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ESSAI DE PHONÉTIQUE ROUMAINE

anc. room. et valaque. moldave.

încredinldl incredin\ài

încuviin\ai incuviintai

a§€zai aiezài

mais si ^ est précédé de $ on a :

anc. roum. val. mold. litt. moldave pop.

înfàiai infa^ei > infi^ài

îngroiai îngro§ei îngro§ài

etc. etc. etc.

c] Les participes passés des verbes en question subissent en moldave la même modification, exemples :

valaque et anc. roum. moldave.

tàiat tàiet

giunghiat giunghiet

muiat muiet

tmprà§tiat împrà^tiet

etc. etc.

Sous Pinfluence du pluriel tàlalî-tàietî etc. et des autres formes du verbe, le singulier tâiatj muiat etc. est devenu tàiet, muiet etc.

Les participes où a tonique est précédé de { ou z ont la même forme dans les deux dialectes, exemples :

încredinlat înfûn{at a§ezat etc.

Mais si a est précédé de ;, il reste intact en valaque et se modifie en e — à dans le dialecte moldave :

valaque. mold. litt. mold. pop.

tnfà$at înfàiet tnfâ^it

1ngro§at îngro§et îngro§ât

îngniat îngrâ§et îngrSiàt

etc. etc. etc.

d) Le suffixe ariû provenant du latin a ri u m se change en eriû toutes les fois qu'il est précédé d'un / ou d*un e. Ce phénomène se présente de nos jours aussi bien en valaque qu'en moldave, exemples :

anc. roum. roum. de nos jours.

*venerarium vieariu vieriû-vierï ^

1 . On écrit f/i/a;«, mais tous les Moldaves prononcent Injaiiii; encore de nos jours écrit-on même înfâ^ai etc.

2. De nos jours on prononce en Moldavie : viVri, oiVri, boieri etc. par la chute de ii final, de même qu'on dit :

ochi (oculum) pour ochiu

^6 A. LAMBRIOR

oviarium okariû oienu-oietî

vsl.vistijarî (trésorier) vistiearia ifistienu nsîierî

vsL bol jarù (noble, seigneur) oieariu boieriu boieri

etc. etc.

Les formations par le suffixe anu, où ce suffixe est précédé de / et x, gardent a intact :

itari (caleçons)

frunzariu (feuillage)

vârzariu (gâteau rempli de choux)

drntitarm (charculierj

on a fait

De ite (licia)

— frunziï (frondea) —

— varzà fviridiaj —

— cârnal (carnaceum) —

etc. etc.

Mais les formations où le suffixe ariu est précédé de § modifient a tonique en « — "' dans le dialecte moldave ' :

vaL et anc. roujii.

u^ariii pâpu^ariii co§anu cena§anu

raold. mold. pop.

u^eriiî {ii^âri)

p'jpuierla {pùpuisrt)

cojeriu (co^rf)

cenaitriu {anu^erï)

de ostiartum (deostia)

— pâpusâ ^poupée)

— cos (panier) ^ ce nus à {cendre)

etc. etc.

Les néologtsmes gardent a intact :

ziar plyf. ziare (journaly

fonciar — fonciart limai — Uniarty etc.

€) Le pluriel des mois comme muntean, sâtean, vàlean et des autres formations par le suffixe tan (voir Romania IX, 1 16] est partout munteni^ s>'iteni, vàknï etc. et non pas v^kani^ snîtani^ munteani etc., parce que Va enfermé entre deux linguales est devenu e (on a eu d'abord munîeeni et ensuite par contraction munteni),

/i Le suffixe izs, quelle qu'en soit la provenance, devient es en moldave^ toutes les fois qu'il est précédé d'un i ou d'un f, exemples : Du magyar <iri£fs anc. roum. et val. urms, mold. um^ (géanll Du nslave medjas anc. roum. et val. megia^y mold. megiesi [voisin) Du roumain scaun (scabnum) on a anc. roum. et val. scmiai, mold. scâue^ (petite chaiseï

gimmchi (genuciilum) — gtnunckm uncki (avunctilum) — tinchiu etc. etc.

I. Le yalaque conserve tci^ corome dans la plupart des casja forme archaïque. — Cette irrégularité, et beaucoup d'autres que nous allons signaler plus lojn, ttotis prouvent que le phénomène dont nous nous occupons ici n'est en aucun cas organique dans le dialecte valaque et qu'il ne lut vient que par l'influence du dialecte moldave.

ESSAI DE PHONÉTIQUE ROUMAINE îÇy

Du Toumsiïn nunchiû (maniplum-manuplum) on a anc roum. et val. miinunchidi, mold. mmunchti etc. etc.

Cela s^explique par le fait que dans la prononciation de j on a toujours senti un /, comme nous l'avons déjà vu dans des mots comme uiariû — u^mit etc.

Le nom propre la(i (ancienne capitale de la Moldavie) est devenu Jesi — E(i — E|. Dans la langue littéraire on écrit toujours /jjf ; mais la population moldave prononce Esi et même Es, Dans Tancrenne langue de l'église on a constamment la^i, de même qu'on a Uria^, Unchia§, etc.; mais dans les actes écrits par des scribes on trouve parfois £f/ ; ainsi dans une narration faite par des paysans moldaves vers le commencement du xvm" siècle, on lit £$/ (voir Archiva Istorkn de Hasdeu III, p. 278). Il est donc certain qu'au xviir siècle on prononçait en Moldavie £}f, quoiqu'on écrivît [a§i. Nous ne pouvons pas prouver directement que Ton prononçât £j; au xvii* et au xvf siècle ; mais si nous nous appuyons sur l'analogie des autres mots, où Va tonique est précédé d'/, nous pouvons dire que le changement de à en e eut lieu au xvi« siècle. Cette prononciation populaire pénétra un instant, au xix* siècle, même dans la langue littéraire ; ainsi dans la première publication des poésies de G. Asaki, faite en i8;6, on a E^i, de même que dans VHisioire nuturelle du docteur Cihac île père de notre philologue M. A de Cihac) ; mais on revint bientôt à Torthographe de l^église lâsj^ parce qu'on la trouvait plus voisine de lassii, qu'on prenait pour Tétymologie de ce mot. On tirait ce lassii d'une inscription fausse ou mal copiée, publiée par Gruter (259, 81, où l'on parlait de Daci lassii* (voir Essai sur ie règne de Trajan, par C. de La Berge, p. 56, note s)-

M. de Cihac, dans son dictionnaire (Eléments étrangers^p. jo8), donne pour étymologie au mot Ia§i le magyar lâsz (barbare, ennemi, etc.}. A l'appui de cette étymologie, que nous croyons vraie, nous apporterons deux faits : 1 1 lasz, qui donne phonétiquement en roumain h§ — /q — E$t a dû être un nom de personne avant de devenir un nom de lieu. Cela est prouvé par la tradition rapportée par Cantemir dans sa Description de la Moldavie, où l'on raconte qu*un des premiers habitants de cette ville (qui n'était primitivement qu'un très petit village) était un vieux meunier nommé las (on ne peut pas déterminer Pépoque à laquelle vivait

j. J'ai cherché en vain, au petit musée de Jassy^ le fragment d'une inscription Que G. Seulescu prétendait avoir trouvée à Tiglina, ruines sor la rive gauche au Sercth, près de l'embouchure de cette rivière dans le Danube (voir Te Glaneur moldo-valaqut , iSiii, |anvier-fêvner, p. 44-^1). On y lisait G. LEO ..SSIENSIS que G. Seulescu expliquait par kgio lauensh. Mais cette inscription a-t-clle existé, ou n'a-l-elle pas été inventée par le patriotisme de cette génération de savants qui fabriqua ie document de Huru ?

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le meunier las ; Cantemir le fait vivre du temps d'Etienne le Grand, 1 456-1 5 04; mais cela ne peut pas être vrai, car nous trouvons le nom Ia§i en 1407 ■), et que c'est du nom de cet homme que dérive le nom de la ville. Le mot las^ qui est sans doute le magyar lâsz, aurait donné en ancien roumain Ia§ (avec l'art. la^ul], comme ârids donne uria}^ et non pas !a§ij qu'on trouve partout dans les anciens monuments ; c'est que nous avons affaire ici à un pluriel, parce que les descendants de las devraient s'appeler Ia§û (voir Romania IX, 1 14). 2) Dans les monuments slaves écrits dans les pays roumains, toutes les fois qu'on parle de la ville de Jassy, on l'écrit Jas, ce qui prouve que malgré la prononciation roumaine , on a conservé l'orthographe qui indiquait l'origine du mot.

g) Le pluriel des noms terminés au sing. en ûzc, iag etc. présente l'a tonique modifié en e :

vsl. liljakû (plongeon} on a Uliac (chauve-souris) plur. lUieci grec Siiuoç — diac (écrivain) — dieci

vsl. tojagû (bâton) — tokg (hkton) — toiege

etc. etc.

h) La 2" pers. du singulier à l'imparfait de l'indicatif : vedeai credeai tàceai purcedeai aveai etc.

est devenue dans le dialecte moldave : vedeif credeiy tàcei etc. (vedei contraction de vedeeï)^ et sous l'influence de l'analogie toutes les autres personnes de rimparfait ont subi la même modification, de sorte que l'imparfait se conjugue en moldave de la façon suivante : vedém (et même videm) vtdéi vedi vedém vedétî ndiuy tandis qu'en ancien roumain et en valaque de nos jours, il se conjugue ainsi :

vedeam

vedeai

vedea

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