‹ Romancero de ChampagneChapitre 97 sur 131 · RÉMOIS COLBERT · texte numérisé non relu

RÉMOIS COLBERT

Il faut pendre Fouquet, j'en demeure d'accord : Il a trop abusé, sire, de vos finances ; Mais si Ton pend tous ceux qui méritent la mort,

Il va bien coûter en potences.

Cependant tous les fonds sont déjà destinés , Et quand le charpentier en aura fait l'avance,

Sire, si vous ne l'ordonnez, Colbert ne passera jamais cette dépense.

La corde deFouquet est maintenant à vendre; Nous avons de quoi l'employer :

Colbert, Sainte-Hélène, Berryer,

il mourut doyen du conseil d'Etat en 1697. -Il avait quatrevingt-deux ans.— Sa sœuu Marie fut mère de Colbert.— Olivier Lefevre d'Ormesson, rapporteur du procès deFouquet, sauva la tête de l'accusé par sa modération et sa sagesse; il n'en eut pas moins l'estime de Louis XIV, qui le lit conseiller d'Etat. Il mourut en 1686.— La générosité de Fouquetlui avait fait des amis dans toute la Brie.-Àussi la complainte ci-dessus fut-elle très-populaire.

Pussort, Noguès, Hérault, Poncer, le chancelier, Voilà bien des voleurs à pendre !

Voilà bien des fous à lier (1 ) !

(1) Fouquet ne fut ni pendu ni même condamné à mort \ il mourut en 1680. — La première chanson attaque l'économie de Golbert, et la seconde dénonce tous les ennemis et les juges de Fouquet.

SONNET CONfRE J.*B. COLBEBÎ.

Ministre avare et lâche, esclave malheureux f Qui gémis sous lé faix des affaire* publiques, Victime dévouée aux chagrins politiques, Phantome respecté sous tin titre onéreux,

Vois combien des grandeur» le comble est

[dangereux !

Contemple de Fouquôt les fuûestes reliques !

Et tandis qu'à sa perte en secret tu t'appliques, Crains qu'on ne te prépare un destin plus

[affreux.

Il part plus d'un revers des main* delà Fortune* La chute, comme h lui, te peut être commune : Nul ne tombe innocent, d'où tu te vois monté :

Cesse donc d'animer ton prince à son supplice, Bt, lorsqu'il a besoin de toute sa bonté, Ne lui fois pas user de toute sa justice (1).

(I) HtaAULT» *— Variétés sérieuses et amusantes. Amsterdam, 1765. — Quand on v dénonça ce sonnet à Colbert, il demanda s'il ne contenait ries contre le roi. — « Non, répondit-on.— Eh bien ! alors, dit le grand homme, je n'en veux pas connaître l'auteur-

veux nas connaître rauteur. »

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