ESSAI DE PHONÉTIQUE ROUMAINE
p. ix)» accuse le roumain de n'avoir pas fait/£ moindre effort pour assimiler les éléments étrangers au fond latin de la langue. Car tout mot étranger a subi la même modification que subissait l'élément latin, au moment où il arrivait dans la langue, s'il se trouvait dans les mêmes conditions. Ce n'est pas la faute du roumain s^il avait déjà fmt les grandes transformations qui caractérisent son individualité , lorsque Télément étranger commença à l'envahir en grande quantité. C'est mal comprendre la nature des langues que de les accuser de la sorte. En effet, est-ce faiblesse de la part du français moderne de ne pas avoir fait subir aux mots arrivés par la voie savante toutes les transformations qu'avait subies l'élément latin, qui a toujours persisté dans la langue ? On est obligé de distinguer les époques et d'admettre pour les phénomènes des langues, comme pour ceux de la vie humaine, des évolutions qui, une fois terminées, ne reviennent plus pour le même individu et dans les mêmes conditions. — Nous avons vu que les éléments étrangers ont subi tous les changements des deux derniers cas (IV et V), parce que ces transformations de l'élément latin sont encore en train de se faire, ou du moins ne sont pas encore terminées. Il est vrai que les transformations subies par le roumain depuis le xvi" siècle jusqu'à nos jours sont moins grandes, moins radicales que celtes qu*il avait subies avant cette époque ; mais cela s'explique par Tinfluence de la langue de l'Eglise, qui détruisait les diiïérentes modifications qu'éprouvaient les parlers locaux, ou du moins les empêchait de s'étendre,
A. Lambrior.
(A suivrt.) Jassy, te r' février i88i.