I . MM. Mussafia et Chabaneau font la même correction
a. M. Chabâne;iu lit rene»ier et ideutîâe ce mot au prov, nnovier^ < usurier a, ce qui e«t évidemment juste.
TuETEY, Journal d*un bourgeois de Paris 419
tê* éditeurs, ^ yosht ; c'est plutôt à corriger en voht ; de m. ^824 5< « t[e] fois (ms. voist) ofiijues retrmre^ et 3977 vo/j fms. vois). — J8951 [ne], plutôt n*i.
— J928 Avoie talant de vos veoir ; les éditeurs corrigent Oi en f,; mais Avoi pour Avoie n'est pas inadmissible (voy. Tobicr, Versk.^ p. J4). — 1974*7$ Efge, fait é/^, vos recei A ami, et par bontfoi Vos doing et mon cuer et m'amor, — 4041 an\z] que nuit, I, anquenuit. — 4091 fresine^ t agitation *, est traduit par • embarras » et rapproché du prov. freztllar et du fr. frétiller (qui n'a rien de commun avec y«zii/^/-) ; je doute de l'étymologie du mol. ^4107-8 Savent escoate s'eU vient 0 si h euens encor t'atîent ; en note • = dient ; » mais atent ne peut rimer avec vient ; 1. la tiait ; encor a ici on sens voisin de c déjà », qu'oo lui trouve parfois au m. 5. — 4269 Celé respont qui ja trahie^ Et dist : Jû m'avez vos trahie; les éditeurs changent le premier trahie en < transie^ immobile d'indignation >, mais transi au m. â. ne signifie que « mort * ; on pourrait lire ine.
— 4286 Voir dist il vilains entrtsait : Quoraige de bien jait (ms. bun faire) col frait; en note : « cf. le proverbe provençal : coratgede be far col f ranch ; » je oc connais pas ce proverbe, et je ne le comprends pas bien^ mais le proverbe mille fois cité dans les anciens textes français est : de bien fait col frait, et ici il faut lire Qu'or ai ge de bien fait col frait. — 4362-6} le poète, prétendant que la conduite de sa dame l'a rendu fou, raconte ses bizarres imaginations : Ne sai si ge sui om{e) 0 beste^ Ne sai si ge ai cors ne teste ; Mi braz me rtsenblent dous maces. Et H doi de mes mains UmaceSy Mi prt me resenblent ckasteus^ Et U orrels sutit creneus ; les éditeurs lisent oveles pour orrels., ainsi : « Mes prés me semblent des châteaux^ et les brebis sont des créneaux. » Il est beaucoup plus probable que l'auteur parle, après ses bras et ses doigts, non de ses près (/f;?ri reviennent d'ailleurs huit vers plus loin), mais de ses pieds ; lisez donc Mi piè et au vers suivant Et h orteil senblenl creneus. — 4450 M onquts ot reigne tenue, L N*i ot onqius. — 44^2 Oten /*wf, 1. En Postot. — 453$ Qaar voit asti son bon stignor; en note : t I. ii ptl > ; hasti signifie » pressé », qui convient 1res bien au sens.
— 4^98 Amauberjon l'apelte ton [h femme àe Joufroi) ; en note : t 1. Amaubtriain ». C'est bien inutile ; plusieurs noms de femme de la déclinaison en a ont en anc. fr. deux régimes, Tun en -am, l'autre en -on, correspondant aux accusatifs germaniques en -an et en -un ; Amauberjon est à Amaaberfain comme Marion à Manen ; le mot même se trouve ailleurs.
Cette intéressante publication se termine par un double index des noms propres et des « mots et des formes rares > ; le dernier pourrait être mieux choisi et plus complet. G. P.
Journal d*an bourgeois de Paris (1405- 1449)^ publié d'après les manuscrits de Paris et de Rome par A. Tuetby. Pans. Champion, 1881, xliv- 1 de la Sociitc de l'histoire de Pans et de l'Ile-de-France,)
41 ] pages. (Publication 1
Nous ne pouvons rendre compte longuement de cet ouvrage, qui appartient beaucoup plus au domaine de Thistoirc qu'à celui de la littérature. Toutefois le philologue ne lira pas sans profit ce ■ Journal », l'une des plus importantes chroniques locales qui aient été composées en français. Il y trouvera, outre cer- Uins termes bons à relever, beaucoup de faits â noter pour Thistoire littéraire :
des refrains de chansons de circonstance (^§ 8j, 92, 93), des mentions variées de représentations de mystères, avec date et indication des circonstances où elles eurent lieu (voy. l'index au mot mystère)^ des témoignages sur des prédicateurs célèbres (855,), sur ce jeune clerc espagnol, Fernand de Cordoue, qui étonna ses contemporains par son omniscience (|§ 860-65), etc. — L'édition de M, Tuetey est en grand progrès sur celle de I.a Barre, publiée pour ta première fois en Î729 et réimprimée sans amélioration dans les collections de Buchonet de Michaud et Poujoulat. Le texte de La Barre reproduisait le ms. 10145 du fonds français de la Bibliothèque nationale. M. T. a collationnéun ms. du Vatican, qui paraît être l'original de celui-ci ; il a aussi collationné le ms. 54^0 du fonds français de la Bibl. nat., qui est indépendant du ms. de Rome et lui a permis de combler, à Tannée 1438, une lacune de trois pages (§S 7}2-io), et d'améliorer les textes en maint endroit •. — Le commentaire, pour lequel un grand nombre de documents inédits, notamment les registres du Parlement, ont été misa contribution, fournit tous les cclaircissemenls désirables; on appréciera tout panictilièrement les nombreuses notices biographiques sur les personnages qui figurent dans la chronique. — La partie la plus importante de la préface est celle où M T. recherche quel fut l'auteur du Journal. Cetauteur, M.Longnon* avait cru le trouver dans un certain Jean Beau rigout, curé de Saint Nicolas-des- Champs. M, T. démontre par une discussion très serrée, dans laquelle sont utilisées des données inconnues à M. Longnon, que cette hypothèse doit être rejelée ; il propose, sans arriver il est vrai à une démonstration complète que ne permettent pas les éléments dont on dispose jusqu'à ce jour, le chanoine Jean Chuffart, chancelier de Notre-Dame de Paris et conseiller au Parlement, à qui Vallet de Viriville a cru pouvoir attribuer 1' « Advis â Isabelle de Bavière » ^. — La table est faite avec soin; Û eût été désirable qu'elle renvoyât, non aux pages, mats aux paragraphes. P. M.
Frédéric Godkfhoy. Dictionnaires de Tancienne langue française et de tons ses dialectes dn IX" au XV» siècle, composé d'après le dépouillement de tous les plus impoi-tants documents manuscrits ou imprimés OUI se trouvent dans les grandes bibliothèques de la France cl de l'Europe et dans les principales archives départementales, municipales, hospitalières ou privées; publié sous les auspices du ministère de rinslruclion publique. — Paris, Vieweg, 1 880 ; 8 fascicules parus grand ia-4'' (lettre A entière et B-Besisîre) ; pages iv-632.
Qui de nous n'a rêvé un dictionnaire général de la langue française qui, suivant l'nsajge de la langue, depuis les origines jusqu'à nos jours, à travers toutes les variétés dialectales, recueillerait non seulement tous les mots communs de la langue littéraire et parlée, mais encore les noms propres de personnes, les noms propres de lieux et leurs ethniques et tous les mots des patois actuels ; bref,
1. Toutefois il subsiste encore quelques lacunes qui se retrouvent dans les deux mss., ce qui prouve qu'ils dérivent d'un même original.
2. Dans le t. Il des Mémoires de la Société de l'histoire de Paris.