‹ Romancero de ChampagneChapitre 98 sur 131 · LE GRAND-PÈRE DE COLBERT · texte numérisé non relu

LE GRAND-PÈRE DE COLBERT

Colbert avoit un grand père Très peu connu des savans, . Qui n'étoit pas si sévère Ni si rude aux pauvres gens. Il portoit sous son aisselle Une ravissante vielle, Dont les sons et les accords Lui tiroient ta faim du corps.

Il n'avoit pour tout potage Que celui qu'on lui donnoit ; Mais il avoit l'avantage De voir son bien clair et net.

Quelques noces de village Faisoient tout son apanage Et maintenoient l'embonpoint Du moule de son pourpoint (1).

(i) Cette légende n'est qu'une méchante fable.— Colbert était d'une bonne famille de bourgeoisie, connue dans nos archives dès le XV« siècle. Son père était marchand de draps, et demeurait rue Cérès, à Reims, à l'enseigne du Long-Vétu. Né dans cette maison, il entra dans les bureaux de Michel Le Tellier, alors secrétaire d'Etat. C'est la que Masarin le distingua. — Son histoire est connue. IF eut le tort d'oublier son origine : l'envie la lui rappela sans pitié. Ne l'aurait- il pas combattue plus noblement en proclamant tout haut que le travail et le savoir avaient, d'âge en âgé, fait d'une famille d'ouvriers une race de bourgeois et de

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