‹ Romania (volume 2)Chapitre 193 sur 282 · I. 0 veut dire c avec · texte numérisé non relu

I. 0 veut dire c avec

Joaflrois. Altfranzœsisches Rittergedichl, zum ersten mal herausgcgebcn von Konrad Hof-'mann und Franz Muncker. Halle, Niçmeyer, 1880, in-8*, viij- •34 pages*.

On savait par la Description des manuscrits français du moyen âge de la biblio^ thtquc royale de Copenhague de M. Abrahams qu'un ms. de celte bibliothèque, écrit au commencement du XIV' siècle, contenait une partie d'un poème fran* çais ayant pour héros le comte Joufroi de Poitiers. M. Konrad Hofmann a fait venir le ms. à Munich, o£i trois de ses élèves l'ont copié et collalionné; l'un d'entre eux, M. Muncker, l'a publié avec l'aide constante du savant professeur.

Le poème de Jottfroi méritait d'être imprimé, bien qu'il n'existe qu'à l'étal de fragment (461 1 vers), il est intéressant à beaucoup d'égards, et tranche d'une façon originale sur la monotonie trop habituelle des romans d'aventures. L'auteur paraît avoir été un chevalier, un homme du monde plutôt qu'un poète de profession. Il n'écrit, dit-il, que pour plaire à celle qu'il aime, et qui, à son grand regret, l'appelle encore « Sire », et non « Beaus douz amis «. Il entremêle souvent son récit de réflexions toutes personnelles sur cet amour, semblable en cela aux auteurs de Partenopcus et du Bel Descontu. Dans un curieux passage (v. 4209-28) il se tourne vers ceux qui écoutent lire son roman, et leur demande ce qu'ils feraient s'ils étaient dans la position lorl scabreuse où il a placé un de ses personnages. Après leur avoir laissé le temps de répondre, il reprend ; Des or^ seignors^ ave: vos dit f Or me tiscoulez un pelit^ Si vos dirai,.. Ce que g'en feisse. Celte plaisanterie, ce jeu de scène semblent indiquer un jongleur ; mais ils prouvent simplement que l'auteur se représentait son poème comme devant être lu au public élégant auquel il était destiné. C'est le cas pour tous les auteurs de romans, surtout de ce genre: ils s'adressent aux oreilles et non aux yeux et ils ne les atteignent que par la bouche d'un tiers. Celle remarque, soit dit en passant, explique beaucoup de choses dans leurs écrits, et notamment l'habitude de parler d'eux-mêmes, surtout au début, à la troisième

I, Cet article était écrit quand a paru celui d'Ad. Mussafia dam le n* de février du LIteraturbtatt fur gtrm. und rom, Philologi<. Les observations cl les corrections contenue» dans cet article coïncident souvent avec celles qu'on va lire ; j'ai signalé en note quelques remarquer particulières. Le n* de février de la Revue des langues romanes contient sur te même poème un iniéressani article de M. Chabaneau que l'ai cité daiu quelques ootei.

personne : les passages de ce genre sotit écrits pour le jongleuF qui débitera le livre et qui, nalurellement, commence par en faire connaître l'auteur; cela n'empêche pas celui-ci, une fois nommé, de parler de lui à la première personne.

Celui de Joufroi a de l'esprit, de la grâce et de l'agrément ; il conte avec rapidité et manie fort bien la bnguc. Il a l'air d'avoir inventé son histoire ; au moins les trois grands épisodes dont elle se compose (amours avec la dame d< Tonnerre, — voyage incognito en Angleterre, — aventure avec la reine Ahs) ne ressemblent à aucun conie connu et peuvent fort bien être sortis de son imagination. Ils sont amusants, mais peu édifiants : le déguisement de Joufroi en ermite pour attirer la dame qu'il aime dans sa cellule est traité notamment avec une liberté fort digne de remarque. La désinvolture avec laquelle le comte de Poitiers, n'ayant plus d'argent en Angleterre où il ne veut pas se faire connattre, épouse la fille d'un bourgeois et la laisse là plus lard, en priant le roi (qui le fait) de lui trouver un bon mari, est extrêmement curieuse. Beaucoup d'autres traits de mœurs intéressants sont à relever dans ce poème, où il faut aussi !;ignaler la singulière introduction dans faction même, comme porteur d'un message, de « Marchabrun > (v. 5601 ss.|, dont il est dit : Troverc fii molt de grant pris ; Bien k connut h roU Htmii, Qu'assez f'ot en sa cori uu.

Ce roi Henri d'Angleterre, qui figure là, est le mari d'Alis, et, comme le remarquent les éditeurs, ce rapprochement indiquerait Henri I", mari d'Aelis de Louvain. D'autre part le rapprochement avec Marcabrun ferait plutôt pencher pour Henri 11. Le poète paraît avoir su vaguement qu'il y avait eu en Angleterre un roi Henri et une reine Alis ; il ne précise pas rêpo<|uc où vivaient ses héros. M n'y a famais eu à Poitiers de comte Joufroi', et Poitiers n'avait plus de comtes particuliers depuis la mort de Guillaume X (f 11)7). Les parents de Joufroi s'appellent Richtr (et non Richard, comme le dit la préface» cl Allenor : ce dernier nom paraît emprunté à l'héritière du dernier des comtes de Poitiers. Joulroi est d'abord rennemi, puis le gendre d'un comte Alfons (Nanjos} de Toulouse ou de Saint-Gilles (c'est la même chose, voy, par ex. les v. J590 cl 4i3;o), qui n'est pas moins imaginaire que lui-même 3. L'auteur n'a sans doute employé tous ces noms que pour donner â son récit une apparence historique dont il avait besoin. 11 pousse un peu loin la plaisanterie en assurant

1. VEstoire de France sainiongeaUe contenue dans le ms. de la B, N, fr, i7U prétend que le comte Taliafer de Léon eut un fils appelé Odon, qui fut empereur. « E cist Odo (voy. Rfvuf des tangues ramantSy U, 116) ot .itn. filx : a Gaufrci dona Peito c Borguagnia. Icest comps Joffrez fit l'abaia de Vendoma, et fit l'abaia daus nonans e ta comteua Agnies sa femna, c dona granz trneum en Pesto, e commanda > l'abé que fust abbes daus nonans e que les tenguist coma recluses. » Y a-t-il \ï quelque tradition qui serait arrivée à notre poète f

2. M. Chabancau a émis sur tous ces noms une hypothèse fort ingénieuse. D'après lui, le vrai hère* du poème est Guillaume IX, le troubadour, dont les aventures amoureuses, chantées souvent par lui-même et demeurées célèbres, ressemblent fort â celles de Joufroi. Le père de Guillaume IX, Guillaume VIII, s'appelait réellement Gui Ceoffroi et ne prit le nom de Guillaume qu'en devenant comte de Poitiers : son nom a été transporté à son fils. Nanfos de Toulouse est le comte de Toulouse Alphonse Jourdain» qui fit réellement la guerre i GuLlbume IX ; enfin Joufroi épouse la fille de ce comte de Toulouse Alphonse, et Guillaume tx aviit réellement épousé la fitie du comte de Toulouse Guillaume IV, le prédécesseur d'Alphonse Jourdam. Malgré tout ce que ces rapprochements otii de séduisant, il me semble plus probable de ne pas en attribuer la pleine conscience i Tauteur du roman.

HOFMANN U. MUNCKER, JouffOls 41 ;

qu'il l'a traduit d'un livre latin qu'il avait trouvé à Saint-Pierre de Maguelone (v. 2J24 Si.), Voulant raconter des aventures de princes et de grands seigneurs, il était d'ailleurs obligé d'en agir ainsi, à moins de transporter sa scène dans des pays fantastiques ou dans le fabuleux royaume d'Arlur, ce qui ne convenait pas au caractère de son roman. Les éditeurs pensent avec vraisemblance qu'il écrivait au commencement du XIIl* siècle. Ils n'hésitent pas à le déclarer • bourguignon », d'après la langue; mais les preuves sont réservées pour l'époque où M. K. Hofmann aura publié « le plus important des documents linguistiques bourguignons, une traduction du commentaire de saint Grégoire sur le prophète Hésélciel. 1 Le poète se permet très souvent de ne pas élider IV féminin final, ce qui, d'après la préface, « est propre i la poésie bourguignonne en général •. J'avoue ne pas savoir à quels ouvrages il est fait ici allusion ; ce trait est, il est vrai, tout à fait caractéristique de Flonmont ; mais Aimon de Varennes était lyonnais et non bourguignon L M. Muncker, seul responsable sur ce point, n'a ajouté à celte preuve que cinq remarques : on pourun (p. 84, 1 1 j), iperons pour tspcrons (p. 105 ; add. scouc 3^4, ilrcnz ^59) sont bourguignons ; fcil pour fcil = feUt (p. 7), dd pour de (p. 11, 17), nml pour nul Ip, 20) sont des ( graphies bourguignonnes ». Cela ne prouverait que pour le scribe. Quant à on pour un, il se présente dans des textes qui n'ont rien de bourguignon, et om^ omr^ pour uni, unir^ sont les formes habituelles du moyen âge ; des formes privées d's prolhétique comme sperons se trouvent dans des textes lorrains et wallons et se sont sans doute trouvées un peu partout ; les exemples bourguignons m'en sont inconnus. Au reste, M. M, ne nous dit pas ce qu'il entend par c bourguignon * ; c'est un mot dont on a beaucoup abusé : le restreint-il au duché de Bourgogne, ou y comprend-t-il le comté? D'autre part, continue-t-il à regarder comme bourguignons les textes que, depuis quelques années, on considère comme liégeois et qui sont en tout cas lorrains-watlons?!! ne s'explique pas sur ce point. Il joint seulement à ses rares remarques une liste des rimes u les plus irrégulières », voulant dire sans doute « les moins ordinaires ». U serait bon aujourd'hui de demander aux éditeurs de poèmes un relevé complet des rimes, au moins â ceuv qui n'ont pas assez de préparation pour faire un bon choix. Les rimes ne sont intéressantes que quand elles apprennent quelque chose sur i'homophonie de voyelles ou de consonnes étymologiquement distinctes ; le bit que des syllabes étymologiquemeni pareilles et rimant ensemble ont dans tin nts. une graphie différente n'a pas d'intérêt, ou au moins n'en a pas pour la rime. M. Muncker a dressé sa liste uniquement d'après la graphie; Il en résulte qu'il confond tout, qu'il enregistre des choses insignifiantes et qu'il omet ce qui est important; il ne paraît même pas savoir au juste ce que c*est qu'une rime, car il relève les rimes a, ai, etc., comme s'il s'agissait d'assonances. Je dis qu'il confond tout : ainsi sous cette rubrique « ai et ei, • nous voyons réunies (c'est-à-dire indiquées, car on ne trouve ici que les chiffres des vers, et il faut aller vérifier) seize rimes, dont onze ne

I. Les exemples en paraissent fréquents auis» dans Erec, mais je n'ai pas contrôlé

l'édition de Belcker par les autres manuscrits. Le phénomène se présente assej souvent,

mais rarement avec certitude, dans txaucoup de poèmes du xn* siècle. C'est un point dont l'èlucidation appelile une étude spéciale.

signifient rien, quatre {jrtm rains i jo6^ enseigne compaigne ^04^, qmnlcmt pamc 4495, àeitràgntnt cleigneni 4 J67) nous montrent it et ai rimant devant lu nasales et une {palais apnis i,i^]s) ^i rimant non pas avec ci, mais avec h écrit et. De même sous la rubrique • t et ci 9 sont réunies les rimes (d'ailleurs toutes sans aocun intérêt phonétique) de fmre pere^ amorniere mûmire, largeicht proeche, mervtiks oiU^^ feu ûleire. Le poète, par une licence fréquente, admet large dans la rime Age ; M. M. appelle cela « rime de â et ar •, etc. — Il enregistre des choses insignifiantes : on en a déjà vu des preuves ; le reîte presque entier est de cet ordre, comme la prétendue rime de agne avec aigne^ attestée par celle de Bretai* gnc et Champagne, ou de j avec ai, attestée par la rime de abat avec plait [= plat) . — Enfin, et c'est là le plus grave, il omet ce qui est important. Sous la rubrique « f et rA », il noie cinq rimes, dont quatre n'ont aucun intérêt, dont une sache menace ^6\ méritait d'être relevée; mais au v. 12^8 on trouvera rime cloches noces, qui ne le mérite pas moins, et qui ne l'est pas, parce que le ms. a cloces, etc. Tous les cas de rime dVi avec 01 notés par M. M. sont purement graphiques, oi y étant égal à ci, mais il a négligé les rimes comme wie joie xGi, soie joie 693 ^ avoicnl amotent^ etc., qui prouvent que le langage du poète avait changé en 0 Vc de à provenant de è {^= lat. è, î ; voient rcioient = r el i ga n t p 20 est â noter). Il remarque que (> rime avec ignt^ tandis que btnàgne ^653 doit être lu benàgue et corrigé beneie, mais il ne dit pas que parùc rime avec fiancie 312, chaûchie avec oblie i J67, sic avec vie 1614, mie 3494 et dit 3482, attestant ainsi pour le poète la prononciation it de la triphtongue ià. Notons encore les rimes suivantes : chai aprendrai 3642, Ui esmai 36^0; — tuit noit 1271, tutl desdait il 26^ noit desduit 1628, enoi lai 38^0, m^e nae apae iij) {enoie foU 613 doit donc être corrigé en cnuie suie) ; — adoher neier 3428 est tout à fait isolé et doit sans doute éîre corrigé (I. nel pais muer pour nel puis neier). S rime avec z {passim}, et M. M, a relevé des rimes qui prouvent l'amuïssement de s devant /.

Signalons encore quelques traits particuliers attestés par les rimes ou la mesure. L'auteur emploie la forme richace pour richece (: place 2689) ; — il fait rimer (c'est le seul exemple de ce genre) divers et josters 842 ; — il fait rimer (c'est également un cas unique) vait (écrit voit) avec esplott (écrit esplait) ; — il ne donne souvent pas d'ft aspirée à onu 3^0, aut {pass.) ; il dît, au féminin pluriel de Tarticle, a hs (2420 et la note) et peut-être de les (4J07 on peut facilement lire De lor) ; — tl emploie Timpératif sachon {sacheis reis 17^8), les subj. en 'Oie (voy. Rom. VII 228, VIII 299) de la première conjogaison, les 3»» pers. sg, en -ssi el non -st de l'imp. du subj. ifcisse 778 et les exemples réunis dans la note de ce vers ^) : — il traite (une seule fois, i^tl senesihaus te (= li) fist entendre 239) /( comme enclitique élidant son r devant une consonne (usage provençal que je n'ai jamais rencontré en français) ; — il emploie fréquemment le pronom neutre o: — enfin il parait dire, comme en prov., ne pour en (2046 etcj».

1, M. Mussafia fait remarquer qu'un cas non signalé par ('éditeur {adobas[s]e) se trouve déià au v. n6 attesté par la rime.

2. Soi eûz = aitsii 2756 est signalé par M. Mussafia, qui le premier, jadis, a étudié cette curieuse formule.

HOFMANN U. MUNCKËR, JoufrolS 4I ^

Si nous rapprochons tous ces traits, nous en conclurons volontiers que l'auteur était, non pas 1 bourguignon » précisément, mais d'une province appartenant au jud-est du domaine français ; 0 pour h cependant n'a été relevé jusqu'rd, si je ne me trompe, que dans des textes du sud-ouest. C'est à cette dernière région que semble avoir appartenu le copiste, comme l'indiquent l'usage fréquent de a pour e féminin {ela 2o2, forcha 369, j/nitf \^]G^ aigua 1717, daingna 2818, stmbU 3296, filla 3^9, poina 3692, torneiamenl 889, 128^ fcrmaun 2252), de eu pour tnu {t>cus, chasUus^ h<um£ clc.)^ — et des formes comme mcnchogc 46, aprob 1346, seigre segre 21 etc., sent (««) 218, /o 129 etc., vosl 697, vaust 1328, lares 1405, etc. Cependant on les retrouve dans le manuscrit de la Bible de Macé de la Charité, exécuté en Berri fv. Hist. lut. XXVIII, 218) ; et dans le même manuscrit j'ai relevé l'emploi habituel de ou pour uo, tout à fait ordinaire au copiste de Joufroi* (jous \,S^2, esîout 122, fou 1600-161 3, acout 2060, cou 227}, noaf 1280) et de ou {au, aou) pour le lat. au devenu 0 en français iparouU 192, parauUs 1203, paraoult 211, choasc 229, 608, poast 374, upousi 609, ioas 4, enchusc 841 ; mais la rime gros los 542 prouve que l'auteur traitait au comme le français). On peut donc croire que lef po^me de Joufroi a été composé vers le sud-est de la région méridionale (Comté, Bourgogne, Bourbonnais) et copié un peu plus â l'ouest (Bourbonnais, Bern, \\ Poitou). Mais je ne prétetids nullement résoudre la question par ces quelques remarques.

Quoiqu'il en soit, le texte est étrangement corrompu. Le copiste semble n'avoir guère cherché à comprendre ce qu'il écrivait, et comme il était plus familier avec son dialecte propre qu'avec le français généralement correct du poème, il est tombé dans des erreurs et des confusions sans nombre. Les éditeurs ont suivi, pour l'impression, un système très prudent. Dis ont reproduit fidèlement le texte (sauf îes distinctions typographiques et Ja ponctuation) et rejeté toutes les corrections en note, sauf celles qui pouvaient s'exprimer par des ( ) ou des [ ] ^. En note aussi, ils ont donné, généralement au moyen d'indications très brèves (=^ /., corr,}, Texplicalion des formes inusitées. Ce travail est en général dîgne de tout éloge, et dans beaucoup de corrections, qui paraissent très simples quand elles sont faites, on reconnaît le talent éprouvé de M. K. Hofmann pour cet art délicat. Les éditeurs déclarent d'ailleurs qu'ils sont loin de s'imaginer qu'ils oui levé toutes les difficultés. En lisant attentivement le poème^ l'ai noté un certain nombre de passages que |e corrige ou que j'entends autrement qu'eux ; je vais les indiquer brièvement.

V. 27 Par ce motrez tote ma vit Que amois m'aii en sa baillït^ éd. c = molnr =^ montrer > . Je ne saisis pas le sens ; je lis m'otrà (deux points après baïUU), — * 129 Molt en fo Itez^ ses pcire a dit: le sens veut son p. — 1 $5 1. uns borjots Lor dist : A Evurie mis sire Tient la /este. — 252 C'om ne doit pas croire félon Se U ne dit si grant raison ; les éditeurs suppriment ne et ajoutent non après raison,

1. Au reste cette graphie se retrouve dans le ms. du Livre des Manières d'Estienne de Fougères, où on tii pout, mouty moureni, foui, etc., et ailleurs encore.

2. M. Mussafia signale plusieurs cas d'inconséquence dsns l'application de ce procédé ; il remarque aussi qu'il n'est pas raisonnable de faire dépendre l'admission d'une correction dans le texte d'une circonsunce tout extérieure.

4l6 COMPTES-RENDUS

mais Se il dit si grant raison non n'a pas de sens ; je conserverais le vers tel quel^ en changeant peut-être si en trop ou moût*. — 286 Si dt et ne me pois défendre Mon cors, si wil que l'en me pende, Que ja a voirs ne me défende ,• I. avoirs. le sénéchal veut dire que s'il est vaincu il consent à être pendu, sans que son argent puisse le racheter. — 374 S'or, I. Sor. — 407 A son col penlun blachon A or btndè et j achon ; la note dit : t — ein Schild, gestreift mit einem Balken in Hackenform, » et accompagne celte explication d'une figure où je ne vois nullement de hache. Blachon étant pour blazon (voy. v. 4^07 blazons)^ achon est pour a:on^ et ûzon est une variante d'azur (cf. Bel Dese. v. ^$09, ^819, cités dans Godefroy ; on trouve la forme intermédiaire a:or^ p. ex. Durmart, v. 7732, 8^ (^j).

— 4r 5-4^,1 i^uant il fu sur li {= k) destrier^ Arme: bien senbra chivalier; ponctuez ; quant il f. s, l, destrier Armez, b. s. ch, — 518 qu'il het, impr. quil het (520 point après mai, ^22 virg. après défendre). — SS' del poing Li fait voler l'cspec hmg Et lo braz h mist tôt entras : Tel coup H dont del rétros. Le glossaire enregistre ^/jfroj, mais sans explication ; I. en tros (:= en morceaux, cf. v. 209^, et changez les : en virgule. — 579 Sin aient tttl gietdon ; inutile de lire Si en. — 609 Plus est douce (l'amour) que nule chouse ; Sanz est cuers 0 se repouse ; les éditeurs corr. Sa raiz et 0 s' repouse : il faut évidemment Cariz. — 702 deux points au lieu de virgule, 70 j suppr. le point après siée, 704 virg. après dist. — 721 A granl pot ne puel faillir mit; en note : t Keineswegs kann es nicht ausbieîben, d. b. es wird gewiss ausbieiben. 1 Cette explication est très bizarre, et la locution A grant pot ne le serait pas moins ; I. ^4 grant pome; mais tout le passage reste obscur.

— 77^ Le poète dit : « Ma dame amasse tant d'honneur chaque jour qu'elle en pourrait doubler Téchiquier (allusion à une histoire bien connue); moi, je pourrais doubler Téchiquicr d'amour, tant j'en ai ; mais je m'arrangerais bien pour fiire un échange avec elle., si elle voulait; je lui donnerais la moitié de mon amour pour la moitié de son honneur, à condition qu'elle tournerait vers moi cet amour que je lui aurais donné en échange, n Les vers doivent donc être lus ainsi : Mais voltntiers li ihangeroie, S'el voloit, demie (ms. de moi) m'amor Por la moitié^ de s'onor^ Mais que teus termes (ms. tomes) me Jeisse (^ feisl) Que celé amor{s) en moi masse (= meist) Que je li avroie eschangiè. Les éditeurs impriment : Mais volentiers li ckangeroie, S'(l[e] voloit de moi m*amor, Por la moitié de s[oe] onor, Mais que teus tornts me f, etc., et traduisent: « Mais je changerais volontiers tout mon amour, si elle le voulait de mot, pour la moitié de son honneur, mais seulement si elle faisait avec moi une telle communauté de biens {= tornes^) qu'elle tournât vers moi cet amour que je lui aurais donné. 1 11 est clair que le poète ne peut consentir à perdre tout son amour, et son idée est plus ingénieuse. — 810 mètre a fuerre est traduit par « mettre dehors », mais ce n'est pas admissible ; cela veut sans doute dire t exposer au pillage, au fourrage. »

— 8^9 So: lo pcrier de la Mon joie, \. de ta mon joie. — 867 Qu'entre Torneuerre el gui : éd. Que entre Tornuerre e l'guc, réiision de Ve de te dans ces conditions est invraisemblable, I. el le, — 899 peindre, I. pendre i la rime n'y est pas, et peindre^ qui pourrait convenir à « ua escu 1, ne convient pas â « quatre vint lances. •

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