‹ Romania (volume 2)Chapitre 154 sur 282 · IV · texte numérisé non relu

IV

Ah I quand le roi rentrit dans Paris, La première qu'il a saluée Saine toutes ces dames ; Elle a ravi son àme.

1 . Pour comprendre cette chanson évidemment tronquée, il faut suppléer les événements antécédents : la jeune fille, fiancée au prince, a été violée par un inconnu et vient de mettre un fils au monde au moment où le prince revient d'une longue absence.

2. Cf. Romania, III, 169 ; Bladé, Poésies populaires en langue française recueillies dans l'Armagnac et FAgenais, P- 2j.

^^^^^Ê Le roi demandit au marquis :

Marquis s'est fait vêtir de noir. ^^^^|

^^^1 * Marquis, qui est cette dame P

A la cour s'en tut rendre, ^^^H

^^H Oh 1 elle est parfaite à mon gré,

Oh le roi iui a demandé ^^^^È

^^H Elle a ravi mon âme. »

Le sufet de ce change. ^^^^|

^^H Le marquis lui 2 répondu :

Le marquis lui a répondu : ^^^H

^^H « 0 sire, ci est ma femme,

« Oh 1 sire, ci est ma femme , ^^^^|

^^H Celle qui vous doit porter honneur

Puisqu'elle est morte pour moi ^^^^|

^^^B Et à moi révérence. >

Le deuil j'en dois prendre » ^^^^|

^^H K Marquis, tu es plus heureux que moi,

Le roi prit son manteau royal, ^^^H

^^H Tu as une jolie femme.

Au marquis le présente : ^^^^|

^^H Quand tu voudras j'aurai l'honneur

Le marquis en a lait refus ; ^^^^|

^^H| De coucher d'avec elle. >

L'exila de la France. ^^^^H

^^^r (I 0 sire, tout vous est permis,

c Adieu donc, mon ami marquis, ^^^^H

^^H Tout pouvoir et puissance ;

Adieu, mon espérance ^ ^^^^H

^^H Mais si vous n'étiez pas le roi,

Puisque le roi le veut ainsi, ^^^^|

^^^^^ J'en aurais la vengeance. »

Faut prendre patience. » ^^^^|

rM'°« C. Legrand.; ^^^H Eht bieti, je te les donnerai. ■ ^^^^|

^^H Un garçon revenant de guerre

^^H Dit à sa mère tout de bon :

« De cent écus |e n'ai que faire, ^^^^|

^^H « Ob est donc ma sœur Jeanneton ? 1

Je n'ai pas de bourse â les loger ; ^^^^H

^^H c Elle est fà -ha ut dans ces bruyères,

Retirez-vous, joli berger. » ^^^^H

^^H Dans ces bruyères, dans ces vallons.

c Nous passerons dedans la ville, ^^^^^

^^H A garder ses blancs moutons, n

Une boursette nous achèterons, ^^^^|

^^H II Ma mère, vous n'avez pas de honte

Cent écus d'or nous y mettrons. 1 ^^^^|

^^H D'envoyer ma sœur aux champs?

Elle jeta sn houlette. ^^^^|

^^1 L'armée du roi s'y en va passant. •

«I Garde mes moutons qui voudra^ ^^^^H

^^H u En passerait-il bien dix mille,

D'avec mon berger |e m'en vas. ^^^^H

^^H Dix mille encore, dix millions,

Oh \ adieu donc, mes brebiettes, ^^^^H

^^H Ils n'emmèneraient pas Jeanneton. 1

Mes brebiettes, mes blancs moutons : ^H

^^H 1 Ma mère, voulez-vous faire gageaiile,

Depuis à longtemps nous nous revoi- ^H

^^H J'irais là-haut dans ces vallons,

(rons. • ^^^1

^^H Que j'emmènerais bien Jeanneton ?

t Si fait, si fait, gentille bergère, ^^^^|

^^H Ah 1 bonjour donc, gentille bergère,

Vous reviendre;£ à vos moutons, ^^^^|

^^H Avez- vous affaire d^un beau berger

Car je suis votre frère Alion. >• ^^^^|

^^H Qui puisse bien vous soulager i^ «

« Ah î puisque vous êtes mon frère, ^^^H

^^^l 4 D'un beau berger je n'ai que faire;

Ne le dites pas i la maison, ^^^^Ê

^^H Je garde bien mes blancs moutons ;

Car l'aurais des coups de bâton. * ^^^^|

^^H Relirez-vous, gentil garçon. •

t Ma mère, vous avez une fille, ^^^^|

^^H 0 J'ai cent écus dans ma bourselle .-

Elle e&t à moi si je la voulais ; ^^^^|

^^H Belle, si tu veux ni'ain:ier,

Mais c'est ma sœur, je n'oserais, n ^^^H

(Delphine Lacroix.) ^^^^|

^^^^^ i . Ferraro, Canti popolari monfernm

Page 1