Cf. Littré, s. v. àrevissc
j. C'est ainsr gu'à côté de navette — nom du brassica napus^ — 00 a le mot navache, — nom dans rarrondissemenldeSaint-Lô du raphanas raphanistrum^^ dérivés l'un et l'autre de napus. Ce rapprocheraeiit m'a été suggéré par M, Lepingard, secrétaire de la Société d'agncullure, d'archéologie et d'histoire naturelle du département de la Manche.
4. Depuis que cet article a été écrit, j'ai eu Toccasion (IX, 10) de revenir sur l'étymologie de crevette; il paraît que dans ma nouvelle démonstration j'ai blessé par un mol M. Suchier; je le regrette bien sincèrement et je le remercie non moins sincèrement de la leçon d'allemand qu'il a cru devoir me donner; elle était d'ailleurs inutile: quoique je sois loin de prétendre connaître tous les mots allemands. — je n'ai même pas la prélenlion de connaître tous les mois français, — je n'ignorais pas la signification du vocable umdeutung^ et la meilleure preuve que je ne lui attribuais pas le sens de dérivation, c'est que |e n'ai pas essayé de le traduire.
\. Celte publication forme le troisième volume de hBibliottca clasica apahola entreprise par l'académie espagnole et malheureusement interrompue depuis plusieurs années, L'exemplaire de l'édition originale de Salamanque, 1 ^14, qui a servi à M. Caftete est unique et n'est même pas complet. Gallardo a supposé
Jet i sa suite le nouvel éditetir} que la feuille qui manûue au volume avait dû lire occupée par un Coloqmo pastoral, dont on connaît cieux éditions, sans nom
l'étude de la comedia pasîoriî du commencement du xvi" siècle: le linguiste peut aussi récolter chez ce poète de l'école de Juan del Êncina des formes dialectales intéressantes et des mots rares que n'ont point encore enregistrés les dictionnaires usuels.
Autant que possible Lucas Fernandez: a fait parler ses bergers dans le dialecte de b province de Salamanque ; je dis autant que possible, parce que l'éducation plus ou moins littéraire de J'auleuret son intention d'être compris et lu en dehors de son petit milieu ont fait qu'il n'a pas osé tout écrire dans son patois, qu'il y a mêlé bon nombre de formes de la langoe écrite de Castille. Ce caractère méiangé de la langue de Fernandez est facilement reconnaissable. Peut-on supposer» par exemple, que le dialecte parlé aux environs de Salamanque au commencement du xvi* siècle ait eu deux formes distinaes pour la 2*^ pers. pi. de l'impératif des verbes de la première conjugaison ? Évidemment non ; et cependant notre auteur en connaît deux. A quelques vers d'intervalle, te même persoiînage dira ûradvos et guafdaivos. C'est donc que la première fois Fernandez se sera souvenu de la forme castillane et qu'il aura, la seconde fois, suivi son dialecte. Une étude approfondie de la langue de ces fanas devrait porter : i " sur les formes dialectales ; i" sur les mots jusqu'ici inconnus ou rares, et j" sur les déformations populaires de ta langue écrite. Ici je n'ai Pintention que de présenter quelques observations sur divers mots et formes qui n'ont pas été expliqués ou qui ont été mal expliqués par l'éditeur. D. Manuel Cafiete a eu le soin de dresser une liste alphabétique de tous les mots de son texte qui lui ont paru « oscuros 6 de uso poco frecuente «. Dans certains cas il a réussi dans ses interprétations et ses étymobgies, dans d'autres il me paraît avoir échoué. Je n'ai pas la prétention de rectifier toutes les erreurs ou de remplir toutes les lacunes du glossaire de l'académicien espagnol ; je ne traite que des mots dont je crois avoir trouvé une explication satisfaisante.
ABORKJGo (p. 8s).
Lkcerado y abonigo^ Perdido hc y a mi sentido.
M. Catlete a corrigé abonido pour rétablir la consonance; mais la forme avec le g est assurée par les exemples suivants : Uogragos (p. 92)
d'auteur, de Vatladolid, 1^40, et d'Alcali de llenares, 1604. Celte conjecture ne me paraît pas fondée. Sans compter que le style de celle pièce a un cachet nolablpraenl plus |eune que les farsas de Fernandez, on y trouve une allusion très c!a ire aux /dUjjM bcrgtries^ qui ne permet pas de la croire si ancienne. Voici !e passage (c'est le berger qui parle à. la donulia) : t Otead, olead aci Estes hatos tan lozanoz, Qui lodos los cortesanos Diun qut los usan ya ». Voir YEnsa)o de una bitrl. esp. t. I, col. 705,
NOTES SUR u LANGUE DES Farsas y Eglogas 241
qui 3ssoT\nt2\ec pcrpassanos, et desabriga (p. 52), même mot évidemment que desabrida : « Fortuna me es enemîga Y desabriga. » Ces exemples du changement de d libre en g sont donc à ajouter à ceux qu-a réunis M"*^ Michaëlis de Vasconcellos, Studien zut romanischen Wortschœpfungy p. 257.
Afrita (p. 148).
Corriâ la vieja maldita Pot me azotar muy afrita.
S'il n y avait pas à tenir compte du sens, afrita pourrait être fort bien dérivé du panicipe aflicîa (cf. dans notre texte ii/7ito pour j/ïif?u5, p. 22 ^^ p€rh(ta pour perfecta y p. r67, et le changement del*/en r n'offrirait naturellement aucune difficulté) ; mais le sens, comme l'a vu l'éditeur qui traduit par a presurosa », est sans aucun doute « à la hâte, prestement ». Je crois donc qu'il faut lire d frita et voir dans cet adverbe le correspondant de Ilialien afretîa.
Argullgso (p. 1 19K
Cùn furor muy argnllozo
Y furioso.
Canete : « Agudo, sutil, refinado. Viene del latin argutus? ». Argul-
loio est simplement pour orguUosa; cf. les formes catalanes argull ti ergally et les exemples donnés par M™* de Vasconcellos du changement de 0 initial en a, Worîschœpfung, p. 254. Aturar (p. 191).
Anda vête, mamaburas (éd. marna barras), Dende y a que nos aîuras.
Le sens des deux vers est « Allons, va-t'en, tette-bourrique, il y a assez longtemps que tu nous relardes. » Je ne sais pourquoi M. Caiiele voudrait corriger aturrar et traduire « arturdir, molestar. » Le verbe atarar (dans l'ancienne langue aussi îurar] est cependant d'un usage fréquent. Le catalan a de plus le réfléchi aîurarse. Calckk (p. 129).
y* 05 cako mi bendicion Con pracer muy gasajoso
Y amoroso.
M. Canete traduit <• echar ». C*est bien cela; mais d'où vient la forme ? Je serais poné à voir dans cako une forme divergente de colgo (fo/'fo). Le changement de Vo en a peut être admis (cL arguîloso), il resterait à expliquer la conservation du c. L'autre étymologie carico ne satisfait guère mieux pour la forme et a contre elle le sens ' .
I. Dans un nlkncuo d'Encina on lit : « Calcole mil zapatetas ». Mais il faudrait, ce itmhkfCalço. Il ne serait pas impossible que la même correction d&t être faite dans noire passage.
Romania, X I ^
i^î MÉLANGES
Carria (p. 14).
Tiremos nuestro camino
A lu carria la majûda.
M. Caiiete traduit exactement a Mcia n ; mais la forme est fautive. Corrigez caria = cari à = cara d. On sait que dans tes composés castillans dont le premier terme est un substantif en a^ ce substantif change son a en i : ici même nous avons barhiponimte^ barbihechOf etc. Sur l'expression cara d dans le sens de « vers «, voy. Gil Vicente, ObraSy t. 1, p. 8 (éd. de Hambourgl : Cuando cara al ciehoUo. On trouve aussi cara tout court : Alza el dedo cara et cklo (Ensayo de una bibi esp.y X. 1, col. 709).
DizcAS (p. 152, 179),
îsboset descabezadù
Dizcas hù
Por dormir muy sostgado.
Los duclos suyos y ajenos Dizcas tjae conpan son buenos.
Cette expression dizcas, qui est pour diz<^ue (= dict que], a été assimilée pour !a forme à un adverbe par [^addition de Vs adverbiale et le changement de Pr final en un a qui soutient Vs. Hksica (p. 101).
Fhr de saga y doradUla Y manzanilla Es muy chapada hesica.
Catiete : a Mistura ? Vendra del lat, esca, manjar, comida, mezcla ? ». — Hcsica est ^ourfesica = fisica <i médecine ». HoDiDo (p. 189).
Pdrate d tuyas^ hodido.
Caiiete : « Importuno, molesto, fastidioso. Dtl frances hoder » ? — Je ne connais pas de français hoder (le mot hodéf « fatigué », usité dans plusieurs provinces, n'a pas de verbe correspondant), mais bien un espagnol hoder (lat, /ufuerel dont le participe, employé ici par le berger Pascual, sort encore tous les jours de la bouche de beaucoup d'Espagnols sous la forme andalouse/oi^iifo. Cf. Storm, Romania, t. V, p, 182. Llumbre (p. 10).
Pues que estas emponzonado^ Date un gran boîon de Humbre, Par boton ' de îlumbre, il me semble difficile d'entendre autre chose qu'une « grande bouteille d'alun ». Llumbre pour alumbre est des plus