‹ Romania (volume 2)Chapitre 111 sur 282 · VOYELLES TONIQUES · texte numérisé non relu

VOYELLES TONIQUES

Voir Romama, t. VU (1878), p. 560-362.

Sll est évident que tinc, vinc^, pris, quis^ sis, fis ^j n'ont un i que par t'influence de 1*^ posttonique et s'il est clair aussi que tint, vint, prisî, quist,

1. [Ces rapprochements ne sont pas concluants; on songerait plutôt à des formes comme chalumeau, fumcHc^ clc, mais il s'agit là d'un ù et non d'une comme dans comment. La persistance de t^ua dans le français, le provençal et le sarde est suspecte • l'altération de Va en 0 n'a guère pu se faire â la fojs dans ces trois dialectes. L'etymologie de Litiré me paraît encore la plus probable. — G. PJ

2. Vinc est sûrement VëNUî, comme Je prouve non seulement le prov. vinc, mais encore l'ancien esp. vieno VëNUlT et l'anc. port, vëo, d'où veo vtio. Cf. Fœrster, Umiaul, p. 49^.

?. Ce dernier exemple a été cité mal â propos p. 3^7 : bcrbiz m'avait induit en erreur.

INFLUENCE REGRESSIVE DE l'Î ATONE 217

sity fist, tindrent, vindrent, prisîrent, qaistunîj sistrent^ fistrent, ont élé refaits sur la première personne, découverte que je ne dois point à M. Fœrsier malgré l'insinuation malveillante dans sa brièveté de la Zcitschrift fur rom. Philologie 1879, p. 494 (note i], il n'est pas moins hors de doute que dans teniSy veniSf presis, quesis, sesis, fesis etc., — ïSTl est devenu -ij en vertu de 17 postionique. Sur ce point, M. Fœrster ne nous dit rien dans son Umiaut. Par conséquent les secondes personnes du pluriel tenistes, venisies^ pnsistes^ quesisîes^ sesistesj fesisles, etc., ne viennent pas directement des bases latines, mais ont emprunté Pi à la seconde personne sing., i qui a passé aussi à la première du pluriel.

Ce ne peut nullement être par un simple effet du hasard que dans le Psautier d'Oxford par exemple, aux premières personnes du singulier espandi^ rendi, aîendi, entendi répondent les troisièmes personnes descendietf espandiety respUndied, respondiet, deperdiet^ derumpiet^ entrer umpiet^ aUndiet, enlcndiet, esUndiet, et les troisièmes personnes du pluriel espandierent, dtpcrdurent, crïîendicrent ; voir Meister, Di£ Flexion im Oxforder Psalter, p. 4Î-44. PtrJiet est exactement PERDèDIT et perdierent PERDêDERUNT, comme on l'a dit depuis longtemps, tandis que perdit et perdirent doivent leur / à l'influence des deux premières personnes singulières. Sur perdiet et perdierent s'est formé l'înf. du subj. perdiesse, dcperâiesty Ps. d'Oxf. 10^/25 26. Quanta la première personne da singulier, elle peut s'expliquer de deux manières i ou bien PERDeDI est devenu 'perdiei perdi, ou bien (et c^est la manière de voir qui s'accorde avec l'explication que j'ai donnée de iinc, vinc, pris, quis, sis et que j'aurais dû donner de fis) il a passé par 'perdidi, 'perdii, contracté en perdi.

La seconde personne PERD(è)DïSTÎ n'a pu donner régulièrement que perdis. Le Psautier d'Oxford a deperdis, entendis, esîendis, à côté de tspandies^ confundies, perdies, derumpieSy vendies, formés sous l'empire de la y personne du singulier. PERDE DiSTIS aurait dû faire *perdestes, mais nous avons donné plus haut ta raison de perdistes, PERD ê)DîSSEM ne pouvait devenir autre chose qsje perdcssc, qui est précisément la forme que nous trouvons dans la prose de sainte Eulalie. Voici en résumé la genèse de toutes les formes :

PERDéDÎ perdi )^, ^ ^.

PERDfëlDÏSTI perdu f''^ ^''^''' '"^''^'''"' /"'''''"""' P'"^'''"'

PERDèDIT perdiet, d'où perdies et perdiesse.

PERD êiDiSTIS *perd£stes confirmé par \t perdisse d'Eulalie.

PERDëDlMUS ?

PERDeDERUNT perdierent.

J. Cornu.

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