ESSAI DE PHONÉTIQUE ROUMAINE JJI
tration est bonne, il est plus logique d'admettre un type cantô^ qui est devenu cîntâ. que de supposer, contrairement aux lois phonétiques du roumain, le changement de cantd (cantavii-cantal en cintâ ; et cela d'autant plus que notre hypothèse a pour elle l'accord des autres langues romanes.
C'est toujours par un o provenant de la dîphthongue au (soit organique, soit produite par l'analogie; qu'il faut expliquer les monosyllabiques /i, dâj stâ, fa txvâK Et en effet /<ï, Y personne du singulier du prés, de l'indicatif du verbe lavare, ne peut pas venir de lavât, car cette forme, en vertu de la loi que nous avons constatée \Romama IX, ^70, note)» aurait donné lavai — laiia — là et jamais la. Si nous examinons la 3' personne du pluriel lau, nous voyons qu'elle ne peut pas non plus venir de lavant, qui aurait donné là [la van î — lauà — Id]. Le fait est qu'il y a eu pour ces deux personnes un changement de conjugaison, 1 a V a n t a été remplacé par 1 a v u n t, 1 a v a t par lavil (ce changement eut lieu sous l'influence du participe passé la ut us, qui est devenu iâm), La j* personne du singulier I a vit est devenue là en passant par lavt — laut — lo — la; la l'e du singulier lavo et la }* du pluriel lavunt ont abouti aussi à hm; mais au n'est pas devenu 0, parce quil n'était pas fmal à l'époque de ce changement. Car on sentait encore un u, qui provenait, pour la i'** personne, de 0 (lavo) et pour la j** de u tlavunt) ; u qui, même après la contraction (lavo — lauo — la\m — /au — /au ; la vunt — lauuni — lauu — lau — lau], était considéré
prétérit (avt — au — 0), qui se serait conservé sous rinfluence attractive de la labiale précédente ; ou si cet 0 provient de d sous une influence postérieure des voyelles labiales sur les voyelles obscures. D'un autre cùté 10 final atone marque-t-jl une étape des transformations par lesquelles a passé \'a atone final avant d'arriver à à de nos jours, ou est-il seulement ie résultat de l'action postérieure des voyelles labiales sur les voyelles obscures r* Ce sont des questions que nous ne poumons aborder ici sans entrer trop avant dans le domaine oe l'o. Notons seulement que sous l'influence de Tanaloeie des autres prétérits {lâudà, ctnlâ etc.), plo**. luà son! devenus ploà, luà \2U XVlil® siècle ; et sous l'influence des substantifs féminins terminés en n, les mots : dôo, mio, réo etc. sont devenus doà, nou, roà etc. Nous reviendrons sur ces mots, quand nous parlerons de 0^ pour expliquer pourquoi à côté de dôo^ nôo^ rôo etc. on a des fois dans les vieux livres doao, roao, noao etc.
I . De ces cinq monosyllabes les trois premiers, /a, «/«, stU, sont en même temps des présents de l'indicatif et des impératifs :
ià (il lave, lave)
dà (iJ donne, donne)
sta (ii reste, reste) et les deux autres ne sont que des impératifs :
/« (fais)
va (vas) De plus le dernier, va, est le seul reste du verbe vadere qui existe en roumain; encore ne se trouve-t-ii qu'en ancien roumain.
1^2 A. L\MBR10R
comme suffixe de la r* personne du singulier et de la j* du pluriel (credû représente en anc. roumain aussi bien credo que creduni).
Les verbes dao (pour do|, siao (pour sic), vao (de vado)» ont dû se conjuguer à ta ?« personne du pluriel : daunt. slaunt, vaunl', formes qui sont représentées en roumain part/jû, staû; pour vauntnous n'en avons plus de trace, comme ;" personne du pluriel. Dansidtï, stau, nous trouvons un traitement pareil àceluide/aiî ilavunti, leu (lévunt pour levant), au ide habunt pourhabeni) ; car, en roumain, les verbes de la 2« conj. comme videre, tacere etc. sont traités, à la 3* pers. du pluriel, comme les verbes de la 3' conjugaison, credere, dicere; de sorte qu'on a y^^ = vïdeo, vident; îac =taceo, tacent, à côté de crcd = credo, credunt, xic = dico, dicunt, etc.) ; ce qui nous confirme l'idemité des conditions pour tous ces verbes dans le latin populaire. Maintenant si nous avons à la i* personne du singulier da^ stà^ va à côté de là et si U part de lavt — but — lo — là, il faut admettre que d^^ 5fi, vs partent aussi de *daut, *staut, 'vaut, formes refaites sur le pluriel daunt, siaunt, vaunt, qui sont devenues d'abord do^ sîo, w, et ensuite <fj, sîd, vii.
L'impératif/^ ne vient pas du latin classique fac, qui aurait donné en roumain fa ; mais de même que d<i, $<«, /J, vd partent de types comme daut — do, staut — sto, faut — lOj un type faut, fait sur la ^^ pers. du pluriel faunt (dont l'exisience est attestée par d'autres langues romanes), a donné en roumain /fluf — jo fn. Il est vrai que ce que nous venons de dire n'explique qu'une Y personne du présent de l'indicatif, /ï, qui n'existe plus en roumain, étant remplacée par face (faciti, et non pas l'impératif /«. Mais si nous considérons que la 2f pers. de l'impératif singulier est, en roumain, pareille à la 5* pers. du prés, de l'indicatif dâudà = lauda ei laudati, et que la plupart des verbes en question sont de b 1^" conjugaison, lavare, stare, dare, nous aurons d'abord les impératifs <ifï, sUy Ui pareils à la j" pers. du prés, de l'indicatif, et ensuite par la force de l'analogie jâ et W, qui n'étaient que des formes de la 2* pers. de l'indicatif, sont devenus aussi des impératifs. Plus encore : à ces deux derniers il n'est resté que le rôle d'impératif.
I. Voir Remania IX, p. 167, où M. G. Paris suppose ) existence dans le lat. populaire des formes
stao — staunl
vao — vau nt
dao — daunt
dao — faunl p. facuni.
Cette supposition est d'autant plus fondée qu'on ne saurait expliquer autrement les (ormes roumaines dau, slau, etc.
moldave de nos jours.
muiere giunghiere privighien-privighere
ingtmnch'uTc — ingenun-
chere taiere înviere subtiere
etc.