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roue étaient faites de toutes les devises contradictoires, affirmées comme des vérités par les hommes depuis la
création de leur espèce. La couleur blanche seule n'y pa-.
raissait pas :
Et le saint homme soupira : — Je ne rencontrerai donc pas sur la roue universelle la Vérité blanche et pure, l’albe et candide Vérité que je cherche.
Et comme il gémissait de la sorte, la roue vivante se mit à tourner, et les devises, en se mélangeant, cessèrent d’être distinctes, et il se forma sur le grand disque des cercles de toutes couleurs et ces cercles étaient plus grands à mesure qu’ils s’éloignaient du centre.
Et, le mouvement devenu plus rapide, ces cercles s’effacèrent les uns après les autres ; les plus grands disparurent les premiers, par
l'effet de la vitesse qui était plus forte vers la jante. Mais quand la
roue devint si agile à tourner que l’œil, ne pouvant apercevoir le
mouvement, la jugeait inerte, les moindres cercles s’évanouirent :
comme l'étoile du matin, quand le soleil pâlit les collines d’Assise. . Alors la roue parut toute blanche. Et elle passait en éclat l’astre limpide où le Florentin vit dans la rosée Béatrice. Et l’on eût dit qu’un ange, ayant essuyé la perle éternelle pour en ôter les taches, l’avait posée sur la terre, tant la roue ressemblait à la lune qui, au plus haut du ciel, brille un peu voilée par la gaze des nuées légères. Car alors aucune figure d'homme portant des fagots ni aucun signe n’est marqué sur sa face d’opale. Et, de même, il n’y avait nulle tache sur la roue lumineuse.
Et le saint homme Giovanni ouït une voix qui lui disait :
— Contemple la Vérité blanche que tu désirais connaître. Et sache qu’elle est faite de toutes les vérités contraires, en même façon que de toutes les couleurs est composé le blanc. Et cela, les enfants de Viterbe le savent, pour avoir fait tourner sur l’aire du marché des toupies bariolées. Mais les docteurs de Bologne n’ont point deviné les raisons de cette apparence. Or, en chacune de ces devises était une part de la Vérité, et de toutes se forme la devise véritable.
— Hélas! répondit le saint homme, comment la pourrai-je lire ? Mes yeux sont éblouis.
Et Ja voix reprit :
— Îl est vrai qu’on n’y voit que du feu. Cette devise par nuls caractères latins, arabes ou grecs, par nuls signes magiques ne sera jamais exprimée, et il n’est point de main qui puisse la tracer en signes de flamme sur les murs des palais.
Ami, ne t’obstine pas à lire ce qui n’est pas écrit. Sache seulement