LE RÉALISME
n’y a pas autrement, ni ne peut y avoir d’expérimentation ; il n’y a qu’observation; et dès lors c’est assez pour que la théorie de M. Zola sur le Roman expérimental, manque et croule aussitôt par la base (1) ».
Mais il reste que Zola, persuadé que le déterminisme absolu serait le dernier mot de la philosophie, a traité l’homme comme une machine. Dès lors, la morale n'existe plus : les manifestations les plus odieuses du vice et de la brutalité deviennent un simple sujet d'étude pour le romancier, comme les tares physiologiques du malade sont l’objet des observations du médecin. Mais nous le répétons, les naturalistes sont illogiques: ce qu’ils ont observé, ce n’est pas tout le réel, mais ce qu’il y a de plus méprisable, de plus repoussant dans le réel. M. René Bazin le faisait observer dans une étude sur le Roman populaire : « Si j'avais à juger l’école naturaliste française, non dans sa formule, où il entre beaucoup de vérité, non pas même dans l’œuvre de tel ou tel auteur, mais dans l’ensemble des livres qui se réclament du naturalisme, je dirais que son principal défaut littéraire a été de méconnaître la réalité ; je montrerais ce qu’il y a de contraire aux règles de l’observation et de la sincérité, dans le procédé qui consiste à ne peindre de l’homme que les instincts, à supprimer les âmes, à expliquer le monde moral par des causes inégales aux effets, à murer toutes les fenêtres que l’homme, accablé tant qu’on le voudra par la misère, le travail, la maladie, l’influence ; du milieu, continue et continuera d'ouvrir sur le ciel. Car il y aura toujours de ces fenêtres-là, par où la prière monte et l'espérance descend (2) ».
(1) Le Roman naturaliste, p. 124.
(2) Questions littéraires et sociales, p, 84.
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ète a une mission sainte: montrer à toute ti en. . lieu, l’âme à ceux qui ne pensent qu’au corps, e et.
je Dieu à ceux dont la science a tué la foi ». ge me. qui est cette fière déclaration ? Du futur auteur de à
(1) Lettre d'Emile Zola à Baiïlle, 10 août 1860. Correspondance, \ or ES