SEPTEMBRE
Le vent est froid, la terre est dure, Les soldats sont morts à demi Et de fatigue et de froidure.
— Mais l’Autocrate a bien dormi. —
LS
Quoique des choses nécessaires Le manque devienne absolu, Soyez contents, vils mercenaires :
— L'empereur a le superflu. —
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Si l’on vous fit passer le fleuve, Ce n’est point pour votre plaisir.
Mais, pour vous adoucir l'épreuve,
Sachez que Charle a tout loisir.
Que vous avait-on dit naguère Que le Tzar était inhumain!
Saluez donc ce jour de guerre :
I vous eût fait fouetter demain !
Et soyez fiers ! La charge sonne; Vous allez mourir pour le Tzar Qui viendra, ce soir, en personne,
Féliciter votre hospodar.
Vous allez créer un royaume, Mettre une Majesté debout, Et couronner uà Roi-Fantôme :
— Le Tzar protégera le tout.
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Il vous donne l'indépendance.
Peut-être n’y croyez-vous pas ?.… Songez à mourir en cadence :
Le Tzar vous regarde là-bas!
Cessez cet arrogant murmure.
Votre esprit est trop raisonneur.
Vos corps sont leur vivante armure ?..
Les Russes vous font trop d'honneur.
Et, pour retourner à la terre,
Choisissez : ou supplice, ou joug ; Ou mitrailleuse, ou cimeterre; Ou Cosaque, ou Bachi-Bouzouk.
LS
La mort devant, la mort derrière!
Aucun de vous n’échappera. Mais, lorsqu'il fera sa prière,
Le Tzar de vous se souviendra.
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Et quand vous aurez la victoire, Quand vous aurez pris cent canons, Les Russes prendront votre gloire,
Et l’oubli couvrira vos noms.
LS
Nul ne plaindra vos destinées, Vos bataillons anéantis, Vos illusions condamnées :
Vous êtes faibles et petits.
LS
Le monde flatte, élève, encense Le tyran cruel, mais adroit.
Les Russes ont force et puissance ;
Les Roumains n'avaient que leur droit !
1/13 septembre 1877.