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ent, il se pose en historien et qu’il prétend ne « s'être écarté d’aucune des règles en usage pour la recherche de la vérité historique » (1). Or, il se décerne là un diplôm que tout jury composé d’historiens sérieux sera obligé de lui refuser. af Pour atteindre son objectif, qui est de représenter
Jeanne d'Arc comme une hallucinée perpétuelle, une u
héroïne surfaite, une hérétique et une renégate, 3 France a adopté la méthode de Renan dans sa Vie de Jésus : ce qui, dans les documents, peut lui servir, même s de loin, il l’admet en l’interprétant faussement dans le sens de sa thèse : tout ce qui contredit celle-ci, il le rejette. à « Aussitôt qu’il rencontre, dans les sources, un fait qui le gêne, — par exemple, les aptitudes militaires de la. Pucelle, — il proclame que les témoins qui l’attestent sont parjurés ; et le voilà quitte de leur témoignage ! » (2). 2
Mieux que cela: il pousse l’audace jusqu’à altérer les textes : il les dénature; il les cite à faux, et M. Andrew Lang, l'historien anglais, auteur de The Maid of France, relève quatre-vingts passages où les sources ne disent pas un mot de ce que France leur attribue! 2
Les réfutations de la Vie de Jeanne d’Arc n’ont pas manqué en France (3), mais ce fut certes un spectacle piquant de voir l'héroïne de Domrémy défendue par un protestant anglais contre les attaques astucieuses d’un prétendu historien français.
(1) Vie de Jeanne d’Arc, préface de l'édition « revue et corrigée », 1909.
(2) Anprew LanG, La Vie de Jeanne d’Arc de M. Anatole France,