléluia !

De bleu d'Artois habillera Valets, piqueurs et cœtera, Et dans les rangs se montrera, Alléluia.

Le Désiré conversera Avec son clergé, qui dira :

— Sire, cela se passera, Alléluia !

Napoléon nous restera,

Et dans l'histoire on écrira Resurrexit cum gloria :

Alléluia (1).

(l) Collection de M. Gillkt. — Ces couplets sont encore de M. Devige de Sailly, chef de division à la préfecture de la Marne. — Comme on le voit, le poète de la préfecture continuait à s'inspirer au souffle des événements !

Î-A FÊTE DE LOUIS XVllï

A CIIALONS-SUR-MARNE.

(Le 25 Août 1 81 r>.)

L'orage cesse, et l'espérance Reiiiiît dans le cœur des Français.

Ah I notre bonheur recommence :

Nous avons Louis et la paix.

De ces biens que la Providence Rend à nos vœux, à notre amour, Guidés par la reconnaissance, Célébrons le double retour.

Louis, dont la grande infortune A presque égalé les vertus ; 0 toi, dont 1 ame peu commune Brille des plus beaux attributs.

Ton front va rendre à la couronne Son éclat pur et radieux ; Sois encor l'ornement d'un trône Qu'avaient illustré tes aïeux.

Des mers franchissant la barrière, Un tyran usurpa tes droits ; Pour toi s'arma l'Europe entière ; Ta cause était celle des rois.

A leur tête on vit Alexandre, Des czars ce noble successeur.

Qui sait cultiver et défendre La vertu, la gloire et l'honneur.

Le ciel veut qu'à tes destinées S'unissent celles des Français.

C'est par eux que sur tes années Il va répandre ses bienfaits.

Du calme qui déjà s'apprête En toi seul nous voyoRs l'auteur; Et^ pour nous, le jour de ta fête Devient la fête du bonheur.

Image d'un dieu sur la terre.

Tu parais et sèches nos pleurs ; Envers le crime seul sévère, Tu sais pardonner aux erreurs.

0 roi digne qu'on le chérisse, Que tous les cœurs te soient soumis Qu'en France longtemps retentisse Ce cri sacré : Vive Louis (1),

(i) Collée», de M. Gillrt.

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