‹ Romania (volume 2)Chapitre 132 sur 282 · Hvdgiar * aiguiser » ÙM le glossaire · texte numérisé non relu

Hvdgiar * aiguiser » ÙM le glossaire

SUR LE Sacrifia d\4braham 2^\

tfttil — 1098 el — 1099 elj chiatîâyfdjc — 1 100 maje — t loj Quel, h'vain — 1 106 ell ais] ais ely idt — 1 107 H' vain — 1 108 Bab — 1 (09 ha f — 1 1 10 L'inpromischun, L'inpromischiun, sgiùrae — 1 1 1 1 da d' — 1112 àà, da — (114 Raig — m j Saliid — 1 1 1 6 à — 1117 kaj\ TAÀschunae — 1120 mùravglius, mûravglius — 112? ptard — 1124 nonvji — ni 5, 1 126 pldds — 1 127 pais' — 1 128 'iV<7, ilg, ilg — 1 1 30 Eirasty quel — 1131 à — 11521* spartire] spartire — 1 1 jj Hveivas mai] A m' veivast, imblidae — 1154 fatl, cumiae — 1 1 5 5 Leivasi, passAre — 1 1 39 Da i' — 1141 Nm ^ 1 142 /;' vtiv* — j 14? (cuffariare), cuffurtare — 1 144 Bab — 1145 à — ! 146 quel — 1 147 et — 1 148 moana. Après 1 148 ajoutez les 4 vers suivants :

Mu Deis sea aut ludae

Ch* el hà tai turnantae

V hasiun da mia velgdiina

Cuffort in ta stddûna.

1 149 h'vesSj quel — j i p H' vess, t'ouvra — r 1 52 l', /', nun — 1154 tngu, tgniif — 1 1 j j El — 1 1 56 fraschel] ftaivel — 1157 noss, noss — 1 1 j8 E — j 1 59 el, 5(1 — 1 i6o mots — 1 161 qud, vUain — 1 162 el 116^ Aint, Aint — ir64 noassa — 1165 voegliast, giiidare — 1168 pnivamainte — 1 169 Giiidans, giiistrare — 1170 miidân — 1 171 et — 1172 tschêl.

Les divergences du ms. et de l'édition de 1684 ne portent donc sur le sens qu'en un petit nombre de passages, savoir aux v. 504, ^ j j , 548, 7(>4, 816, 8i8, 861, 91^, 924, I04Î, 1 106, ï uî, 1164, y compris la strophe intercalée. Les autres ne sont que des variantes d'orthographe dues soit au copiste Jovalta, soit au modèle qu'il avait sous les yeux ; car les variantes de sens, et notamment la strophe intercalée, prouvent qu'il a fait sa copie sur un autre texte que celui de l'imprimé. C'est peut-être le ms. Planta, J'ai signalé ci- dessus les variantes importâmes pour faciliter les recherches à cet égard.

Corrections et additions.

Le texte nous est parvenu dans un assez bon état, et quelques fautes des plus évidentes ont déjà été corrigées par l'éditeur. Je vais en relever d'autres en laissant toutefois le soin d'épuiser la matière à ceux qui pourront consulter les deux autres mss.

17 vàlg ou vœig — n "" (faute qui se répète partout où un commence un vers, parce que Pimprimerie de Tschlin n'avait pas de majuscules surmontées des signes diacritiques. C'est ainsi que la préposition lat. ad est rendue par A (58, i J2, J 52 etc.) ou à 165, 66, 98, 100 etc.), l'interjection 0 par O (jo, 52, 69, 1 î7 etc.) ou ô (70, 81, i?7, 169 etc.), la conjonction et et le pron. iliud par E (155, 209, jji,

tsc '" . , ,

g^ : ~: .- se.on leur place

ai S..

— ijî quai ;i ?.-:- du ras.) — 274 - -î -:."*: Jvainf (msJ . „: =s. — 404 '/i' — -. - W-Î2 Offert — 6^2 :.ll:.- ? iras.) — 750 .. rs — 800 Succorf ; ?

rrs — 1076 «V — 1 108 .S'.Vj ms.).

., -: -.t^ .:-> l'orthographe comme . ... . • pour n, sch à côté de 5 . -. .--rr? je l'article et des pro- ■-. >ï -.rouvaii en ce temps-là .. .i::gue un aspect ou trop • ...sa:: une rigorosité absolue.

.^ ^l'éditeur n'en parle pas) . -.r^s ou Martinus ex Marti- - Mjre n'a jamais été imprimé ^ -, ^.' :a I -e édition de la Philo- .. ... ^ue manque un peu d'exacti- -. c-' ^-'f recueil de chants pieux . . caoique ce titre ne convienne .•:.A rarties, dont chacune a son .-' w-ontient les chansons du fils .^: . ia seconde f" 200 r" jusqu'à :: .Y titre : Alchûnas \ Canzuns \ ,.. ..".tsclhuntas \ mclodias. \ Trus .\ MArîinis f. m. \ Staîî Minisîer . .. r^in- i cipio dj seis Minisierij.

Sun il quai ell ais da quaista j

'y.:Mnnd Bassa. \

.•?::? seconde partie ; il est suivi lui-

«,^^ s;r Martin père. Dans les trois édi-

^•s »^ansons du père manquent et avec

.. ,>, : jMS une preuve évidente que le mys-

,^ ,.> .dansons de Martinus ex Martinis et

;..,%:? »Jc celui-ci. ce qui fixerait la date de

-^ jf l'année 1668 ?

SUR LE Sacrifice d* Abraham 253

En effet, si la langue n'est pas fort différente de celle de la première partie du livre, elle est pourtant mieux d'accord avec celle des chansons du père. Ainsi les rimes inexactes, qui abondent dans notre mystère . aussi bien que dans les poèmes de Martinus ex Martinis, ne sont pas si nombreuses chez Johannes Martinus ; l'addition d'un e final aux mots à terminaison masculine, si fréquente dans notre drame et dans les chansons du père, ne se rencontre pas une seule fois dans celles (il y en a plus de 80) du fils. Celui-ci ne connaît pas non plus ces rimes anciennes comme chiura : cumandAva[t] 273, mangikvasch: confortkvas 569, mangikva : chiamiriAva 1065, dumandkva : farkva 1067, guardkva: mazkva

Il peut paraître surprenant que Johannes Martinus ne parle pas de notre mystère, quoiqu'il mentionne dans les deux titres et dans la préfiicc les chansons de son père. C'est évidemment parce qu'il comprenait le mystère parmi les « canzuns », et en réalité ce n'est rien autre chose qu'une chanson. Comme toutes les autres il a été chanté en entier à quatre voix, l'action dramatique n'y faisant pas obstacle.

Comme je n'ai pu, ici à Londres, faire des recherches sur la provenance de la pièce, je ne puis avoir d'opinion raisonnée et prouvée sur l'une ou l'autre des deux hypothèses qu'on a émises à ce sujet. Je ferai toutefois remarquer que les dialogues que M. de Flugi regarde comme les précurseurs des « Singdramen » [Ztschr. IV, 5) sont pour la plupart traduits de l'allemand. Ainsi le « discuors d^iïnafidela orma cm seis Salvader Jesu Chr'isto » (Philomela, fol. 9 r") est la traduction exacte de Liebesgesprsch einer christgUubigen Seel mit ihrem Herren und Heiland Jésus Christus (J. W. Simier's Teutsche Gedichte, édit. 1655, p. 62) et la batailgia da lo Spieri è da la chiarn (Chiampeil, Chiantzuns Spirtualas, édit. 1560, p. 49$) est faite d'après un original allemand qui commence : Nun hœrendt zuo ier Christen liiîh.

Le petit glossaire que M . Ulrich a joint à son édition aurait pu sans inconvénient s'ouvrir à un plus grand nombre de mots. Je vais l'augmenter d'un certain nombre de ceux que je me suis notés au courant de la lecture.

algretia 348, 944 etc. allégresse, joie, plaisir; mod. allegrezza h. eng.

algrescha.

ont (prép.) 528 avant (ante).

aia (conj.) 483, 491, 863 vfr. ains [ante]. aant dans la locution aunt hura 168 avant le temps [ante]. ûrsias loio ardent.

kuidus 933 bénin, débonnaire [*bonitosuSf voy. Schuch. LauWd.j p. 29,

barun dans la locution da h, 7J4, 752 en homme, vaillamment (harone^

Diez, lex. I), bain 201, 2^5, 749 etc. bien; oberld. hein [bint]. bœn (subst.) 185, 700 le bien ; oberld. bein \bonum]. ban (adj. neut.) 26-^, 299, 478, bon; obld. bien Ibonum). bun (adj. raasc.) 25, 467 bon ; obld. bien et bun {bonus), beadenscha 571 béatitude.

blers 725 beaucoup (pUriiqué), Ascoii, Arch. gl. ï, 101-2). bler main 624 beaucoup moins.

bkr ant 71 1 beaucoup plus, plutôt.

chia 847 maison labréviation fréquente de chiasa^ restée dans beaucoup

de noms propres de lieu ei de famille). chiantun 1 1 1 j coin (Diez, I, canto)^

clap 457 quantité, long chemin {?), tirol. tlap(pkz^ II, c. clap). culpant 576 redevable ; oberld. cuîpont. cuntuott 609 etc. pourtant, it. con ttittOf tirol. cun dtit [ke]. daUttaivel 9^4, n 29 agréable, doux, cher. dalœnsch 89? loin (oberld. âahmsch, tirol. dahntsch (detonge), dauheu 945, 991 derechef*, h.-eng. darcko. davent 405, 428 etc., it. sp. via, oberld, navend^ tirol. davan [de-ab-inde]. davo 4^1 après, derrière, h.-eng. davous^ oberld. davos^ tirol. dapo (cf.

Mussaf., Nd. 11. Mda., dapo) (étym. de- a- posî (.?) '. dindeîî -jii, 75 j, 1091 subitement, vite; oberld. d'anadetg (Bomïad,

Cat.l, aneg etc. (Carisch, lex. s. aneg). d'inîant 40$ en attendant ; oberl. dentant^ dantont, tirol. niant. dceli 642 deuil, affliction.

doluf(y6\ douleur.

drtU^ii droit.

dnîsch (subst.) 9^0 joie {duke), faîlar 9^2 tromper (Diez, I, falliré).

fantschella ^4 servante ; oberld. fantschella. fasch 489, 540 faix.

flaivel 583 faible (Diez, \,fievok].

I . M. AsGoli {Arch. gl. l, 60) ea a proposé une autre, 'tit'aYorso, Mais davo {davous^ disvos] employé comme adj. dans le sens de • dernier 1 est toujours (au moins dans les anciens documents) invariable, une forme davosa pour le féminin, que J'ad|. 'dc-avorsa ferait supposer, n'existait pas autrefois, ei de *de-avorso on sallendrail plulùl à une forme diivias dans la val!ée du Rhin antérieur. L'étym. dc-a-posi satisfait mieux aux exigences phonoiogioues et a en outre le grand avantage de mettre nos dialectes en accord avec toutes les autres langues romanes. Je dois toutefois faire une objection qui d'ailleurs s'adresse également à l'étymologie 'deavorso, c'est que l'adj, davoi est une fois écrit davûqi par Boni/aci, Cat. )]\ iRom. IX, 258) et que le nom de lieu, aujourd'hui' appelé D«noi, était encore au XVII* s. en bas-end. Tavaa et en allem. Djvdi, ce qui semble indiquer que la voyelîe ionique était a ou ju, le cliangement de H en ati sous l'accent n'étant pas connu à ce dialecte.

SUR LE Sacrifia d'Abraham

frûschleza 387 infirmité ÇfragUitia).

frai 550, 1064, froid. fradûra 696 f

Froid, froidure.

fnmta 654 froni, opposilion.

gk 1014 vfr. ja; it. già.

gudar 480, 482, 687, 990 aider.

hoz 389, ^21 aujourd'hui \hodie], impro 169, 180, ?I7, ^87, 6 j 5, 671 etc. cependant. inavo 856, en arrière, oberld anavos (in-a-posi). infina 4)5, 4^6, jusqu'à (Oîe^, II, a. finoi. ingianar 611, 620 vfr. enganer (Diez, I, inganno). ingio 495 où, eng. mod. innua^ oberld. nua. intravgnir 267 entrevenir, s'informer.

invta 879, it. sp. via (Diez, 1, s. v.), oberld anvi. larma 542 larme.

brmar 8 ^ i pleurer.

Uid 819, 1000 gai, joyeux (taetus)» oberl. îets (feds). lengm 942 langue, oberld. hunga, h. -eng. Liungia. ligiam 9^8 lien, engad. mod, Itam^ oberld. ligiom, lœnch 28}, 4Î9 longtemps, oberl. lunschj h, eng. lœng. ma 780 jamais, oberld. mai{na), .^na)mrf, h. eng. m^(Diez, 1, mat), mo 440 etc. mais; oberld. mo (Diez, I, mai), manigiar 217, ^^7 signifier; oberld. maniar (allem. meinen, pour h

signification cf. engl. tnean}.

massa 666 beaucoup, très» trop; oberld.» tirol.^ it. du Nord massa |Mus-

saf. Nd. /f, Mda, s. v.), iiiajw(masc.) 39, 59, 7î, S 88, 591, 886 etc. main; oberld. mûim[masc.)

ce mot est partout ailleurs resté féminin. melginavant 516 plus loin, plus longtemps, ensuite. mutschar 148 échapper (Diez, 11, musser). nudar 94 r nager, oberld. nudar, it, nuoiarCy vfr. noutr. nudriar 600 nourrir, oberl. nutri\gi\aT.

alg 913, 1069 etc. œil.

agliadd 355 regard, œillade, it. occhiaîa. ofena 21 sacrifice, offrande ; tirol. dunfiarta^ oberid. unfrenda, plonschery-j] se plaindre ; oberid. idem. puûnch 672 point ; oberld. punct.

rasckunir 5 14 parler, raconter ; oberld. id., it. ragionan. resiisiar 691, 715 ressusciter.

retschvii 525 reçu; modemt ardschvû, h. -eng. arvschieu^ il. ricevato. fa 840 prière; oberld. rieug^ vh.-eng. aroef^ esp. ruego^ pg. rogo. ruguar 411, 487, 5^7, 769, 791 etc. prier; moderne rovar^ h.-eng.

rov«r^ vfr. rover (obld. rugar).

rang 106 réprimande, reproche; tirol. ragn (?), com. rogn, pr. roun, esp. runrun; piém., vén. romand, rogna (étym. : subst. vb. de lat. grunnire ; qui a pris la forme *runnlare dans tous nos dial. lad. et la plupart de ceux du Nord de l'Italie).

sa 1044 vous (se).

sablun 11 12 sable.

sald 468, 7 1 2 ferme [solidus) .

saschin 79 celui qui répand du sang, assassin (Diez, I, assassina),

schaniar $99 épargner; oberld. idem (ail. schonen).

schburjlar 271, faire jaillir, jeter, lancer, oberid. sburflar ébrouer, respirer bruyamment, h.-eng. sburfier^ tirol. sbolfrar, placent, sbroffleint (adj.) it. sbrufarey fr. ébrouer (étym. buffare, Diez, I, buf).

schez-jif 916, 95 j etc. si, tant {sic).

sa schgriscbar J97 s'épouvanter (étym. grisch, cf. ail. grauen).

schlass 667 ferme, délassé.

serra 906 arrêté, déterminé.

serviiiit 1 00 5 , 10^4 domestiques.

sligiar 895 h^^^^^^^ [disligare].

schugiar 1001)

sœn 372 sommeil; oberld. 5/e/i, frioul. siun, it. fog/io, esp. sueno, pg.

wn/ïo (somnium).

sœngiar 636 songer, it. sognare.

spariir 807, 1 1 52 partir, 820 mourir ; oberid. spartir mourir. staila 914 étoile ; oberid. steila.

strett 9j8 étroit ; oberld. siretg.

stut 578 triste ; frioul. stott (?) (*diS'tollitus v. Asc. 1. c. I, 273, n. 1). svess 738 soi-même; oberld. sez {"se-ipsa-ipsu, Asc. ibid. I, 215-6). surchia 63 au bout de, après; vfr. à chief de [super capui). surlevgiar S}o, 1042 soulager; oberld. idem [levis). terra 86 1 .?.

thrun 952, 968 trône.

tour J82, 661, 764 ôter, enlever (it. togliere). tut 778, 848, 1 1 34 ôté, enlevé (it. tolto]. tschassarôS^ cesser [cessare).

tschera 211 figure ; oberld. idem (Asc, 1. c. IV, 119). tschendra 682, 692 cendre.

tun 46 tonnerre ; oberld. tun, it. tuono. turnar 995-6, ici 5, 1038 retourner.

vadè 972, 1086 veau, oberld. vadl^ h. eng. vdè. vis 1103 vu.

vœglia 18 volonté ; it. voglia.

vout* 864 fois ; it. volîa.

SUR LE Sacrifice (T Abraham 2^7

En outre le glossaire renferme, comme on a déjà pu sVn apercevoir, des mots imaginaires et des explications erronées.

Adachiar a déjà été reaifié par M. de Flugi. — Gugenl et gient sont des adverbes et signifient « volontiers n , Tétymologie gûiidens , déjà proposée par M. Schuchardt [Vok. Il, J02), plus lard révoquée en doute {Vok. m, ;o9), n'est pas acceptable, parce que le g se palatalise toujours devant a dans notre dialecte ; gaiidem aurait donné gtugera comme ^judire giudair. L'étymol. cum genio, donnée par M. Schneller \Rom. Mda. p. 237) ne satisfait pas non plus. Il me semble que volens a plus de chance d'être la bonne étymologie. On s'expliquerait au moins facilement les deux formes gugient et bugieni. — Les lexiques de Conradi et Carisch attribuent à gialgiard seulement la signification de « fort, vigoureux « et de « brave, courageux ». La dernière convient très bien ici à mon avis.

— Hveigiar, « aiguiser, » n'existe pas dans notre mystère ni ailleurs, que je sache ; l'éditeur Ta forgé sur un prétendu participe hvetgiâ qu'il faut tout simplement lire avec l'imprimé et le ms. hvet giâ et qui signifie eut déjà, — L'étymologie d'inguotia est nec-gutta (Ascoii, Arch. gi I, 57I, car il n'a jamais besoin d'une négation. — Larck a aussi la signification de « largement, beaucoup » (p.-c. 772, 845 j. — Magunia signifie « chagrin, crève-cœur », et n'a rien à faire avec « méhain ». Il se rattache à magan^ * estomac », d'où est aussi dérivé le verbe magunar, « avoir mal à restomac », nauseare^ qui se retrouve dans tous les dialectes ladins et italiens (du Nord] iDiez, I, magone; Mussaf. Nd. It. Mda., magone).

— Sttgiar 4 monter n doit être lu sligiar \v. la collation plus haut). Il s'agit de détacher (et non pas de monter] le bélier qui s*est embarrassé avec les cornes dans un buisson. — Schdrualgiar signifie toujours «« réveiller », c'est *ex-de-re-vigilare. — Schgrisch' n'est pas un substantif, mais la ?' pers. sg. de l'indicatif présent du verbe schgrischar ou sa schgrischar, o s'épouvanter ». — Carisch traduit schianar par « stechcn, das Blut ablassen m; c'est « couper la gorge », l'étymol. étant * excannare, ît. scannarcy le mot devrait donc se trouver sous la lettre S, puisque Vs et le ch sont ici deux lettres séparées. Je n'approuve pas du reste cette séparation de S et Sch^ parce qu'elle repose sur une écriture tout à fait arbitraire. Ainsi l'éditeur aurait dû ranger le même mot, sligiar 89 j et schligiar moi, une fois sous la lettre S, et l'autre sous ScA, parce qu'il est écrit de deux manières différentes. — Ta^idr signifie plutôt n écouter, prêter Toreille » 'cf, ail. mercken, aufmercken), — Tschunck est tiré du V. tschunchar (Diez, II, a. cioncare\. — Zuock est l'ail. Zug signifiant < respiration », 'n il plu davo zuock est la traduction littérale de in den Utzîen Zûgen ^ « aux abois ». — Zuond parait être l'allem. besonders^ prononcé bsundcrs dans la Suisse allemande.

Jacob Sturzincer.

ttomania, X 17

Unterstichiing^ ûber die Ghronlqae ascendante nnd îhren Verfasser, von Hermann Hqruel. Marburg, Elwert, 1880^ in*8\ $4 p.

Dans celte brochure Tauleur rapporte d'abord et discute (trop longuement) les opinions des critiques qui Font précédé, après quoi il expose la sienne : la t Chronique ascendante • est bien de Wace, mais eîle n'est ni te prologue ni Tépilogue du • roman de Rou » ; c'est un ouvrage â part, que Wace a composé plusieurs années après celui-là, et qui est au fond une biographie de Henri II avec l'addition, sur ses prédécesseurs» de renseignements ayant un caractère purement généalogique. J'ai exposé ici tout récemment (IX^ ^98-601) une opinion différente; M. Hormel n'avait pu encore prendre connaissance de mon article quand il a publié son travail. Ce travail ne modifie pas ma manière de voir : il reste évident, à mon sens, que les vers du début de la • Chronique ascendante 1», où se trouve l'éloge commun de Henri II et d'Aliéner, et les vers 62-93, °^ '' "* P*'"'^ ^^ *'^8* ^^ Rouen en 1 174, n'ont pas été composés à la même date ; ce dernier morceau est une interpolation de l'auteur, analogue à celles que j'ai signalées dans fa partie de la Geste des Normani écrite en octosyllabes, et â celles qu'on pourrait tout aussi bien relever dans la Galt des Bretons ou « roman de Brut. » La « cîironique ascendante » ayant, sauf cette interpolation, été composée en 1 160, est le début même de fa Geste des Normanz (première partie), qu'elle résume d'avance en ordre inverse et à laquelle elle renvoie à plusieurs reprises, M. H. termine sa dissertation en mettant en regard les passages correspondants de la « chronique ascendante » et du t roman de Rou ». Cette jtiKtapositàon, qui met hors de doute à tout le moins l'tdenlité d'auteur pour les deux ouvrages, n'est pas sans intérêt ; mais il aurait été plus utile encore de relever les quelques passages où Wace en dit plus dans la « chronique ascendattte > que dans le 0 roman de Rou » (cf. Rom. IX, $26).

Betontes ë + i nnd 5 + i in der normanalsclieii Mnndart. Dissertatio inauguralis quam scrtpsit Paulus Schdlzke. Halis, in-S', 1879, 37 p.

Le travail de M. Schulzice se compose de cinq paragraphes d'inégale Ion* gucur et d'importance bien inégale ; dans le premier (r-jo), il examine le traitement des groupes e + 1 et o + i dans le jrancim (le dialecte de l'Ile-de-France

(ao-it)âèMCelefti le mniÊÊà wk^mmii la 4en ieraîas pMjyjyfcts ti irtiar de i + i cf i ^ i d» tes «akçls ée b FrMce «gfc ittii <| i-|g) «t éMscnx deFEst i}i>-n)- Je w éni rîa da pjgjyjpfce 5, ce l'est f«*aae très csvte es^ùsKiTsas^et Uâlè ici Biae (V, 64^ par M. Ttow m Je ■'kaûlaaî pas tecosp fias s«r le yaifîêae pangrapbe ; f Miesr, wtuai de soa aîtf, y sik les 1 tiom ds ëen fraspes ^1 todie ins dmss ■»wrtft (TorisBe laie el arme i celle foirliioB qae das ces tertes I <f i a • ^ i soac tnilis iPMiitjii casae dus le prèleBdi wraaad aénAosiL Je Jincu si prcBiv paragnpke. (^ aost devcns i-¥ï^^'¥\ dMs le /«adar os k ftsac» piapRwm «L? IL S, «tadutf ^ et I d» liMlo la caahinsaB oè ib Mt imnè^teBeat oa arfJiatffi sains de i oa d*Bae Loaioii ^ doaae nîssaace â i, Boalrc, ce ^ ctah prèm, ^«e daas loaies saas esocplîaa il a'ctf sorti ■ aa tcaps liisiorVjae » qae t de ^ -h i et « de » -f i daas bkaacaàs pr»- 1 preaKat dit. Cette cipiaitioa est brt bèea fuie ; ie Rprocfccfai scabaKai i rjttair de faire toir )Wife de >tear et teit de «baa; ^mi ft afaaa JHiieat dosé fi^ A àml, 3t Te^ageni aassi i féiédiir sar b théorie des gattanies, et i ae pas coafsadfe. ccmse H b bh p. 7. b pabtak a««c b vébire. Ccsi daas le seooad paragnpW qae H. S. aborde lealeaicail i vrai dîrv soB siyet : b traibacat de^-l-ict deA + rdaaib aorMad, M. W. Fanler avait esujé de dteoatrcr ^ae dans ce dialecte ces yuupu oat doaaé respectneaeat iâ «t (aoii aci, triphitoagaes anènaies plas tard ea diphla^aii, nais qnHi bndrait rètaUlr daas les aadeos textes poar avoir b htmt \ cnptayée ^ les potes aoraaads. De Pexanf n mentif de trcbe différents, IL S. coactet qae ea aomaad, toat awaie ea baacaîs, # ^ t ctt o -i- i 001 doBoê mpa.ti»caitm i et ai, ce «(ai coairedit b Maaière de voir de I M. Forrsier. Mais qae deviennent ces groupes dans b Romsa du JÉbnr Sêêmê' Mkkel et dans le Lan da nunàres, textes qae M. S., — je reviendrai loat de Mlle SUT ce poioti — regarde comme nonnandj wèrîdioaaa»? là b qaertâoa ta plas coaj^itqoèe ; ane étude minatiease de ces deox textes aMxiIre, ea eisl, qtxe dans !c premier texte ^ + « est représenté par U, «, i ou in ; i + i par •», n, ou, a ou ra ; que dans le second ê + i donne u\ r, 00 i ; ^ + i, ao conlnire, «, < on ai. Cette naltiplicité de formes a fait supposer avec raiso» i M. S. qa'dbs venaient pour la plupart des copistes, et un travail très ingèaieax aaqad il s'est livré pour retrouver parmi ces {orm» diverses cdliïs qui étaient hica iBtbentjqoes et dont avaient dû réellement se servir les auteurs dn Roma éê Mmâ Sâud'Mtchil et du Lnrc da m^uera l'a amené en défoiitive i adaeltre qae b poète do Roman avait employé seulement ui ou n : «a, cdoi da iÂrvi ia ÊHênàrcSt ei: et; ce qui donne en partie raison i M. Fœrster, et semNe îa<tiqoer en même temps qce les deux textes que M. S. a ainsi rapprochés ne sont pas écrits dans le mène dialecte. Et id je toodie au cAté bible de la théorie de M. S. : c'est le peu de souci qu'il a eu de rétablir sur des bases solides en faisant un choix rigoureux parmi les textes qu'il interrogea iu Ainsi

I parmi les monuments du normand il place Gormund^ qui est un texte picard ; il me paraît aussi attacher trop peu d'importatice à l'origine des manuscrits qu'il a consultés ou d'où sont tirés les textes qu'il étudie ; comraenl peut-il en effet, s'ils n'ont pas été écrits en Normandie, s'en servir pour une classification des sous-dialectes normands ? La plupart des monuments sur lesquels il s'appuie ont été sinon composés, du moins transcrits en Angleterre, ils ne sauraient dès lors servir i la connaissance de l'idiome parlé en Normandie. Je serais bien désireox de savoir aussi sur quoi se fonde M, S. pour diviser le dialecte normand en normand proprement dit et en normand méridional ; il est incontestable qu'il y a et qu'il y avait dès le moyen âge des différences nombreuses entre le parler de la région septentrionale et celui de la région méridionale de la Normandie; mais celles que relève l'auteur sépareraient plutôt la région orientale de roccidentaJe, El puis qu'est ce qui doit constituer à vrai dire le domaine du normand méridional? Il va de soi, ou cette dénomination n'aurait pas de sens^ que c'est la partie sud de notre province, c'est-à-dire le Perche, la campagne d'Alençon, le Houlroe et l'Avranchin ; de tous ces pays, M. S. ne paraît faire entrer que le dernier dans le domaine normand méridional ; i) est vrai qu'il y place h territoire de Rennes et de Fougères, qui * n'appartiennent plus politiquement â ta Normandie, mais à la Bretagne » ; voili une méprise qui risque de surprendre autant que de mécontenter (es habitants de cette dernière province. Plus loin M. S. nous dit très sérieusement qu'il c est difficile de découvrir si le dialecte des îles de Jersey et de Guernesey se rattachait à celui du sud ou du nord de la Normandie », et il se croit obligé de rechercher aussi si le patois de Rouen ne serait pas du normand méridional. Est-ce que, si la classification de M. S. est fondée, la question n'est pas résolue géographiquemenl? J'ajouterai que l'idiome de Jersey et de Guernesey ne diffère que par des nuances de celui du Cotentin, et que la Musc normande de L. Petit, consultée par M. S,, ne peut faire autorité comme texte de langue. Enfin |c demanderai i l'auteur quel est ce mot /«f, • la seule forme du patois actuel de la Normandie méridionale • qu'il ail trouvée ? S'il avait lu plus attentivement VÊtutli sur la poisic populaire de M. de Beaurepaire, il aurait vu que ta chanson oii se trouve ce mol singulier n'est nullement donnée comme normande. Encore une question, au risque de passer pour indiscret ; comment se fait-il que le Roman de Rou et le Bestiaire divin figurent à la fois parmi les textes normands proprement dits et normands méridionaux ? Est-ce que M. S., en voulant ainsi tirer des mêmes textes les caractères de dialectes qu'il suppose différents, ne condamne pas luimême la diversité prétendue de ces dialectes ? Je terminerai par une simple remarque : p. 27, la rime mitie : Ht du Roman du Mont Saint-Mkhd est remplacée par mttiu ; lié ; cela n'est pas inadmissible, seulement je ferai observer que dans les idiomes de la région occidentale de la Normandie, tcu se réduit à lè et que par conséquent mitté : lu pourrait bien ne pas avoir besoin d'être modifié. P» jo, M. S. change la rime Guernerie : oie en Guerntroti : oei ; cela est ingé* nieux ; mais |e fera» encore observer: i" que ù + i donne dans le patois actuel de Guernesey i^, ce qui suppose une forme plus ancienne ieu = ioei 2' que Jersey dans le patois actuel s'appelle Jerni^ ce qui pourrait bien justifier la

Levy, Guilhm Figaeira; Von Napolskî, Pont de CapdaoUl 261 forme Cuernerie pour Ciurnesey*; il semble dès lors qu'il serait plus exact de laisser le premier mot sans modification et d'écrire le second io€.

Charles Joret.

Gnilhem Figtieira, ein provenzalischer Troubadour, In augurai -Dissertation..,, von Emil Levy, 1880, Berlin, Liebrecht. Gr, in-8", 1 12 pages.

Leben nnd 'Werke des trobadors Ponz iie Capduoill« von Max von Napol6kj. 1880, Halle, Niemeyer, In-8% \^2 pages.

Depuis que M. Bartsch a publié à la suite de son Crandriss dtr prownzatischen Uuratur une table commode, sinon toujours exacte, des poésies des troubadours, les jeunes romanistes allemands, en quête de sujets de dissertation, eotreprennent volontiers de traiter de b vie et des œuvres de quelque troubadour Ils sont séduits par les circonstances en apparence avantageuses dans lesquelles le travail s'offre â eux. Les sources de la publication leur sont indiquées par le Crundrisi^ les principales données historiques sont en général fournies par les Uben und Wakc dcr Troubadours de Diez; des notes de cours et l'aide de leur professeur leur donnent le moyen de remplir le cadre tracé d'avance, et c'est ainsi que peu à peu les anciens poètes du midi de la France sont l'objet d'éditions séparées, en attendant l'édition générale à laquelle M. Bartsch travaille depuis longtemps. Le bénéfice qui résulte pour les études provençales de cette façon de procéder est plus apparent que réel. Les poésies des troubadours sont d'une intelligence difficile; elles soulèvent une quantité de questions, les unes linguistiques, les autres historiques, qu'un débutant n'est guère en état de résoudre. Aussi, parmi les nombreuses dissertations relatives aux troubadours qui ont paru dans ces dernières années,, en est-îl peu qui s'élèvent au-dessus d'une honnête médiocrité. On nous excusera donc si, dans la plupart des cas, nous nous bornons à les annoncer dans notre chronique.

Le travail de M. Levy sur Guilhem Fïgueira mérite toutefois mieux qu'une simple mention. C'est l'œuvre d'un homme intelligent,, capable de construire un raisonnement, et sachant présenter sa pensée sous une forme claire. Ajoutons que le troubadour qu'il a pris pour sujet de sa thèse compose en un style commun et facile où les difficultés d'interprétation sont rares, que cependant certaines pièces peuvent donner lieu à d'intéressantes recherches, l'ensemble étant assez bien approprié â un premier essai.

Le bagage poétique de Guilhem Pigueira se compose de dix pièces, à savoir une chanson amoureuse (n' \), fort ordinaire à tous égards, cinq sirventés U-4i 7), deux exportations à la croisade |i, 6}, et trois suites de couplets échangés entre lui et d'autres troubadours (8m 0). Entre ces diverses compositions ce qu'il y a de plus saillant, ce sont les sirventés. Le n" 7, qualifié de

I. Ocue forme existe d'ailleurs, et M. L Havet Ta relevée (BMoth. de VÉcoU du eharta, 1878, p, aoi).

- ■ ■ ' ' !ui-raémc, esl un éloge de l'enipercur Frédéric II, les autres

^ contre l'Église et les Français, alliés de celle-ci dans la lutte contre ie comte de Toulouse Raimon VII. Ces pièces, par l'esprit qui les] anime, par les invectives violentes dont elles sont remplies, font penser à Peire Cardinal, mais la comparaison n'est pas i l'avantage de Guilhem Figueira. Chez Canlinal, la pensée est plus forte cl plus condensée- l'invective, non moins constante que chez Figueira, est soutenue par un sentiment élevé du droit et de la luxlicf , l'expression aussi est plus vigoureuse, et le trait mieux aiguisé. La vii»lcncc monotone de Figueira fatigue, et son célèbre sirvcntés (n" 2) contre Rome est une ennuyeuse rhapsodie.

Figueira fut le contemporain de Cardinal, mais sa carrière poétique fut moins longue. Il est possible d'en déterminer à peu près les limites. Ce que nous appre-< non» d'essentiel par son ancien biographe se résume en ceci que G. Figueira, natt( de Toulouse, dut quitter cette ville lorsque les Français s'en furent emparé» (firan h Frances agron Tohsa) pour se réfugier en Lombardie. M. Rajna a pt-nsé que le moment indiqué par la biographie était celui où le traité de Meaux u ♦îo) mit en fait le comté de Toulouse dans !a main des Français' ; M. Levy iToit avec VHutoin Unhairt (XVIIl, 652) qu*il s'agit de l'occupation réelle et complète de Toulouse qui eut lieu après la bataille de Muret (12 « j-i 2 j6). L'une et l'autre opinion peut se soutenir, sans toutefois qu'aucune des deux soit lUJCfptible de démonstration. Car^ si l'interprétation adoptée par M. L. s'accorde miput avec la lettre du texte, il semble d'autre part que le sirvenlés contre tRomr a dû être composé dans te Toulousain plutôt qu'en Lombard ie, et ce 'llrvrntés est sûrement postérieur à la mort de Louis VIII, c'est-à-dire à l'année iaj6 (cf. Levy, p. 8-9). Les pièces elles-mêmes, par les allusions histoflquei qu'ellm renferment, fournissent des données chronologiques plus précises ijMe la biographie, ce qu'on peut du reste constater pour maint autre troubadour Cts données conduisent, d'après les recherches de M. L. 'p. 2-j), à irMl^rmer la carrière poétique de Figueira entre les années 121 ^ et 1245, ou Hvlron, c;ir la pièce n" 1 , qui est une exhortation à la croisade, ne peut guère rapporter qu'à la première expédition en Terre Sainte de saint Louis. Les l^frtonnagcs avec qui notre troubadour s'est trouvé en rapport, ou {\n*'û men- <l«»«n#, ne laissent pas d'être assez nombreux eu égard au petit nombre de |tiik*« qii* nuiis avons de lui, et il y a li quelques indications biographiques à ^.Intri lant pour l'histoire de certains de ces personnages que pour celle de l'if.'uro»i lui-même. L'une de ses poésies (n» ij est adressée au comte de |>.mI.m«« Raimon VII; une autre (n« j) à Blacas, deux à l'empereur I I. ,h'i(«" (M«" 6 et 7I. Dans la pièce n" 7 est mentionné, à l'envoi, un certain I (lutl qiMhflè de btlhs mus : c'est selon toute apparence le troubadour de ce nom df qm un pDsièdr une tenson avec Falconel^, et qui, à en juger par cette ♦»Mutii», v*v*H en Italie, Enfin les couplets satiriques échangés entre Figueira,

\ \< de Pf^ulhan, Rertran d'Aurel, Lambert (n'» 8-io|, ont aussi leur inté-

\i\ litot4riiph(i|uc. Ces couplets ont été de la pan de M. L. l'objet de recherches

Il Vty. CiMHéi* ai fihiogié romanza, 1, 88. I. U t«it« «Uni llerrtg, AnHiv, XXXIV, }8).

Levy, Cuithem Figueira ; Von Napolski, Ponz de Capduoill 26} ^têressantes (pp. 9-12). U en résulte d'abord que le Figera qui figure dans le va. J207 du Vatican comme auteur ou destinataire de tel ou tel de ces coupleli n'est point différent de notre Guilhcm Figueira; puis, qu'en ces vers (n* 9, coupL t) : Bcrirans d'Aurel s'aucizia* \ N'Auzers Figerai deptor, il faut ïoir dans Auzen et Figera les noms de deux personnes différentes, le premier au cas sujet, le second au cas régime. Cela semble de toute évidence, mais néanmoins on s'y était trompé, et depuis Raynouard jusqu'à M. Bartsch en son GranJnss. on admettait l'existence d'un troubadour appelé Auier Figera. Ces résultats ne sont pas sans intérêt : les couplets en question nous montrent que Figueira était un personnage fort décrié, ce qui confirme le dire de l'ancien biographe ; c No fo hom quets saubes cabir entrels barons ni entre la bona « gen, mas moût se fetz grazir als arlotz et a las putans et als ostes et als

• lavcrners. » Atizer (plus correctement Augicr) qui, d'après l'un de ces couplets (no 8 ^1 et d'après des vers de Sorde! rapportés fort à propos par M. L. (p. tt-3|^ se livrait à des voies de fait contre Figueira, ne valatl peut-être pas beaucoup mieux que son adversaire. Enfin Bertran d'Aurel iouait aussi du couteau à l'occasion (voir le n<* loU Us étaient donc^ là dans quelque ville du nord de l'Italie, toute une société de Iroubadours-jongleurs, plus mal élevés les uns que les autres. Ceci posé, je me risquerai à ajouter aux résultats bien établis par M, L. une conjecture, touchant une pièce dont, sauf erreur de ma part, il ne me semble pas qu'on se soit guère occupé. Il y a dans le ms. fr. 1749 an lea-parti dont tes interlocuteurs sont Bertran et Augier, et qui a pour sujet ta question de savoir s'il est préférable d'être jongleur ou d'être larron*. Elle commence ainsi : ■ Bertran, vous qui alliez ha bttueilemetil avec les larrons, enlevant c boeufs, boucs, chèvres, moutons, porcs, poules, oies, chapons, vous qui avez

• été glouton et voleur, dites-moi votre avis : quel métier est le plus honteux : € celui de jongleur ou celui de larron ? » Bertran répond qu'il préfère être larron. M. Bartsch, dans son GrundrisSf a imaginé que les deux interlocuteurs étaient Bertran de Laraanon et Guillem Augier, attribution assurément bien invraisemblable, si on considère que Bertran de Lamanon était un homme de haut rang. N'y aurait-il pas plus de probabilité à identifier ce Bertran et cet Augier, i*un et l'autre très chétifs personnages, avec le Bertran d'Aurel et l'Augier que nous venons de voir en rapport avec Figueira? Remarquons que celte tenson a exactement la même forme strophique — et c'est une forme très rare — que les couplets échangés entre Guilhem Figueira et Aimeric que M. L. imprime sous le n** 10, à savoir trois vers de onze syllabes et quatre plus courts. C'était donc une forme qui courait dans ta société assez peu unie des jongleurs provençaux ou toulousains ré^giés en Italie.

Revenons à Guilhcm Figueira et à l'édition qu'en a donnée M. Levy. Il y aurait à examiner rintroduclioti, le texte et le commentaire. Je me bornerai, pour ne pas étendre cet article outre mesure, et un petit nombre d'observations. Je passerai rapidement sur la partie de l'introduction où il est traité de la vie de Figueira, ayant plus haut rendu justice aux recherches que l'éditeur a con-

î- Aueizie, c^^x\ manque dam le ms., est une bonne restitution due I M. Tabler, a. Le texte tjnprimé dans Mahn, Ced. d. Troub., n* ^34.

264 COMPTES-RENDOS

sacrées â cette partie de son sujet. Il y a çà et là de l'inexpérience dans le choix des ouvrages oh M. L. puise sa science historique. Ainsi, lorsque pour les événemenls dont Toulouse fut te théâtre en 1216, on a le récit si détaillé et si vivant de la chanson de la croisade albigeoise, c'est vraiment avoir la main malheureuse que de citer cette phrase ridicule d'un historien du siècle dernier : « Foulques (révéque Foiquet) était la furie cruelle qui secouait ses flambeaux « sur un peuple trahi par lui seul. » Pour la pièce i, j'ai déjà dit plus haut que M. L. en aurait pu préciser un peu davantage la date s'il avait remarqué qu'elle est du temps où on prêchait !a première croisade de saint Louis (124J à 1247). L'allusion de la première strophe aux dissensions existant entre le pape et Frédéric M indique la même époque. Quelques recherches sur le nom, ou plutôt le surnom, de l'auteur, n'eussent pas été superflues. Le nom d'arbre, figueira, a été très peu employé comme surnom ; et parmi les très rares exemples que l'on peut signaler de cet emploi, l'un appartient â Toulouse, patrie de notre Guilhem. Je trouve parmi les membres du chapitre de Toulouse Arnaut Figueira en 1102 < et en 12142, Bernarl Figueira en i 221 ^. — Les pièces les plus caractéristiques de Guilhem Figueira étant des sirventés, M. L. a voulu dire aussi son mot sur te sens et l'étymologie du nom de ce genre poétique. Il y a là, comme on sait, une question qui a été controversée dans ces derniers temps. La Romania* a déjà repoussé Topînion émise par M. Rajna, qui adopte l'explication présentée par ïa Docîriaa de compondn dktats^ d'après laquelle le sirventés, poésie composée dans la forme et pour s'adapter à la musique d'un chani antérieur, serait ainsi appelé, parce qu'il est le serviteur du chant dont il adopte la musique et les rimes [Romania^ Vl, j^S). C'est là l'explication d'un grammairien qui veut justifier par Tétymologie les règles en vigueur de son temps. Il n'est pas certain, d'ailleurs, que les sirventés aient toujours emprunté leur forme à une composition déjà existante. M. L. rejette avec raison cette ingénieuse mais invraisemblable étymologie, remarquant que l'imitation d'une forme antérieure n'est point te caractère essentiel du genre en question. Il montre aussi que sur un point au moins , robligalron de donner au sirventés autant de couplets qu'en a la pièce prise pour modèle, la Docirina est dans l'erreur, ce qui diminue d'autant l'autorité de son témoignage. Jusqu'ici, tout est bien : ta partie négative de la discussion à laquelle se livre M. L. est irréprochable; mais, dès qu'il arrive à la partie positive, je me sépare de lui. M. L. se range à l'opinion exprimée par Diezet adoptée par M. Bartsch", que le sirventés est une poésie faite pour le service ou pour la louange d'un seigneur. Cette définition., outre qu'elle a le défaut de ne convenir qu'à un très petit nombre de sirventés, pèche en ce qu'elle rattache le terme en question à servir au sens de « être au service de.. » Je rattache, avec G. Paris, dans l'article cité plus haut, sirvcntis à sirvmt au sens de • soudoyer », de a sergent •. Le sirvenUs est originairement une poésie composée par un sirvènt^ comme gihsesca

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