‹ Romanciers d'hier et d'avant-hierChapitre 27 sur 32 · XAVIER AUBRYET ET ALBÉR1C SECOND · texte numérisé non relu

XAVIER AUBRYET ET ALBÉR1C SECOND

que j'avais rêvée, et le détail de cette vengeance sur laquelle je comptais aurait été tout à la fois délicieux, cruel et sublime... Mais Aubryet. pour un homme de tant d'esprit, ne s'en est pas douté. Dans ce livre si mal nommé la Vengeance de Madame MavbreL madame Maubrel épouse l'inconnu qui l'a respirée. Elle peut essuyer sa bouche, pour la purifier, aux lèvres coupables qui l'avaient touchée... Est-ce une vengeance, cela? C'est un dédommagement!... Qu'arrive-t-il? C'est que ce mari, un libertin qui a toute sa vie pratiqué l'inconstance, montre à la main, pour aller plus vite, retourne à ses libertinages... Estce assez plat, assez commun, assez parisien, ce dénouement, et assez indigne de Xavier Aubryet, l'auteur des Patriciennes de Vamour ! !

Je ne suis jamais tombé de plus haut... Quoi! c'est donc là toute la Vengeance de Madame Maybrel! Ah! j'en avais entrevu une autre, infligée par la pureté implacable de cette femme outragée, qui se serait vengée du mari qu'elle eût affolé d'elle pour le faire si'Utl'rir. et, à chaque désir allumé, aurait mis Dieu entre elle et lui. Bien commencé par une tète d'ange, le livre Boit, comme tant d'autres, en queue de poisson, et ce poisson n'es! pas an dauphin ! Après une telle déception, je n'ai plus rendu justice à rien, ni aux <■ aversations du livre, où le coup de raquette \e le volant avec une précision et une rapidité rime, ni aux analyses de sentiments et d'idées,

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légères, dentelées, à jour, ni aux masses de fleurs artificielles supérieurement exécutées et dont le livre est plein, il faut bien l'avouer.

Ce dénouement — article Paris — m'avait tout gâté... Et ce n'est plus qu'à la réflexion que je suis juste.

Ce n'est point par un dénouement qui aurait pu être superbe et qui est manqué dans le livre d'Aubryet, que pèche le roman d'Albéric Second. Dès et par son titre, Xavier Aubryet nous avait annoncé une vengeance qu'il ne nous a pas donnée, et Albéric Second ne nous a rien promis... L'imagination n'a donc pas à lui reprocher de l'avoir trompée. Le titre de son livre n'est qu'un nom. Il est vrai qu'un nom devient quelquefois une grande chose sous des mains créatrices. Clarisse, la Cousine Bette, sont des noms qui expriment maintenant des familles de femmes et des types, et toujours on dira une Clarisse et une Cousine Bette, de toutes celles qui rappelleront l'héroïne de Balzac ou l'héroïne de Richardson. La Comtesse Alice (1), elle, ne nomme qu'une femme, et même une

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