DE Z
» Vingt ans où la tentation n'avait
SR un seul coup. Ses jeunes an- | - De sa famille même, du sou- » de la mémoire pure de son misérable nom, omme un murmure d’ombres + Une seconde elle fut sauvée. … { mauvaises idées se glissèrent une à une | cha des sujets d’amertume, des raisons | tresse. Elle compara à ses gages le
Par vanité les autres bonnes de
£ ivre, mais des économies de madeeter une robe de velours à une filleule ; de l’argent qui dormait. se dit-elle encore. Elle précipitait ses raisons à comme pour s'empêcher de discuter ses excuses. Et puis, c’est Pour une fois. Elle me les prêterait, si je lui demandais. Et je
lès lui rendrai…. RER
Elle avança la main, elle fit tourner la’ clef. Elle s’arrêta : To 8 mbla que le grand silence qui était autour d elle la regardait et coutait. Elle leva les yeux: la place lui jeta son visage. Devant |
cette figure qui était Ja Sienne, elle eut peur ; elle recula d’épou-
une oleuse qu’elle ava es ee
e s'était sauvée dans le corridor. Tout à coup, elle tourna : s talons, alla droit à la cassette, donna un tour de clef, jeta. la fouilla sous des médaillons de cheveux et des bijoux de sou- , prit une pièce à tâtons dans un rouleau de cinq louis, ferma Ja cassette et s'enfuit dans la cuisine. Elle tenait la petite piè dans sa main et n’osait la regarder (1). $ :
C’est un cas plus spécial encore de névrose qui e étudié dans Madame Gervaisais (1869). Ce livre, qui al apparence d’une étude impartiale du mysticisme, bien fait pour inspirer l'horreur de la religion catholiq ; Mr° Gervaisais est une cérébrale ; liseuse de Kant e .Condillac, elle est heureuse de s'être débarrassée croyances religieuses de sa première éducation. Elle v s installer à Rome avec son fils, un enfant chétif, “ ‘ lequel se concentrent ses pensées et ses affection J nouveau milieu, tout imprégné de foi, opère insensi ment en elle une transformation irraisonnée, fatale l'intelligence déprimée cède à un vague sentimentalisme 4 POSnECI s’exalte grâce à la fréquentation d’une comtesse russe, qu "un mysticisme maladif pousse à se ji reli- me po ra ‘Les auteurs, pour faire de cette conversion un témoi- -hage contre le catholicisme, ont-soin de la représenter comme la conséquence d’un engourdissement graduel HA 1 pen ue La lecture de l” Introduction à la vie dévote accentue Ë encore cet alanguissement, et, pour mieux aboutir au 3, résultat, la douceur de saint François de Sales est exagé- » : rée aux dépens de sa fermeté. De plus, une certaine sen- 4 sualité se mêle à la piété de M*° Gervaisais.
Germinie Lacerteux, p. 169 (Fasquelle).
- Mais il y a mieux encore. La direction successive de deux confesesurs, l’un doux, l’autre sévère, finit par détraquer complètement ce faible cerveau. L’on assiste aux ravages de la prétendue religion dans une âme, en proie aux obsessions, abêtie par le faux mysticisme. L’Imitation de Jésus-Christ a remplacé les suaves enseignements de saint François de Sales, et ce livre admirable, écrit d’ailleurs pour les religieux, interprété sottement par cette nouvelle convertie et par son âpre directeur de conscience, porte à son comble sa folie religieuse. Pratiquant le renoncement jusqu’au bout, elle s’adonne à la pénitence, embrasse la pauvreté, et impose la même vie à son malheureux enfant, qu’elle ne veut plus aimer, docile aux injonctions de son confesseur, qui lui a recommandé de « broyer son cœur ». Son frère arrive à Rome un peu tard pour l’arracher à ce milieu; elle se résigne à le suivre en France, après l'audience pontificale qui lui est promise ; mais au Vatican, épuisée par les émotions et la maladie, elle tombe morte au moment où le pape va paraître à ses yeux.
Certes, avant d’écrire leur roman, les Goncourt ont étudié Rome et la mystique. Mais, s'ils ont assez bien saisi la physionomie extérieure de la Ville éternelle, ils n’ont guère compris l’esprit du catholicisme. Sous prétexte d'étudier un cas spécial, ils ont donné au mysticisme les caractères d’une hystérie. Leur ignorance de la reli- | gion leur a fait dénaturer le sens des livres de piété qu’ils ont feuilletés, et, exagérant la doctrine du détachement, de la « sainte indifférence à la volonté de Dieu », jusqu’à laisser entendre qu’une mère, pour obéir à la grâce, doit faillir aux devoirs les plus élémentaires de la maternité, ils n’ont pas tenu le moindre compte des circonstances qui
surcharge grossière de traits réels.
Le passage suivant, par exemple, nous montre bien à a la déformation que subit la religion de charité fraternelle
qu'est le christianisme, en passant par l’entendement
étroit des Goncourt : les effets que la lecture de l’Imita- } à tion de Jésus-Christ produit sur l’esprit de leur héroïne
s’y trouvent analysés :
Et peu à peu, l’existence, elle se mettait à la voir, en sortant du