‹ Romania (volume 2)Chapitre 146 sur 282 · ESSAI DE PHONÉTIQUE ROUMAINE 54C · texte numérisé non relu

ESSAI DE PHONÉTIQUE ROUMAINE 54C

so ' au singulier. Comme les formes /o, so étaient frappées d*accent, on a eu tâf sa et ensuite tâa, sâu, où la finale u s'est ajoutée, soit par Tanalogie de mieû (de meusi, soit parce qu'elle y marque le genre masculin. Il va de soi que les pluriels foi, soi sont devenus lài^ sai sous l'influence du singulier. Pour le féminin toa, soa (de tû a, sua), il est devenu aussi tàa, sâa sous l'influence du masculin ; mais ensuite, comme le roumain ne peut pas supporter un a devant un <j, on a eu ta^ sa.

Le changement de o tonique et final en â ne saurait être antérieur m X" siècle, parce que les mots magyars qui sont entrés en roumain et qui présentent un o tonique et final ont subi le même changement que l'élément latin. En voici une liste que j'extrais du dictionnaire de M. A, de Cihac [ÊUments étrangers slaves, magyars, etc., p. 471-^40) : magyar hord<3 ^tonneau) roum. Wr^ilu (baquet)

ulô ^en cl urne) —

mingalô (calandre) — reszelô (râpe)

s u 1 1 ô (perça lucioperca) —

16 (étang) —

h a 1 a s 1 6 (riche en poisson) —

bak<5 (bourreau) —

tsallé action délier) —

kop6 (chien de chassci —

fogadû (hôtel} —

s a r a m p ô (palissade) —

bir6 I possesseur) —

felezô Irâcloire) —

hajtà (batteur, traqueur) —

furdô ibaini —

h â l <5 1 â r (compagnon de lit* — etc.

ilâu

màngâlâii

ràzàlâa

lalâu

tia

hâlàstàu, hde^Uu (étang)

bac au dans une seule ex-

pressionf ccatlâu (garrot, rondin | càpâu, de nos yours copou fàgâdâu ^arampàu

bit au (prévôt, juge) fekzâu (espèce de balai) haidâu

feredâu, jertdeu haialin (amant)

etc.

On a ajouté un u à la fin de ces mots comme suffixe de la déclinaison

I. C'est quelque chose d'analogue aux formes fo, so^ de t'ancicn espag;iTol, qui sont devenues lu^ lu dans la langue moderne. — De nos jours on dit en roumain : jrautOy latà-so, socru-io, moiu-mio (mon oncle) etc., mais ces formes atones mio, /o, 50, sont récentes, et ne se rencontrent pas dans l'ancien roumain. Elles dérivent certaincmenî des formes tu, su que M. Cipariu (voir Gramatica limbu romane, I, p. 2^6) a trouvées dans la bible de Bucharest (1680). L'ancien roumain employait le plus souvent le pronom possessif absolu, même après des noms de parenté \zommt }r au ^ talû, vâr, socra etc.) : socru-sm, ncpolU'Sau etc. (voir CuvenU dm Batrtni, I, p. $7, 101, 424, l'Archiva utorica de M. Hasdeu, ni, p. 264, 266, 168, 276).

^50 A. LAMSRIOR

masculine ' . De nos jours les mots français qui se sont introduits en roumain et qui se terminent en â {= eau) , gardent cet o intact, tout en ajoutant un u, signe de la déclinaison masculine :

cadeau roum. cadéu

tableau — tablâu

plateau — pkîâu

bureau — biurâu

trousseau — trusâa

etc. etc.

Il s'ensuit donc qu*à une époque postérieure au x' siècle et antérieure

à tout monument écrit en roumain (car dans les plus anciens monuments

de la langue ce phénomène se préseme tel que nous îe connaissons de

nos jours), tout o final et tonique est devenu a^, — Si notre démons-

t. C'est là l'origine du suffisiÊ roumain au, qui sert â former beaucoup de mots avec des éléments soit romans, soit étrangers, par exemple : De mineure (ma n duc are) on a mt/icàu (gourmand)

— Itngtrc (lin gère) — iingàa [tiatleur, vif courtisan)

— nmgt (ni tî gère) — ningau (mois des neiges, décembrel

— jreca (fricare) — Jrecàu (frottant, frolleur)

— taipu (magyar t a l p := semelle) — talpàu (rustre, grossierl

— fal^ iéclat, du vsL h va la = laus) — /«/au, falàu (fanfaron)

etc. elc,

Quelquefois le primitif est perdu, ainsi : Jlnoiu (garçon) vient du vsl. nlakû = célibataire, qui n'existe plus en roum, nnidftiu (rustre, niais, sol) vient du niot perdu nàtara (du lat. oatura) Ccûhhui (nom de la plus grande montagne de la Moldavie) vient du vsL cehlû = voile, par l'mterinédiaire d'une forme roumaine qui est perdue, etc. Le suffixe nu s'est enrichi d'une / et a donné naissance au suffixe lau, qui sert souvent à former des péjoratifs, par exemple : De tonl (esç. port, tonto) on a fait tontàlau (nigaud, sol)

— mosl (simple, ignorant, vsL p ro s tu = simple) on a fait prùshihia {grand sot)

— baba (vieille femtne, vsL baba) on a fait bumlnu ipareii à une vieille femme)

— cioc (trognon, vsl. cok = tronc) on a fait dûcalâu (trognon)

— caca ^it. cacca, esp. port. prov. fr. caca] on a fait akàlàu (ordure, saleté)

etc. etc.

Il va de soi que cet enrichissement du suffixe au lui vient des mots oîi le radical contient un /, comme mdngtUau, iVàu, ràzàlàa^ aatim, halalàu etc., phénomène qui est assez fréquent dans toutes les langues.

2. Un (ï final du roumain de nos jours, tonique ou atone, était représenté en ancien roumain par un o, tomes les fois qu'une voyelle labiale fo, a) le précédait : ' ' roum. de nos jours

/ni

phit (plouâ) nott (noua) noà (noua) doà (douîj noà (nouâj roà (roua} VnJuâ (vâduv3) etc.

La question est si, d*un côté, Vo tonique de tuô est le même o que celui du

toniques

anc. roum.

levavit

luù

pi ûvavit

phé

nova m

noo

novera

aào

duo

iôo

nobis

nâo

ros-rorem

rôo

vlduam

mdao

etc.

elc.

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