‹ Romania (volume 2)Chapitre 121 sur 282 · X. Quant Jesu Crist comendad' ac seu mayra · texte numérisé non relu

X. Quant Jesu Crist comendad' ac seu mayra

A sent Johan lo coral amîc seu,

Sens plus trigar lo veray fi 11 de Deu 76 Endinal cap e l'arma ret al payre.

DU MS. DOUCE 162 ET DE LA PRÉDICATtON DE VINCENT FERRER EN FRANCE.

Lorsque j'ai décrit, il y a douze ans ', le ms. Douce 162, j'ai commis deux péchés de négligence que je vais confesser et, si c'est possible^ réparer. Pour l'un j'ai à faire amende honorable aux philologues, pour l'autre aux historiens. Les uns et les autres me pardonneront d'autant plus volontiers mes fautes qu'ils ne s'en sont probablement pas aperçus >.

Je ne puis m'expliquer maintenant par suite de quel oubli j'ai négligé de noter, lorsque j'ai étudié pour la première fois ce ras-, qu'il est d'origine catalane, ou peut-être valencienne. Je me suis exprimé comme s'il avait été indubitablement composé au nord des Pyrénées et j'ai fini par me le persuader. L'ayant revu récemment à Oxford, le caractère purement catalan de l'écriture et de la langue m'a aussitôt frappé. Il offre même une particularité notable qui est aussi fréquente au sud des Pyrénées qu'elle est rare ailleurs et qui aurait dû tout d'abord éveiller mon attention, c'est que les cahiers dont il se compose sont

64 Mî. e blasmada.

1 . Ârchtm âei Misiions, 2y lit { 1868), 1 67 el 366 ; tiré à parl^ pp. 163 et 162,

2. Je note en passant qu'il n'y a rien dans ma description, si imparfaite qu'elle ait été, du ms. Douce, qui ait pu autoriser M. BartscK {Grundriss d. prov. UkT,^ p. )6j à faire reaiooter au XIII' siècle certaines des pièces contenues dans ce ms.

régulièrement formés de quatre feuillets en papier ei de deux en parchemin, ces deux derniers étant placés l'un à rextérieur, l'autre au centre du cahier. Comme il contient en ses 24 premiers feuillets un sermon prononcé à Toulouse par Vincent Ferrer, comme d'autre part ii est infiniment probable que le célèbre dominicain prêchait dans sa langue maternelle, le valencien, surtout lorsqu'il prêchait dans le midi de la France, il y a là une circonstance très notable, en ce qu'elle pourrait amener à croire que nous avons dans le cas présent Pun des sermons sous $a forme originale. Sans doute ce sermon, comme les autres du même auteur, existe et a été publié en latin, mais il n'y a pas de doute que la forme latine, dût-elle émaner de Vincent iui-raême, ce qui est fort contestable ', n'est pas celle sous laquelle les sermons ont été prononcés. Le prodigieux succès, l'immense popularité de la prédication de Vincent seraient inexplicables s'il avait parlé en une langue que le peuple n'aurait pas plus entendue alors qu'aujourd'hui. D'ailleurs nous savons, par le témoignage précis de son principal biographe, le dominicain Razzano, qui écrivait vingt-six ans après la mort du saint, en [45 j », que Vincent se servait de sa langue maternelle, le valencien i. Quant à supposer la

1. Voy. N. Antonio, Bihliotheca hispatia vetas éd. de 1788, H, 206.

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