‹ Romancero de ChampagneChapitre 35 sur 131 · LE CREDO DE CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

LE CREDO DE CHAMPAGNE

Je crois en l'auteur de ce monde Qui créa la machine ronde .

Je crois qu'il est tout puissant Et qu'il est en Saint Sacrement.

Je crois, comme union catholique,.

En Jésus, fils de Dieu unique, Qu'il est conçu du Saint Esprit, Ainsi que l'Ecriture dit.

Je crois qu'il est né de Marie.

Je crois que les Juifs, pleins d'envie,.

Chez Pilate Tout fait souffrir Et qu'ensuite ils l'ont fait mourir.

Il est descendu dans les lymbes Pour consoler les âmes saintes, Brava* la mort, rompit nos fers, Après foudroya les enfers.

Il est assis près de son père.

Je crois fermement ce mystère.

Je crois qu'il monta dans les cieux, Triomphant et tout glorieux.

Je crois qu'il jugera le monde, *Tant sur la terre que sur l'onde,* Et jugera vivanset morts

Par arrêts de dernier ressorts.

Je crois les lois apostoliques, Et cofldato&ô les h&étique* ; Enfin, je crois au. Saipt- Esprit :

C'est le vrai Dieu qui nous conduit.

Je crois la communion sainte. Mon Dieu ! ie la crois sans contrainte.

Je crois qu étant bien confessés, Dieu nous remet toqs nos péchés.

Je crois, comme une âme fidelle, Que nous aurons la vie éternelle, Et qu'en Josaphat nous irons, Lorsque nous ressusciterons.

Hélas ! je ne ie connois gtiàtes, Le démon, qui me tentoit naguères ; Mais, pour mon ange gardien, Ohï pour lui, je le connois bien (i).

(t) la grande Bible renouvelée en noble nouveau*. — Troyes. Gartier le jeune. -*- Sam pagfeatioo ni date.— Mais la première ligne du deuxième couplet et k ; jkuxième du septième indiquent nettement l'époque à laquelle ce chant fut composé.

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LE BERGER DE BLANDY (EN BftIE).

J'aime en ce village Un jeune berger, ' Qui n'est peint vêlage Ni son cœur léger.--Ctay 1 Quoique l'on luy porte envie, Je F aime plus que la vie.

IJ est agréable, De bonne façon, D'autant plus aimable Qu'il est beau garçon. — Gay ! etc.-

L'amour et la Ôertime Qui brusle son cmw f Embrase mon âme De pareille ardeur. — Gay ! etc.

" Celles qui d'envie Me le vont blasmant, N'auront en leur vie Un pareil amant.— Gay ! etc.

Je sçay qu'il n'adere QuetnoyseuleiiMiit :

Et tnoy, qui l'honoré.

Ne m'en va blasmant.— Gay ! etc.

Je sçay que fNHif rien

Ne vouldroit changer Sa gaye bergère Pour une autre aimer.— -Gay ! etc.

Quoique on le soupçonne D'aimer autre part, Je sçay qu'à personne Son cœur n'a de part. — Gay ! etc.

Je sçay bien qu'il n'aime Que raoy sous les cieux ; Son amour extrême Se lit dans ses yeux. — Gay I etc.

Si, en ma présence, À quelque autre il rit, , Ce n'est qu'apparence ; Point ne la chérit.— Gay ! etc.

Je suis asseurée De sa loyauté :

Il me l'a jurée; C'est la vérité.-—Gay ! etc.

Si tost qu'il soupire, Je fonds toute en pleurs :

S'il plaint mon martyre, Je plains ses douleurs.— Gay ! etc.

Las ! je ne puis vivre, Si je ne le voy :

Mon cœur, pour le suivre, S'absente de moy.— Gay ! etc.

Parle qui voudra, Jamais je n'auray *

— Asservant plus loyal :

Plustot je mourray. — Gay! etc.

Viens donc, mon aray,

Approche de moy :

Passe ton envy,

Il ne tient qu'à toy.— Gay 1

Quoique Ton A te porte envie,

Je t'aime plus que la vie (4).

(!) Fleur des belle* étonnons, 1614, p. 843. -Cette chanson est de Catherine de Bourbon, sœur d'Henri IV.— -Cette princesse, née en 1558, était aussi spirituelle que jolie : elle fut successivement demandée en mariage par Henri ni, son frère, le duc d'Alençon, Philippe II, le duc de Savoie, Jacques, roi d'Ecosse, le prince d'Enhalt et H» de Bourbon- Montpensier. Des raisons politiques et religieuses s'opposèrent à toutes ces prétentions.— Parmi les princes de la maison de France, brillait alors par sa tournure, sa valeur, son caractère brillant et peut-dire léger, Charles de Bourbon, comte de Soissons. Ambitieux, tour-à-tour fidèle et inidèle à la couronne, il servit tous les partis, et tous les partis se l'attachèrent à cause de sa bravoure.— Il aimait Catherine, et Catherine l'aimait.— Henri IV ne voulut jamais avoir pour beau-frère un cavalier anssi valeureux qu'entreprenant. Les deux amants cherchèrent à contracter un mariage secret : personne n'osa le célébrer.— Enfin, le 5 Août 1508, Henri IV obligea sa seur à épousée Henri, duc de Lorraine et de Bar : la pauvre princesse s'y résigna, tout en disant à son frère que, dans cette union, elle ne trouvait pas son compte (comte}. —Elle mourut, dit-on, de chagrin, en 1604.— Le comte de Soissons, seigneur de Blandy, lui resta fidèle jusqu'en Mot. Alors il épousa, le 97 Décembre, Anne deMontafié, et mourut en 1611, dans son ohataau.de Blandy.

LES ESCROUELLES.

Par armes, le €uysarft, anmqa* «es rebelles, Ha son pays, la France, trouble : oh ! quelle

[ piété !

It est fort désireux guérir les eserouelles ; Mais il n'a pas encore le royaume empiété (1).

(1) Kbî. Nat. Coll. ÏUsifi »» NoBoa, V« vol. —Ce couplet concerne Henri de Lorraine» duc de Guise, lieutenantgénéral du foi en Champagne. Brave soldat, géiéraT heureux, mais dévoré d'ambition, il fut l'un des pies coupables auteurs de nos maux, à la bataille de Dormans, il reçut à la 'joue la blessuréqui lai valut le surnom du£oJ4tt. Conseiller de la Saint*Bârthélemy, il organisa la sainte ligne, en exploitant an profit de sa fortune la fol de nos pères. Il foulait écarter du trém 'les Bourbons, que des intrigues diverses avaient jetés dans le parti protestant. En lSftt, la mort du due d'Anjou, Çuatrikne fis de Henri H, lui fit entrevoir la possibilité de «uccéder au trône en wn versent Henri ffi. le eouplet cintasuedânasqueion eatholicisméde spéculation et ses projets d'*gttfpation>»HA, Mme* «e prka» avait de nombreux partisans. Les menfeitsde k,maison 4e Lorraine, mattressede la ville depuis près de soixante ans Joi avaient frit feèaueeap d'anm^-Les princes de la maison de Cuise n'avaient peut-être pa» le sangtoès^r^Banni les varie*turetpublîéés avant i 504, figure cette du charlatan lorrain qui vend du catholicon composé pour guérir les escremettei : parmi les personnes qui en usent, on cite le duc de Mayenne. —Ce remède est-il vrai composé d'or?— Mais, en 1594, on publia contre ce prince ce couplet :

Que chascun preste l'oreille,

Et vous orrez tantost merveille

De l'effet du catholicon :

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