‹ Romances, ballades et légendesChapitre 4 sur 53 · Î06 L'IMPRÉCATION · texte numérisé non relu

Î06 L'IMPRÉCATION

N'oubliez pas surtout, avant de le frapper, De lui nommer la main qui traça la sentence : Qu'il sache qu'à ma haine on ne peut échapper, Contre ma volonté' qu'il n'est pas d'espe'rance.

Mais il vient ; son aspect redouble mes fureurs ; Qui croirait à ses traits que cette ame est félonne? Il me voit, il accourt; ciel! il verse des pleurs. Il est à mes genoux. Amis, je lui pardonne.

yGoôgk

Ibis

Qu'ils étaient beaux^ ces nobles chants àe guerre , Ces cris vaillans^ précurseurs des cgmbats !

Nés bras alors élisaient trembler la terre ; O Durandarty ne t'en souviens-tu pas?

En e'coutant, au jour de la tempête, Des bataillons le terrible fracas , Du monde entier nous rêvions la conquête:

O Durandart^ ne t'en souviens-tu pas?

Dans la melee, à l'aspect du carnage^' Quand pâlissaient les plus braves soldats^

no LES SOUVENIRS.

Nos fiers accens ranimaient leur courage, Durandart, ne t'en soiiviens-tn pas?

Lorsqu'au retour nous chantions la victoire, . Mille beautés se pressaient sur nos pas ; Elles disaient : « Qu'ils sont brillans de gloire ! i O Durattdart, ne t'en souviens-tu pas?

^--tiirTnBiriii

( ffliBaiiBwaiJl fe^

W^^txti00tnunU

Ou vas-tu, Durandart? ah ! quel démon t'ins;pire ?

Où t'entraîne un objet trompeur?

La Gloire n'est jamaià la fille du Délire, Le héros est celui qui commande à son cœur.

Vainement sur son front il voit gronder l'orage,

La foudre éclate sur ses pas ; Aux autans déchaînés opposant son. courage, La fortune l'éprouve et ne l'étonné pas.

A travers les torrens dirigeant sa nacelle,

Il brave la rage des flots ; Et lorsque le rocher déjà cède et chancelle , Seul, il est immobile au milieu du chaos.

Le souci dévorant^ de ses ailes funèbres

Voudrait en vain l'envelopper j Comme l'aigle^ son œil éclaire les ténèbres ; Le glaive l'environne et ne peut le frapper.

Sur lui si le destin fait tomber sa ftu*ie^

Il ne versera pas de pleiurs ; Au jour de l'infortune il supporte la vie, Sans fatiguer le ciel d'inutiles clameurs.

Calme dans ses tourmens, paisible est sa prière ;

Son cœur a dit : « Je suis mortel. »

Lorsque l'heure est venue, à cette heure dernière Sans crainte il se soumet à l'arrêt e'ternel.

^t "Slvan^in^t.

A minuit, soyez tous demain sur la colline, Tous «ayez votre lance et votre bouclier ; Mais surtout vers ce lieu qu'aucun ne s'achemine, S'il n'a pas l'esp^ance et le cœiu* d'un guerrier.

On a vu dans la plaine une horde étrangère, On a vu Durandart animer sa fureur ; Durandart, avec nous qui combattait naguère Et dont le brave aussi celel)rait la valeur I

Le bras de Durandart lève sur la patrie î Durandart un perfide I amis, qui l'aurait cru? On pre'tend qu'une femme, une horrible fiirie, A trouble sa raison et détruit sa vertu.

lO,

En vaiu il fut vaillant, il n'est plus redoutable ; Ne vous rappelez pas ses antiques travaux :

Le glaive est émousse quand la main est coupable, Et contre la patrie il n'est pas de beros.

Les dieux sont avec nous ; ennemis du parjure, Peuvent-ils seconder celui qui les brava?

En combattant pour nous, ils vengent leur injure ; Durandart les trabit, Durandart pe'rira.

De cent peuples divers, en vaiu il s'environne : Parmi les nations le trait va le saisir.

Amis^ de son malbeur quel noble cœur s'ëtonne? Heureux si dans nos rangs il avait su mourir !

Gderrier, je te l'ai dit : Le traître Sur mon cœur a perdu ses droits ; Guerrier, Tétranger est ton maître, Il règne, il te dicte des lois.

C'est pour lui que j'ai vu ta lance Resplendir d'un éclat fatal, Que je t'ai vu dans le silence Attendre un horrible signal.

Lorsque tu servais ta patrie.

Lorsque pour elle tu t'armais, Alors je me croyais chérie.

Alors, Durandart, je t'aimais.

Mais quand, la victoire infidèle Abandonnant notre étendard y Tu tournas^ perfide comme elle, Sur nous la pointe de ton dard;

De la fortune fiigitive, Quand, malheureux adorateur.

Tu la suivis sur l'autre rive, Sous la chaîne de ton vainqueur ;

Dès ce jour, inflexible amante, Étouffant im dernier soupir, De cette flamme devordnte J'éteignis jusqu'au souvenir.

Je fis plus : de ton sang avide, Contre toi j'invoquai les dieux ;

Je maudis la main parricide Qui déshonorait tes aïeux ;

Et tu veux qu'aujourdliTii, parjure.

Oubliant mes sermens, mes vœux, Et ton forfait, et ton injure, Je cède à de lâches aveux !

Du sang des preux noble hentière, Suis-je le prix du déshonneur ?

La patrie est-elle moins chère , Moins sacrée, au jour du malheur?

Jamais l'?nnemi du rivage Où mes pères ont vu le jour, Jamais celui qui les outrage Ne doit prétendre à mon amour.

Ne reste point sur celte terre, On ton aspect répand le deuil ; Retourne à la rive étrangère :

Ici tu n'as pas de cercueil.

^t fi^hhxe.

Vous voyez tous ce pâle me'téore

Qui s'élève sur le brouillard, Qui paraît, fuit, revient et fuit encore :

• C'est le spectre de Durandart.

Regardez bien ! on reconnaît sa lance, Et sa cuirasse et son cimier,

Ce fer sanglant, gage de sa vaillance , Et sa couronne de laurier.

De l'aquilon si l'haleine plaintive Ne faisait pas ^ugir ces bois,

N'en doutez pas, votre oreille attentive Entendrait le sou^ de sa voix.

Le voyezr-vous? il couvre la colline

Ainsi qu'un sinistre rameau ^ Sur les autans déjà sa voix domine

Gomme les accens du corbeau.

L'astre du jour, à son aspect terrible.

Semble pâlir et se cacher ; Le roc glace, cessant d'être insensible,

Frémit et craint de le toucher.

Mais nous, amis, quand nous tenons le glaive, Du front nous atteignons les deux.

C'est vainement que Durandart se lève, Nous ne redoutons que les dieux.

fiHaintxùu

Heureux est le fils de la guerre

Qui n'a jamais trahi sa foi,

Qui sait combattre, aimer et plaire !

Heureux le preux, heureux Mainfroi !

Bergères , écoutez Estelle

Redire, en montrant le guerrier :

« Voilà celui qui fut fidèle,

« Voilà Mainfroi, mon chevalier.

« Modeste au jour de la victoire, « Superbe cpiànd il fut vaincu, « Il a gardé toute sa gloire « Et tout l'éclat de sa vertu.

« Jamais »ous la iance eni»eBi»e « Il n'a courbé son firont altier; « Il aima Thonneur et sa mie :

« Voilà Mainfroi, mon chevalier.

« Jamais dans le sang de son^Êrèare « Il n'a treii|>e' sa nohle main ^ « Il n'a pfis suivi la hminière « Du parjure et 4e l'assasAin.

« Au vain «ckt du diadème « Il sut préférer un laurier ; « Voilà le preux, celui qiie j'ainne , « Voilà Mainfiroi , mon chevalier. »»

%^xiu.

i^»sxii^i«

Seigneur^ j'invoquerai le jour de ta clémence ;

Et la voix du pêcheur S'ële vaut jusqu'à toi, forte de l'espérance,

Chantera ta grandeur.

Tu comblas mon printems de gloire et de richesses,

Ta main me bénissait; Et triste de ma joie, en voyant tes largesses,

L'envieux pâlissait.

Tu m'as repris les dons de ta magnificence ; De tes preséns, Seigneur,

I2fe L'EXILÉ.

Il ne me reste plus que ma reconnaissance.

Mon amour et mon cœur.

Dieu juste, j'ai pe'che, car le bras de mon frère

S'est arme contre moi.

Il a frappe mon Êront db ^aive simguinairey

£t méconnu ta loi.

J^ai, loin de mon pays, à la rive étrangère

Demande le repos ; Mais Petranger f«t sourd, et je n'ai. s«ir la teire

Recueilli que de»iit»ix.

Exile, je touchais au terme dé kb vie,:

Et l'espoir semblait fuir.

France, sans te revoir» à France^ ma patrie î

Je craignis de nottrir^

Tes fila à moa aBioitr ^p^sèrent leurs armes.

Vainement je disais, £n leur ouvrant mon sein, en leur montrant mes larmes :

« Amis, je suis Français. »

Ils ne m'entendaient pus^ et ma voin suppliante

Se perdait dans les air».

Ils chantaient à grands cris la liberté naissante,

En me chargeant de fers.

L'aspect de ma tristesse animait knr colère.

Pour adoucir leurs cœurs, J'étouffais les sanglots de ma douleur amère,

Et taisais meft malheurs .

Mais devant toi, mon Diea, leur4rci)ère &ll vaiuQ : La haine pardowia, . k '

Et lorsque je tombai sous le poids de ma ckaliie^ Le glaive m'épargna.

J'étais nu sur la terre ; un reste d'existence Vint entr'ouvrir mes yeux.

Le jour brillait encor, je reconnus la France, Et je me crus heureux.

Je n'avais pour tout bien que l'air et la lumière ;

Mon cœur e'tait serein :

Du champ de mes aïeux je foulais la poussière.

Et j'oubliais ma faim.

Je marchai , je revis la maison d» mon père, ,

Après un si long deuil.

Joyeux , je nAipprbchftis ; une main étrangère

Me rej^onssa du seuîl.

Je demandai sa tombe à la croix solitaire

Dans le champ du repos.

L'impie avait brisé le marbre Améraire,

Et dispersé ses os.

Mais je te revoyais puissante et glorieuse,

O terre où je naquis I Pauvre je revenais, tu me semblais heureuse^

Mes maux étaient finis.

Ue $auoa l^anUux*

Il ne demande pas, mais sur son front livide. Ah î ne lisez-vous pas ces mots affreux : « J'ai faim ! « Il ne demande pas ; il est fier et timide :

Lui refuserez-vous, helas î un peu. de pain ?

Hâtez-vous, le tems presse; une minute encore, Et peut-être à vos^pieds vous le verrez mourir. La faim depuis trois jours le ronge, le deVore; Il ne demande pas, car il faudrait rougir.

Il fiit soldat, dit-on; soldat il était brave, J'entendais autrefois célébrer sa vertu .

Oui, ce regard n'est pas le regard d'un esclave; Il a , n'en doutons pas, vaillamment combattu.

Emmenons ce vieillard dans notre bnmble chaumière. Père, ce n'est^as lui ^ ii«ui appauwira.

Il portera bonheur à la famille entière; ' Emmenons-le, mon père, et Dieu nous bénira.

On dit qu'il fiit frappe d'une injuste sentence. Quel était son forfait ? un ancien souvenir ; Courtisan du malheur, dédaignant la puissance. Son cœur était fidèle, ah î pourquoi l'en punir ?

Toi, tu n'es pas heureux, tu n'es pas insensible. Nous connaissons aussi le tourment de la faim. Mon père, tu le sais, tu sais qu'il est horrible ; Mais pour un jour encor n'avons-nous pas du pain ?

ft^ ll^vo^cxlU

Restez, pauvre proscrit, Oui, je vous en conjure; •C'est en vain qu'il fait nuit, La nuit n'est pas obscure.

Au sortir de ces lieux On vous attend peut-être.

Le ciel est radieux , La lune va paraître.

Cache près de ces bois, Et dViî air lie Mystère, Un soldat a deux fois Regarde la chaumière;

Dans son œil soucieux Brillait Tame d'un traître.

Le ciel est radieux , La lune va paraître.

Un cri vers le couchant A frappa mon oreille :

11 est quelque méchant A présent qui s'ëveille.

Un éclat dangereux Peut vous foire connaître.

Le ciel est radieux , La lune va paraître.

Ce chien depuis ce soir S'inquiète et s'agite, Parfois il semble voir

Une ombre qui l'irrite.

Ami d'un malheureux, Il tremble pour son maître.

Le ciel est radieux , La lune va paraître.

• N'en doutons pas, demain La nuit sera plus sombre ; L'horizon moins serein Vous prêtera son ombre.

Dans un jour plus heureux La paix pourra renaître.

Le ciel est radieux La lune va paraître.

^nihài^.

Le sujel de cette pièce est tiré de lord Byron.

IIJl^ir«4Ut8«

ZuLMA, près du bosquet ^ tu voi« cet infidèle^ Cet esclave étranger venu de l'Océan ; Je voudrais lui parler ; dis-lui que je suis belle. Que je suis Nathaïs , la fille du Sultan.

Dis-lui que j'ai quinze ans, et que l'hymen encore N'enchsdne pas ce cœur qui ne bat que pour lui ; Dis-lui bien qu'il est beau , dis-hii cpie je l'adore, Que je veux sur mon sein le presser aujourd'hui.

Ne tarde pas , Zulma ; tous nos gardiens sommeillait ,, Sans danger jusqu'à lui tu pourras parvenir.

138 NATHAlS.

Ah î s'il ueme dit : « J'aime, » avant qu'ils ne s'éveillent, Je^ens que de douleur, Zulma, je vais mourir.

Profite de l'instant; qu'il ^ntre en cet asile: Là je veux l'enchaîner pour l'enivrer d'amour. Il n'en sortira plus; ma tendresse tranquille, Sûre du lendemain, jouira d'un beau jour.

Il sera mon époux ; oui , si j'ai quelques charmes, Je veux les prodiguer aux feux de ses désirs. Près de l'objet chéri s'il est encordes iannes. Ah ! ces larmes, Zuima, sont encor des plaisirs.

Va le chercher, Zulma , tandis que tout repose. Pres.se-toi , car mon cœur est prêt à s'exhaler. Et moi sar ce gazon, çffeuflkint une rose.

Je vais songer à lui, l'attendre et l'appeler.

OsMiN , écoate-moi ; prends ce signe lidèle, Marche vers le harem , la porte s'ouvrira.

Demande Nathaïs; Ton te dira : « C'est elle. >• Dis-hii : fîUe d'Achmet; elle t'obeira.

Qu'un voile à tous les yeux déguise son visage, Qu'on méconnaisse, Osmin, et sa taille et son port; Détache cet esquif que tu vois au riva^^ Saisis soudain la rame, et vogue loin du. bord»

Quand tu seras, Osmin , dans ua lieu solitaire, Quand l'aiguille aura fait de son voile un linceul , Quand jes bvumes du soir flotteront sur la terre, Que l'abîme s'entr'ouvre et qu'il soit son cercueill

yGo'ôgk

Il'éi$<)ui(.

Un esquif est passé; Tesclave qui le guide, En voyant ma nacelle, a fait un long détour.

Son œil est inquiet ; que sa course est rapide ! Quel est-il? c'est peut-4tre un messager d'amour.

Un fardeau près de lui sur la poupe s'^ève,

Un infidèle a-t-il dérobé ce trésor ?

Mais ce fardeau. . . que vois-je? il frémit. . . est-ce un rêve?

Ah ! je l'entends gémir... Ciel ! il gémit encor.

Serait-ce de l'amant quelque brillant hommage? Qui donc va recevoir ce présent précieux ?

NATilAlS. 141

Le sombre conducteur s'écarte du rivage.

Et le dernier rayon le dérobe à mes yeux.

Déjà je n'entends plus que sa rame légèrei Dont le coup répété fait résonner les flots ^ Le bruit s'éloigne encore. Il fuit, il va se taire... Il se tait, et Tabîme a repris son repos,.

Chercherait-il au loin la fraîcheur de la Ji)rise ? Sur ce frêle canot veut-il braver la nuit ?

Approchons doucement, Tombre nous favorise; Comme lui , loin du bord le courant nous conduit.

Dieu ! Tonde retentit , quelqu'un s'y précipite ! Quoi! cet esclave ainsi fuirait-il sa prison? Mais voici son esquif: il me voit, il m'évite, Ce bruit qui me frappa, n'était-ce qu'un vain son?

DyGoogie

NATHAlS.

Tout est silencieux 5 c'est ici , c'est la place Oii TetraDger sinistre arrêta son bateau.

Un léger tourbillon ride encor la surface.

Quel est cet inconnu? quel e'tait son fardeau?

Sa Wtnç^timct.

La balle siffle, il tombc; et sa main convulsive S'attache vainement à ce funeste bord ; L'onde pour le sai^r s'élance sur la rive, Et semUe se jouer de sou dernier efiBort.

Sur la piage j'ai vu les pas de la victime ; Son turban de'roule' voguait au gre' de l'eau , Et l'oeil qui pénétrait juscpi'au fond de l'abîme, Croyait apercevoir un cadavre nouveau.

Un Osmanli , dit-on , un enfant du prophète, Non loin de ces rochers a rencontré la mort^ Un chrétien Ta frappé ; l'on demande sa tête ; Mais il fuit, on Tu vu qui s'éloignait du port.

U4 NATHAfS.

Pourquoi ce fier Sultan , dis ^ fl^oce infidèle , Tomba-t-il sous le plomb que dirigea ta main ? Ah ! tu ne crains donc pas que ma voix ne révèle Que, Tesclave d'Achmet , tn fii» son assassin? ,

Tu nommes Nathaïs ; la douleur et la rage Semblent firemir encor dans ton sein palpitant ^ Fuis donc, infortuné , ce dangereux rivage :

Les supplices sont prêts et le muet t'attend.

ft^ fiHortBiHiu.

D'où vient cet étranger qu'hier à la prière Sous un froc inconnu je voyais parmi nous?

Quel est-il ? depuis quand W-il au monastère ? Frère, quel est son nom? dites , le savez-vous ?

Avez-vous vu son front? Quelle horrible lumière, Quel e'clat effrayant s'échappe de ses yeux î Ce n'est pas le regard d'un enfant de la terre. Et ce n'est pas celui d'un envoyé des Cieux.

Devant le èahit autel a-t-il courbé la tête?

Aux chants religieux a-t-il uni ses chants?

Non } immobile, il fut insensible à la fête, • Comme un fils des tombeaux au milieu des vivaiis. I. i3

146 NATHAlS.

Quel mystère le suit , quelle ombre l'environne^ Quel étrange destin Ta jeté dans ce lieu ? J'en atteste le ciel , oui , tout son corps frissonne. Sa bouche se contracte au nom sacre de Dieu.

La veille, nous dit^-on^ glissant dans les ténèbre», Seid il est à minuit apparu dans le choeur ; On dit qu'on entendit soudain des cris funèbres, Que l'image des saints a reculé d'horreur.

N'en doutons pas, mon frère, il a commis un crime. Ah ! qu'il ne reste pas parmi nous plus long-tem» ! Il nous entraînerait avec lui dans l'abime ; Voyez, la lune fuit, les astres sont sanglans.

Minuit.

SSI^9S1^<

Le cor a retenti dans la fbrét voisine :

Il est minuit ; ce n'est pas un chasseur.

Un feu sombre et sinistre éclaire la colline, Et mon coursier ^émit d'horrçur.

Il s'accomplit ici quelque sanglant mystère.

Quelque forfait inconnu des vivans. Les astres ont pâli ; je sens trembler la terre, J'entends de longs gémissemens.

Une femme 1 Dieu juste, est*«e ta créature?

As-tu formé ce fantôme hideux ?

Page 1