LA NOUVELLE BOURBONNAISE
La Bourbonnaise.
Arrivant à Paris, A gagné des louis.
La Bourbonnaise A gagné des louis
Chez un marquis.
Pour apanage, Elle avait la beauté ; Elle avait la beauté
Pour apanage ; Mais ce petit trésor
Lui vaut de l'or.
Etant servante Chez un riche seigneur, Elle fit son bonheur.
Quoique servante , Elle fit son bonheur
Par son humeur.
Toujours facile Aux discours d'un amant, Ce seigneur, la voyant
Toujours facile, Prodiguait les présents
De temps en temps.
De bonnes renies H lui fit un contrai; Il lui fil un contrat
De bonnes rentes.
Elle est dans la maison
Sur le bon ton.
De paysanne,
Elle est damo à présent
Elle est dame à présent.
Mais grosse dame,
./Porte des falbalas
Du haut en bas.
En équipage, Elle roule grand train ; Elle roule grand train
En équipage, Et préfère Paris
A son pays (1).
Elle est allée Se faire voir à la cour ; Se faire voir à la cour
Elle est allée.
On dit qu'elle a, ma foi î
Plu même au roi.
Elle est gentille :
Ne désespérez pas ; Quand on a des appas^
Cl) Variante : au Bassigny.
Qu'on est gentille, On trouve tôt ou lar<l Pareil hasard <i).
(I) Celte chauson parut en J768, au moment où Jeanne Vaubernier, comtesse du Barry, parut à la cour. "Elle naquit eu Champagne, dans le Bassiguy, sur le territoire de Vaueouleurs, non loin de Domremy, patrie de Jeanne Darc. Cette chanson doit son titre, d'abord, à un pont-neuf plus ancien, connu sous le nom de Bourbonnaise, ensuite à ce que Vaucouleurs n'est pis loin de Bourbonae-les-Bains, et que les noms de Bourbonne et de Bourbon sont presque identiques Le hasard qui fil naître la vierge de Domremy et la trop fameuse comtesse du Barry dans les mêmes contrées inspira ce quatrain :
France, quel est ton destin D'être soumise à la femelle l Ton salut vint delà pucelle :
Tu périras par la catin.
Bonnes Gens, souvenons-nous de tout, de nos hontes pour les racheter, de nos gloires pour qu'elles servent d'exemple à nos fils, aux fils de nos fils !