‹ RomanciersChapitre 54 sur 69 · PT · texte numérisé non relu

PT

be ds ado À hs di ne Rs ès, À cle dat s géré ont dé

Signalons La Jeunesse Nouvelle (1917), dontune

LE RS "x Lg ges : 3 : Pr première édition parut en 1915. Le romancier s’est fait 2

ici l'historien de cette magnifique jeunesse française qui

se sacrifia pour la France, non pas dans l’ardeur d’un élan impétueux qui ne laisse pas de temps à la réflexions mais avec la certitude du danger de mort longtemps prévu, dans l’interminable attente des factions de tranchées. Il reproduit les lettres de quelques-uns de ces

jeunes héros chrétiens, qui ont trouvé dans leur foi sur-

naturelle une force qu’ils n’auraient peut-être pas mon-

trée dans les luttes ordinaires de la vie.

En face de l’ennemi, ils rédigent leurs impressions

avec une netteté inattendue. Le voisinage constant de la mort les a fait réfléchir et ils ont, à vingt ans, la maturité

des grands penseurs. Le souvenir de ces héros fauchés par la guerre restera dans le livre de Bordezux comme un témoignage de la hauteur à laquelle la religion élève les âmes qui se laissent pétrir par elle :

Toute biographie digne d’être écrite est le récit d’une ascension. Une vie qui ne se perfectionne pas ne vaut pas la peine d’être

vécue. Un Camille Violand atteint cette perfection dans la mort pré-

maturée et d’avance acceptée.

Mais le Dieu qui a pris la place de l’antique Génie de la mort a

brisé les pierres du tombeau pour donner l'avertissement consola-

teur: EGO SUM RESURRECTIO ET VITA. Et les portes de la Vie Eternelle sont poussées et ouvertes à deux battants par les héros et les saints (1). ee

Et tandis que, nouvelle Iphigénie, cette belle jeunesse

s’immole pour le salut de la patrie, il y a, restées à

l'arrière, les mères qui acceptent les sacrifices et dont la

pensée encourage les héros. L’éloge que Bordeaux + décerne ici aux admirables femmes de France, que de

(1) La Jeunesse nouvelle, p. 100 (Plon).

338 ROMANCIERS Fe

mères belges le méritent d'autant plus qu’elles savaient par quels périls devaient passer leurs fils avant de rejoindre l’armée du Roi Albert :

C'est une scène qui s’est passée dans bien des familles : un jour, le bout d'homme a déclaré son intention de partir, de partir avant d’être appelé, à la fois si noblement et si nettemnet qu’il a fallu le prendre au sérieux. Souvent le père n’était pas là, pris lui-même par le devoir militaire. Une femme dut seule porter le choc, une femme bien fière de son fils, mais le cœur étreint de quelle angoisse! Elles les croient inoffensifs: n'’était-ce pas hier qu’ils apprenaient à marcher ? Et ils ont si bien appris qu’ils veulent marcher tout seuls par les chemins noirs. Pauvres femmes de France qui n’ont cherché à retenir personne, qui, ayant toujours enseigné le devoir, ont été désarmées contre le devoir! Admirables femmes de France qui se sont immolées elles-mêmes et n’ont pas montré leurs blessures... (1).

Avec quelle émotion ne Iûmes-nous pas, durant l’occupation allemande, Les derniers jours du Fort de Vaux (1917), réimprimés clandestinement à Bruxelles! Quelques exemplaires seulement étaient en circulation quand les policiers firent irruption dans une cave de la rue Vifquin et s’emparèrent triomphalement du stock des volumes fraîchement sortis de presse.

Episode de la bataille de Verdun, l’histoire du fort de Verdun est une épopée comparable à celle de Roland à Roncevaux, mais qui se termine ici par la victoire des: Captifs délivrés (1917). Quelle angoisse dans le chapitre: Le Fort appelle! Comme Roland sonnait de l’olifant, le fort adresse, par-dessus les lignes ennemies, ses appels silencieux, qui tiennent le commandement au courant des péripéties de son agonie et de sa résolution de tenir jusqu’au bout. La garnison fit des prodiges d’héroisme et ce qu’elle eut à souffrir fut horrible: jour par

(1) La Jeunesse nouvelle, p. 296.

Page 1