‹ Romances, ballades et légendesChapitre 38 sur 53 · MEA. 38 L · texte numérisé non relu

MEA. 38 L

Crains Tennemi que ce signal éveille , Crains du frelon -les injustes tireurs.

Oiseaux charmans^ cessez votre ramage ^ Cessez vos chants ^ vos con/[îerts et vos chœurs î On peut sans bruit, dans un plus doux langage, Du dieu d'amour célébrer les foveurs.

La nuit sVloigne, et^u haut des montagnes Le blond Ph^us descend dans les vallons ; Son disque ëdate, et Teniant des campagnes A par ses cris salue ses rayons.

Ne tarde plus, l'heure arrive et s'envole, L'instant qui ^it ne doit pas revenir; £t dans l'hiver, quel souvenir console , Si le printems s'écoule sans plaisir?

CÉLÉBREZ y filles de Cythère, Le dieu qu'on adore en ces lieux ; L'amour est le dieu de la terre ^ L'amour est le maître des dieux .

Chantez y ^mez la cadence , Tournez, revenez tour à tour, Pressez le chœur, le dieu s'avance , Dites le chant, le chant d'amour.

Vainement de sa faux cruelle

La mort a menace nos champs ,

Le dieu vainqueur lutte contre elle ,

Et rend ses eftbrts impuissant .

Chantez y animez la cadence , Tournez , revenez tour à tour, Pressez le choeur, le dieu s'avance , Dites le chant, le chant d'amour.

Le tems avec lui nous emporte, Amis, hâtons-nous de jouir.

Chantez, la mort est à la porte.

Elle frappe, je vais ouvrir.

Chantez I animez la cadence, Tournez, revenez tour à tour^ Pressez le choeur, le dieu s'avance , Dites le chant, le chant d'amour.

Chantons , égayons le voyage , Le plaisir honore les dieux ;

Le plus joyeux est le plus sa^e ^ Le plus sage est le plus heureux.

Chantez y animez la cadence , Tournez^ revenez tour à tour, Pressez le choeur, le dieu s'avance , Dites le chant ^ le chant d'amour.

^e Wexitx*

Heureux vetger, riant bocuge , Témoins de son premier soupir, Que loin de vous gronde l'orage Que pour vous souffle le zéphyr î Tourterelle , ici ne te pose , Ou mille feux vont t'embraser ^ C'est là que sa bouche de rose Me donna le premier baiser.

Ne passe pas sous cet ombrage ^ Prends garde , papillon léger, Là tu trouverais l'esclavage ,

Tu ne pourrais plus voltiger.

C'est ici que sa voix chérie Fit ente&dre un av«u chaftntint ; Là je lui consacrai ma vie , Ici fut reçu mon serment.

Ah ! si jamais y cruelle amie ,

L'inconstance e'garait ton cœur ;

Si ton amour m'était ravie ,

Ne me cache pas mou malheur.

Pour que cet aveu me rappelle

Ces jours heureux î vain souvenir

Ne dis pas : « Je suis infidèle. »

Non y non y dis-moi : « Tu dois mourir.

He^ %0Li0tX0.

Oui y tes seimess sont accomplis , Tu m'as donne ^ je le confesse ^ O Mea , les baisers fn*omis :.

Mais f dis-moi y douce enehantereme :

Compter ainsi chaque caresse ^ y N'est-ce pas offenser les dieux?

S'ils te comblèrent de richesses, Dois-tu , Mea , dans tes largesses , Ne pas les prodigoer comme eux?

Quand Baecbus entend ma prière , A moitié remplit-il mon verre Du jus divin que je chéris?

Et de sa plante nourricière Lorsque Cerès couvre la terre , En compte-t-elle les e'pis? , Vertumne , à la bouche vermeille , N'accordera-t-il qu'une abeille Aux vœux trompes du laboureur?

Dans sa vengeance ou sa ftireur, Plus prodigue que l'espérance , Jupiter avec abondance Nous verse les biens et les maux.

11 tait sur nous gronder la foudre, Sur la terre qu'il va dissoudre 11 ouvre des gouffi-es nouveaux , Ou bien avec magnificence Sa main généreuse dispense Et ses tre'sors et ses bienfaits.

O Mea ! dont les immortelles

£ny iraient la grâce et. les traits, Serais-tu plus avare qu'elles?

Trompe par des vœux mensongers, Lorsqu'en vain j'implorais tes charmes, Tu n'as jamais compte mes larmes.

Et tu veux compter tes baisers !

îla dfttteur*

Des enfers sombres habitans^ Esprits , fantômes menaçans ^ Mëgèrc ; Aleeto , Tisiphone , Et vous^ redoutable Gorgone ^ Faites siffler tous vos serpeos !

Pleins d'ime allégresse barbare^ Accourez du fond du Ténare, Répandez partout lu terreur !

Dans l'univers , que tout gémisse !

Frappez î que votre fouet vengeur Du ciel uux*enfers retentisse !

Chassez pour jamais le repos

D'un inonde où triomphe le crime.

Tonnez , ramenez le chaos !

Votre vengeance est legitimf :

Après tant de soins si touchaus, Tant de promesses , de sermens , Rompant une chaîne si belle , Esprits, Mea m'est iufidèh'.

île JBltux %tx%tx.

Des feux qui m'embrasaient naguère ,

Pourquoi garder le souvenir?

Loin de moi ^ riante chimère ,

Doux penser, songe du plaisir !

Fuyez, volupté mensongère,

Fuyez , inutiles de'sirs !

A grands cris la Raison m'appelle ,

En vain je reponds , « laisse-moi ! »

Plus de d^ais ; de la cruelle

11 me feut recevoir la loi.

La nuit paraît, l'hiver commence,

Le printems pour jamais a fui ; Le tems s'envole , et respérance Ne reste pas même après lui. En vain je m'efforce de plaire , En vain par les plus doux accès»

Je veux attirer la bergère...

L'echo seul répond à mes chants.

Si par quelqu'heureux stratagème J'arrête un instant la beauté, Aussitôt que je lui dis, « j'aime, »

Je cesse d'en être écouté ; Je régnais , vainement j'implore. . .

« Votre voix est bien douce encore , ' Répond-elle ; mais vos cheveux Ont quitté ce front soucieux.

Tendrement vous savez sourire , Et les cœurs en seraient émus ;

39 i MEA.

Mais ces traits qui charmaient Theinire ^ Pauvre ami, je ne les vois plus. »

Adieu donc, reine de Cythère ; Laissezr-moi , tendres souvenirs, Doux penser, riante chimère ; Fuyez , volupté mensongère , Fuyez , inutiles désirs î

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Lucifer , ea-tu là? L'horloge du village

Vient de sonner minuit et je t'attends en vain.

Voici la poule noire et le présent d'usage ,

Et je suis à genoux sur la croix du chemin. ^

La vi^e m'avait dit qu'écoutant ma prière , Quand je t'invoquerais, tu serais sous Tormeau; Du pied gauche aujourd'hui j'ai quitte, ma chaumière , Et jeté trois deniers dans le puits du hameau.

Mon chat est avec moi , sa couleur est obscure ; Sur son dos l'étincelle a jailli sous ma main,

298 LE SORTILEGE.

Et le front appuyé sur sa noire fourrure ^ Je sommeillais encore à l'aube du matin.

La nuit , veille des morts , au fond du cimetière ^ J'ai cueilli ce rameau sur l'arbre de cent ans , Et j'ai redit trois fois ^ en frappant sur la pierre : Lucifer, Lucifer, je t'attends, je t'attends.

Si^i savais pourquoi, Lucifer, je t'appelle, Touche de mon malheur , tu ne tarderais pas : Lubin que j'aimais tant, Lubin est infidèle, Et la vieille me dit que tu me le rendras.

Rends-le-moi; que danain, c'est le jour de ma fête, Ainsi que l'an dernier il m'apporte un bouquet. Ah ! qqe de son ruban je puisse orner ma tête , Et danser avec lui sous l'ombre du bosquet !

LE SOKTILÉGE.

Quand je te donne ici tout ce qui peut te plaire ,

Tu ne m'écoutes pas , tu ris de ma douleur ,

Et c'est toi des amans Tëtoile tutelaire !

Ah ! comme eux, Lucifer, n'es-tu donc qu'un trompeur?

&»saiwft9ai<

C'est à vous seul que je veux plaire , Puisque vous serez mon époux ^ £t comment donc se peut-il faire Que toujours je le prends pour vous ?

Hier , quand j'entendais ma mère Me dire : « Il revient aujourd'hui « , Je croyais que c'était vous , Pierre , Et c'était lui. •

L'autre mutin , triste , pensive , Je me promenais sous l'ormeau ; Soudain la musette plaintive

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