livre, avec la désillusion d’un retour de cimetière, à la voir comme
un passage, une route à traverser en voyageur et en étranger qui ne fait que toucher en chemin l’inanité, la vacuité, la vanité des
vanités de toutes les choses hors de Dieu. Mortification ef renoncement, c'était l’écho impitoyable, éternel, de ces redites sévères:
et funèbres qui commandaient, au nom de la crainte de Dieu, à
la vraie et profonde dévotion, l’arrachement de tous les liens d’ici-bas, le dépouillement des sentiments pour les personnes
aimées et les préférences particulières, le dégoût et le mépris de toute chair et de toute créature dont le livre défend toute jouissance
même innocente, ordonnant qu’on les regarde comme « de la boue
et du foin ». Et les versets succédaient aux versets, ils tombaient goutte, inexorablement, ainsi que l’eau d’une voûte froide, une eau pétrifiante qui ossifierait le cœur, y glacerait les
goutte à
affections et les tendresses, l’empêcherait de battre pour ce qui fait de l’être humain sur la terre un membre aimant d’un monde
aimant, né pour la société, l’amitié, l'amour, le mariage, la famille. ‘ , , £ ,
Communions, attachements, liaisons chères, — le dur livre des-
séchait tout avec le froid détachement du moine et l’aridité de som
…égoïsme stérile, imposés à des sœurs, à des frères, à des maris, À des épouses, à des pères, à des mères! (1).
SRE
(1) Madame Gervaisais, p. 237 (Fasquelle).
hangent la nature orale des actes humains. Et eue lement, ils ont imaginé des directeurs de conscience assez peu au courant de la morale pour donner, comme venant de Dieu, des ordres en opposition formelle avec les obligations naturelles les plus sacrées. C’est dire qu'ils ont 4h fait la caricature de la religion, si l’on entend par là 1420)
ar . Entee ont interprétés avec une rigueur : qui n'a plus rien d’évangélique. et Le «C’ est peut-être dans la critique d’art que les Goncourt s montré le plus de talent. Leur goût de la beauté ficielle et maniérée trouva, dans l’étude de l’Art du IIIe Siècle (1856- ee ue matière qui S ane
FR & histoire, à détailler les modes et les meubles du style Louis XV. z
__ Aussi, ont-ils parfaitement caractérisé l’ esthétique e en honneur au dix-huitième siècle:
RES Ni le AE siècle ni le grand Roi n ’avaient. aimé la vérité Fe. art. Les encouragements de Versailles, les applaudissements de pinion avaient poussé l’effort de la littérature, de la peinture, de la sculpture, de l’architecture, 1” ardeur des esprits et des talents,
vers une grandeur menteuse et une noblesse convenue qui enfer-
mait le Beau dans la solennité et la règle d’une étiquette. Un sublime fait d’emphase, de pompe, de dignité, avait ébloui Pesprit de la France; et fermant les oreilles aux accents de Shakespeare, les yeux aux tableaux de Teniers, la société française avait Cru | trouver dans une majesté fictive une loi suprême d "esthétique, un idéal absolu.
Lorsqu’au siècle de Louis XIV succède le siècle de Louis XV, quand la France galante sort de la France fastueuse et qu’autour de la rovauté plus humaine les choses et les hommes deviennent plus petits, l'idéal de l’art demeure un idéal factice et de convention; mais de la majesté, cet idéal descend à l’agrément. Partout se répand un raffinement d’ élégance, une délicatesse de volupté, ce que le temps appelle « a quintessence de l’aimable, le coloris des charmes et des grâces, l’emballement des têtes et des amours ». Le théâtre, le livre, le tableau, la statue, Ja maison,