SATAN
Mon souille est Taquilon qui soulève les ondes , Et le flambeau du jour pâlit devant mes yeux.
Dieu créa l'univers : si je puis le de'truire, Suis-je donc moins son Dieu que ce vain créateur? Et quel est le plus grand, l'homme va me le dire^,. Du père d'un empire ou de son destructeur?
Je suis la venté, puisque tout est ténèbres,
« Puisque tout obéit au caprice du sort ;
Je suis le Tout-Puissant, puisque ces cris Zèbres
Disent que l'univers est soumis à la mort.
yGopgk
Ne chantez plus^ pauvre petite!
Il est trop tard y la mort est là ; EDe vient vite , hâas 1 bien vite :
Tenez, regardez ^ la voilà.
Le linceul est sur votre tête ; Eh quoi ! ne la voyez-vous pas?
Ecoutez, la pompe s'apprête :
Entendezr-vous sonnerie glas?
Cette rose qui vous enivre D\m parfum si frais et si doux , Elle n'a, plus qu'un jour à vivre ; Elle doit vivre plus que vous.
Ces oiseaux , dont la voix sonore Dit q\ie les beaux jours sont venus, Demain ils chanteront encore , Et vous nf les entendrez plus.
Voyez l'astre dont la kytiière S'éteint dur la cime du bois ; Voyezr-le bien ^ il vous éclaire , Et c'est pour la dernière fois.
Ce sentier, qu'alerte et légère , Joyeusement vous parcourez, Helas, sous le dmp^érair^ Demain vous y reparaîtrez.
Ce liront, cette noble figure ^ Brillans d'espérance et d'orgueil, Demain n'auront plus pour parure
Que le pli de votre linceul.
Demain ; cette bouche channante , Dont j'entends les joyeux propos , Livide, immobile , béante , Mordra la poudre des tombeaux.
%00t 4*glmDur.
SoD§ cet ombrage est une rose ^ La plus suave du vallon^ Fleur du matin à peine eclose , Aussi fraîche que le bouton.
Ce n'est pas la rose perfide Qui veut enivrer pour trahir ; C'est ime fleur douce et timide Que son parRrni fait découvrir.
Ah! croîs en paix dans la prairie ^ Rose plus belle qu'un beau jour, Reine des fleurs , rose che'rie , Rose d'amour!
LA VEILLE. t»5
Lorsque le zephir la décèle , Vers elle on se sent attirer ; Un doux sentiment nous appelle , L'ame Tondrait la respirer.
Quand on la voit le coeur palpite , On désire s'en approcher ; Si Ton approche ri bat plus vfte , Et la bouche veut la toucher.
Ah ! croîs en paix dans la prairie , Rose plus belle qu'un beau jour^ Reine des fleurs, rose chérie , Rose d'amour!
Tre'sor charmant de la nature , Ton éclat n'est pas emprunta : Grâce et candeur sont ta parure ; Ton art , c'est la simplicité ;
Tu charmes sans être coquette , Tu nous séduis -sans le savoir, Et, semblable à la violette , L'on t'aime avant que de te voir.
Ah ! croîs en paix dans la prairie y Rose plus belle qu'un beau jour, Reine des fleurs , rose chérie , Rose d'amour î
lie Hlùmhtan.
Sous cet ombrage elle brillait naguère :
Ce lut ici qu'un jour je l'aperçus ; Elle m'aimait. Vous voyez cette pierre?
Voilà, sa tombe : hélas î elle n'est plus !
Pourquoi pleurer? elle est digne d'envie; Un seul instant a fini ses malheurs.
Je souffre seul le fardeau de la vie, Je souffre seul, et je verse des pleurs.
Elle mourut ; Fhiver cessait à peine ,
Je m'en souviens, on attendait les fleurs;
Elle mourut, et déjà dans la plaine Tout se paraît de riantes couleurs.
A la douleur si votre ame se livre , Bon étranger, pleurez, pleurez bien bas.
Pour moi peut-être elle voudrait revivre ; Elle repose : ah! ne IVveiUez pas.
lie HmiL
Près du cercueil on enten<ira ma voix :
Repose en paix , è fille de l'aurore !
Je viens, amie, à Tombre de ces bois, Auprès de toi chanter encore.
Je chanterai la rose et le» beaux jours ; Je chanterai celle qui fut fidèle :
Gloire à ton nom , ô reine des amours !
Gloire à ton nom , 6 la plus belle !
Les noirs frimât» ont chasse les zéphyrs, La feuille meurt sur la tige flétrie ,
Et les échos repètent les soupirs Des habitans 4^ ]■ prairie.
Pourquoi ces cris, ces lugubres acceus?
Pourquoi ce deuil de toute la nature ?
J'ai vu plisser la gljoire du printems , La terre a perdu sa parure.
Naguère Tbonneur du vallon , Sous cet ombrage était la rose , Fleur du matin à peine eclose , Aussi fraîche que le bouton.
En vain vous la cherchez encore , Un jour la vit s'épanouir ; Elle naquit avec Taurore , Avec elle 9 ^lle a dû mourir.
Repose en paix dans la prairie , Rose plus belle qu'un beau jour, Reine des ûeurs , rose chérie , Rose d'amour!
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l^miniô£(nté«
i^ià fti«iiiid«yif»u
imitation tie ^tgâlec.
Qui pourra m'expliquer cette brûkute ivresse , Ce désir inconnu qui m'attire vers toi?
Je ne sais (|uel pouvoir me possède et m'oppresse Sitôt que je fenteiidsi sitôt que je te voi.
Il me semble qu'en toi je retrouve une amie, L'ëpouse dont je fus trop long-tems sépare; Que je retrouve en toi le sol de la patrie, En sortant du désert où j'étais égaré.