PAUL DE MUSSET
Voici deux déplorables livres que la Critique ne
peut séparer et qui soulèvent, hélas ! une question
bien plus grosse qu'une question de littérature. Ou
bien, un jour qui n'est pas éloigné, on ne part a
plus à.' File ei Lui et c'esl une chose probable el
rame encore plus . ou, ai "n en parle, Lui ei Elle se
a face ininme une inéviWble réponse, et le
laie — l'odieux et sinistre scandale qui s'est fait
leux romans — continuera ! Elteéi
Lui, Lui ei Elle, ne sont point, en • qu'il
nmaine de jti
!. Elle et Lui. — Lui t Elle {Pays, 15 juin LSI
b4 ROMANCIERS D HIER ET D AVANT-MER
et sévères, mais — dit le scandale — deux actes personnels d'un caractère acharné, deux horribles accusations dont l'une a pour visée de déshonorer un homme mort, l'autre de déshonorer une femme vivante.
Avec leur sentimentale et mystérieuse transparence, ces deux titres : Elle et Lui, Lui et Elle (1), ne sont que des masques de verre à travers lesquels on voit les visages, et ces visages, tout le monde les a reconnus. Tout le monde sait les noms vrais de monsieur Lui et de madame Elle, et tout le monde les a dits, jusque sur les toits ! La Critique même, qui a le triste devoir de juger les autres, et qui, pour cette raison, est tenue à plus de décence que ceux-là qui n'ont qu'à parler, voudrait taire ce que personne ne tait qu'elle n'en serait pas moins, sans risquer de noms, très bien comprise... Sa réserve, si elle en avait, serait donc inutile; mais elle n'est pas assez Jocrisse pour garder le secret d'une comédie dont tout le monde se passe le mot.
Je sais bien cependant qu'on a dit, et c'est même un axiome qui a force de bon sens et force de loi, que la vie privée doit être murée. Seulement, quand c'est elle, la vie privée, qui abat le mur et passe par la brèche; quand c'est elle, elle que le législateur voulait préserver et défendre, qui déborde dans la vie