Paul Féval; Le Chevalier de K( 'L'une
Conversion; Jésuites; Merveilles du Mont Saint-Michel (Pays,
18 mari tilutionnel, 2 mars L874 ; 13 août ls~7 ; 29 octobre L 877; 24 novembre 187'J;.
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mais, après tout, du talent; s'il intéresse, ou seulement s'il amuse, — ce qui est le petit intérêt après le grand ; si enfin il prend l'âme ou l'esprit par un côté quelconque : c'est plus difficile de le juger. Mais c'est ce qui me tente. Je profiterai de l'occasion. Qui sait ? C'est peut-être la seule fois de ma vie que j'aurai plus de mérite que madame de Staël !
S'il amuse... Et, de fait, voilà le mot qui arme et qui désarme ! Voilà le mot terrible et doux qui va planer sur cette critique que je vais risquer de Paul Féval et de ses œuvres. Il amuse dans le sens que l'imagination qui n'est pas très exigeante, que l'imagination bonne fille donne à ce mot-là. Il amuse. Il est amusant. C'est un amuseur. Qu'il prenne garde 1 Ce mot léger peut devenir cruel. Oui ! Féval a cette fleur de l'amusement qui n'est pas toujours, que disje ? qui n'est presque jamais l'intérêt profond, passionné, à impression ineft'acable, que donnent les livres forts et grands ; mais il a cette fleur de l'amusement qu'on respire, — et qu'on jette aussi (rarement pour la reprendre) après l'avoir respirée.
Avec le nombre, très considérable déjà, de ses ouvrages, Féval est même tout un buisson de cette fleur-là. C'est un amuseur. C'est aune question d'amusement, c'est à un résultat de temps tué plus ou moins agréablement pour ses lecteurs, qu'aboutit toute la force — très réelle — employée à produire cette immense quantité de romans qui se succèdent depuis vingt
ans (1) sous forme de feuilleton dans les journaux. Vous le savez, depuis vingt ans et plus, on n'y voit que Féval et ses œuvres. Il y a l'ubiquité d'un Dieu. Seulement, est-ce à une gloire de journal, c'est-à-dire de journée ; est-ce à celte fonction littéraire de conteur pour le plaisir de l'imagination du plus grand nombre, qui est toujours une imagination vulgaire; estce au rôle de Perrault pour les grandes personnes que Féval, fait pour mieux que cela, a consacré définitivement ses facultés et sa vie ?... Demande que la Critique a bien le droit de lui adresser avec sympathie, mais derrière laquelle s'élève une autre question, bien plus générale et bien plus haute que la personnalité littéraire, quelle qu'elle soit, de Féval.
C'est la question qui brûle tout à l'heure : c'est la question du roman feuilleton. C'est la question de ce genre de roman qui menace de devenir le moule du roman au xixe siècle, et dont, à ce moment, je le veux bien, Féval est l'expression la plus féconde et la plus brillante. Paul Féval n'est pas, en effet, un romancier pur et simple, dans la généralité et la profondeur de ce mot. 11 n'est pas un romancier comme EUchardson, par exemple, quoique Richardson ait été le premier ou l'un des premiers feuilletonistes de l'Angleterre, el que Clarisse ait été publiée par chapitres dans un journal, ni plus ni moins que le Fils du Diable