A la p. 14 on trouve aussi le redoublement toste priado
Canete : « De buena edad, mozo en sazon ? Zaman en arâbigo vale îanio como ûempo ». — Zaman est pour aâtman « maintien, tournure » par changement du d libre et médian en z (phénomène surtout propre au provençal, mais qui n'est pas sans exemple en castillan) et par aphérèse de Va (voyez plus haut au mot Uumbre).
Je termine par quelques observations sur des formes verbales. J'ai parié tout à l'heure des impératifs en ai : il y en a beaucoup d'exemples dans nos Farsas ; c'était à n'en pas douter la flexion régulière du dialecte de Salamanque au commencement du xvi" siècle. — Une forme curieuse est sos, 2" pers, sing. du présent de ser, pour ères. Sos est souvent employé en castillan à la l'' pers. plur. pour jo«, sodés ; mais ici se trouvent bien des exemples de sos au singulier ; quierote abrazar. Pues que desposada sos (p. i^}; Y tu sos et foret judo *' <p. 42), etc. Dans Juan del Encina aussi : Porque sos ian Usontro! Posait [EnsayOy t. Il» col. 840) ; Tus îrovas y caniiienas Que dken que son ajenas Y d âueno tû m îo sos [ib. coL 898), C'est donc une formation par analogie sur ioy, somos, sodcs^ son. — Traye (p. 120} a été corrigé à tort par M. Canete en traie : cette forme n'est pas un imparfait, mais un présent» pour traty trahi, — Sabo (j 23), saba (p. 87) et cabo (p, 1 1) supposent des formes sap(r)o^ sap[i}am, cap[ijO.
Alfred Morel-Fatio.
VÊNIGME, CONTE MENTONAIS.
Il y avait une fois un roi qui devint amoureux de sa propre fille, lis allèrent ensemble en Afrique^ où en pareil cas on peut se marier. — Elle devint enceinte, mais mourut avant de donner naissance à l'enfanlj qu'on mit au jour en ouvrant le ventre de sa mère. — Elle fut enterrée sous le palais dans une caisse de cuivre. Quand Penfant eut grandi, il chercha le corpSj le trouva, enleva la peau des mains et s'en fit des gants. Puis il trouva un cheval dont la naissance était semblable à la sienne et partit pour les aventures. Arrivé dans un pays étranger^ il se présenta à la cour et défia tout le monde de deviner cette énigme : « Je ne suis pas né, ni mon cheval non plus; je suis fils de la fille de mon père et je porte les mains de ma mère, n La princesse promit de deviner le lendemain. Aussitôt le jeune homme sorti, elle se déguisa en homme et le suivit à son auberge. Là elle se lia avec lui, et ils convinrent de souper et de coucher ensemble. Elle lui demanda son histoire. Il lui raconta tout sans soupçon. Ils se couchèrent, et mirent leurs chemises sous l'oreiller. Elle se leva avant le jour, pendant que le jeune homme dormait encore,