‹ Romania (volume 2)Chapitre 155 sur 282 · VI · texte numérisé non relu

VI

Dessous un laurier blanc la belle s'y promène : Trois jolis capitaines vont lui faire l'amour.

Le plus jeune des trois la prit par sa main blanche.

• Montez, montez, la belle, dessus mon cheval gris, A Paris je vous mène dans un tort beau logis. »

Quand la belle fut entrée, l'hâtesse la regarde.

« Ah ! dites-moi, la belle, Etes-vous là par force, ou bien est-ce par plaisir ? 0

« Je vais vous le dire sans crainte, ni sans mentir : Je suis bien là par force, et non pas par plaisir ; Trois jolis capitaines m'ont amenée ici. >

Entendant ce discours le capitaine entra :

• Soupez, soupez, la belle, prenez tous vos plaisirs. Entre trois capitaines vous passerez la nuit. >

Au milieu du repas, la belle fit la morte.

« Sonnez, tambours, trompettes, sonnez pitieusement,

Car c'est ma mie qui est morte, j'en ai le cœur dolent.

Où enterrerons-nous cette aimable princesse ^ Dans le jardin de son père dessous la fleur de lys. Nous prierons Dieu pour elle qu'elle aille au paradis. >

Au bout de ces trois jours son père s'y promène. « Levez, levez ma tombe, mon cher père bien-aimé : Trois jours j'ai fait la morte pour mon honneur garder. •

(M"« Blanche Lecarpentier.)

VIP,

Ah ! c'est le beau Carême qui va se marier : Quelle est la femme heureuse qui le va épouser P

Le lendemain de ses noces le roi l'a-t-appelé Pour aller à la guerre servir Sa Majesté.

« A qui lairai-je ma femme, ma pauvre femme à garder ? > c Laisse-moi la, Carême, je te la garderai.

Tous les jours à la messe je la ferai aller. Quand elle sera revenue, je la ferai déjeuner ;

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