‹ Romania (volume 2)Chapitre 197 sur 282 · I . Le 9* fascicule vient d'être mis en distribution · texte numérisé non relu

I . Le 9* fascicule vient d'être mis en distribution

î. — Revue dbs lanoces romanes» }* série, t. V (|anvier 1881). — P. \-i2. Mil:i y Fonlanals, Lo sermo d'en Muntaner.adich. Supplément à l'article dont il a été rendu compte ci-dessus, IX, 476. M, Milâ tient compte de diverses observations que ce travail a suscitées et fait connaître les variantes d'un ms. du Scrmo qui lui a été récemment signalé à la bibliothèque de Barcelone, M, M. prend en sérieuse considération les objections qui ont été faites ici sur son interprétation du vers de Munlaner : fc'/i w de Gui Nantull, et essaie d'y répondre. Il convient que la versification du poème français de Gui de Njatniii n'a rien de commun avec celle du Sermo, mais il suppose que Muntancr a eu en vue quelque imitation provençale de Guide NunteuU^ et que cette imitation hypothétique pouvait avoir la forme du Strmo. Voilà une hypothèse bien compliquée. M. M. pense que dans Gui NûntuU pour Gui or Nantuii, l'omission de de ne constitue pas une grande difficulté, et il cite l'expression Temple Sûhmo employée par Muntaner comme un exemple du même faJt. Mais les deux cas sont bien différents : dans Temple Suiomo le second mol correspond à un génitif latin. Or il est bien connu que dans des constructions de ce genre b dépendance des noms de personnes se marque par la simple juxtaposition des deux mots en rapport <. Temple Salomon est une expression constante (voir les chroniqueurs des croi- S3des\ tandis que je n'ai pas souvenir d'avoir rencontré tcmpte de Salomon. De même hôtel Dieu, k fils Aimon, le fils Daon. Mais le de marquant l'origine est indispensable : Gui Nanteuii.^ Girart Roussitlon, Renaiit Montûuban seraient des formes impossibles. Je ne crois donc pas que M. Milâ ait suffisamment répondu à mes objections. — P. 27. Bibliographie. Constans, Le sous-àiakcte du Rouergae (C. C, second article), — P. ^7. Montel et Lambert, Chants populaires du Languedoc. — P. 44. Périodiques. A propos du mémoire sur les troisièmes personnes du pluriel en provençal {Romanii: IX, 192), M. Chabaneau présente diverses observations qui ne me paraissent pas toutes également fondées. Je ne m'attacherai qu'à l'une d'entre elles. M. Ch. conteste l'hypothèse d'après laquelle les deux finales latines ent et unt se seraient réduites dès une époque ancienne à une seule qui serait unt {L c. p. 212). Il lui semble plus simple et plus raisonnable d'admettre q,ue « anl, ent, unt ont produit respectivement an, c en, on^ qui ensuite, selon les dialectes, ont gagné ou perdu plus ou moins de

I. Vojr. par exemple Darmesietcr, Formation dts mots composés en français, p. 49.

PÉRrODIQUES 44 T

t leur terrain hérèdttaire. i Celte explication est telfement simple que c'est aussi la première, M. Chabaneau peut m'en croire, qui sVst présentée à mon esprit. Mais ce n'est pas sans de sérieux motifs que je l'ai écartée. Il est un cas au moins où l'absorption de cnt par unt, dès l'époque préhistorique du roman méridional, est un fait constaté et non pas une simple hypothèse. Ce cas est celui â'habenl devenant habunt, comme le montre la forme aun. Bien plus, la iormc habunt i réellement existé. Elle a été récemment signalée dans un texte de la basse latinité ; on a aussi Jebunt, vûlunl^ îugunt ».

T. V (février 1881). — P. S4- P- Guillaume^ SpicimenJu (angage parlé dans U diparltmtnl des Hautes-Alpes vers la ftn du Xlh siècle. A propos de la publication, due i M. l'abbé Guillaume, d'un document du langage des Hautes-Alpes au XV* siècle, je disais l'an dernier (Rom. IX, 623) : t II n'est pas exact qu'il I n'existe de ce langage aucun document antérieur au XV« siècle », et je mentionnais, d'après un fac-similé appartenant à l'École des chartes, une charte de la fin du XII* siècle en langue vulgaire^ conservée aux archives de Gap. Voici qu' c un heureux hasard » a fait tomber cette même pièce sous les yeux de M. G., qui la publie avec un commentaire géographique. Je l'ai depuis longtemps imprimée dans mon histoire de la légende d'Alexandre^, p. 89, note 2. Cette charte présente des difficultés d'interprétation qui m'embarrassent, et que M, G, n'a pas abordées- Là oi!i il lit Dionem i ia première ligne, j'ai lu (d'après le fac-similé) Dionenc, voyant dans tnc un suffixe dérivatif <Diez, Gramm., trad., II, 547-8). De toute façon, qu'on lise Dionenc ou Dionene, il reste à rechercher de que! nom ce mot est dérivé, — P. j6. Balaguer y Merino, La traduccio catalane del Flos sanctorum, com parada per midi de dos différents texts. M. Balaguer publie, selon deux textes disposés en colonnes parallèles, un fragment d'un ouvrage sur lequel il ne donne pas, à beaucoup près, tous les renseignements désirables, mais qui, d'après Tincipit cité p. ^7, serait de Gerson. L'un des textes est tiré d'un ms. de Barcelone (/l), l'autre d'un imprimé (B) daté de 1 524 (a. st.). Le texte B paraît reproduire exaclemenl la ponctuation de l'imprimé original ; c'est un système acceptable. Pour le texte i4 il semble que l'éditeur ail combiné la ponctuation rudimentairedu ms. avec la ponctuation moderne ; du moins est- Il que la ponctuation, de quelque façon qu'elle ait été constituée, est d'un bout à l'autre absurde. Les différences que présentent les deux textes n'ont été ni discutées ni même signalées. De quoi sert la juxtaposition de deux textes si on n'en lire aucune conclusion? Quand on veut présenter au public un document, il y faut plus de cérémonie. En terminant, M. B. dît que le texte A lui paraît être la copie catalanisée d'un ms. provençal. Cette supposition soulève une difficulté : le texte A et le texte 6 appartiennent à un même ouvrage qui, d'après ï'incipit de B, serait la traduction d'un ouvrage latin de « Johan Jerson, molt digne canccller de ta ciutat de Pans. « Est-il probable qu'au temps de Gerson on ait traduit du latin en provençal? Le fait vaudrait la peine d'élre

1. voy. ZeHschrift f. rom. Pkil., v, 4}. cf. aussi ci-dessus, p. \\2.

2. J'y ai joint quelques notes géographiques qui s'accordent assez bien ^vec celles de M. l'ab&é Guillaume, ce qui s'explique par cette circonstance que j'ai été aidé par M. J.

des Hautes -Alpes qui vient, sur ma pronationale.

Roman, auteur d'un dictionnaire lopographic^uc position, d'être mis sous presse à l'imprimerie r

vérifié de près. M. B. aurait dû donner ses motifs. — P, 60. L. Clédat. Note sur !a déclinaison du pronom relattj français. Il s'agit de l'emploi de mot, fot, soi, et de m«, te, «, puis de qui, cui, que. Il y a là deux sujets absolument distincts : qui, eut, que sont des cas différents ; moi et me sont deux formes du cas régime; J'appelle maintenant dans mon enseignement de PÉcole des chartes moi forme emphatique, et me forme enclitique. La même distinction, en formes emphatiques ou enclitiques (ou proclitiques), se retrouve en d'autres pronoms, par ex, dans l'article par rapport au pronom de la troisième personne (//, le). Le sujet doit être traité dans son ensemble, et des résultats intéressants ne peuvent être obtenus qu'à condition de dresser d'après de nombreux textes des statistiques de l'emploi des diverses formes. M. Clédat cite trois exemples de Rolant et un de La Fontaine. Il aurait pu au moins profiter des dépouitlements si commodes qui ont été publiés pour le Psautier d'Oxford (par M. Meister) et pour celui de Cambridge (par M. Fichte). — P. 6j. J. Bauqtiier, halar-aiilar. M. Banquier veut que izalar, qui se îrouve dans le Donat (Stengel, Ji, 2) avec l'explication t propter muscam fugerc », soit pom alizar qui viendrait par métathèse d'un hypothétique a si lare, dérivé d'asilus.^ taon. Tout cela est bien douteux. Il faudrait trouver quelque autre trace d'à si lus en roman, et expliquer la conservation de l'interlonique d'à 5 lia re. — P, 6j. Chabaneau, Les Sorts des apôtres^ dernihe addition. — P. 65. J. Bauquier, Le premier sonnet fait par un Français. Ce sonnet serait, selon M. Bauquier, un sonnet italien, ou plutôt lombard, dont le texte, visiblement corrompu, se trouve dans le Vtrgier d'Honneur d'André de la Vigne. Mais il est douteux qu'André de la Vigne ait composé un sonnet qui porte en acrostiche ces mois : Andrei (oa Andrée?) parisino vertmso, H est plus probable que ce sonnet lui est adressé. — P. 71-80. Boucherie, Technologie bolamquc. M. Boucherie extrait d'un livre de botanique publié en 1556 par le hollandais Dessen des noms français de plantes, pour servir de supplément au dictionnaire de M. Littré. Ces extraits comprennent les lettres A-C, Il n'e(it pas été inutile, au moins en certains cas, de joindre, pour faciliter l'identification Je nom scientifiqtie, Je remarque en passant qu'i! serait facile d'augmenter dans une très notable proportion la noraenclalure botanique de Littré. Il y a notamment à la bibliothèque nationale de Turin (K. v. 1 j) un dictionnaire botanique et médicinal du XIII« siècle, si j'ai bonne mémoire, que j'ai copié il y a vingt ans pour le D' Daremberg, et qui fournirait une très riche moisson. Mais, sans parler des mss., il reste beaucoup à prendre dans des livres imprimés, dont plusieurs offrent des exemples beaucoup plus anciens que ceux qu'a relevés M. Boucherie. Je citerai par exemple le Volume of vorabularics de Th. Wright, et particulièrement le vocabulaire botanique lalin-français-anglais des pages 119-141. — P. 90. Bibliographie. Joafrois^ hgg. von Hofmann und Muncker (C. C. ; voir le compterendu publié ci-dessus dans le présent numéro) ; Prato, Quattro novelline popotari livomesi (Castets) ; Malval, Étude des dialectes romans ou patois de la Bassi Auvergne (A. Roque-Ferrier, travail sans valeur où l'auteur s'attache à comparer l'auvergnat au piémontais). — P. 97-ioj. La Ugcnde d'Œdipe, discussion entre MM. Boucherie et Constans sur certains passages du roman de Thèbes.

Mars 1881. — P. 10$. A, Mir, Glossaire des comparaisons populaires du Narbonnais et du Carcassez, Les 1 j pages de cet article contiennent la lettre B. Ce

curieuxtravail ainsi coupé par fragments sera bien peu commode à consulter. NVûltl pas mieux valu lui consacrer un numéro double de la Revue, ou, mieux encore, Tune des puWicalions spéciales de la Société? — P. < «S-jy. Boucherie, Technologie tfotantque (fin). — P. 147. Vanétés. A. Roque-Ferrier, Le dieu ^ui lançai! des pierres. Notice sur un travail publié par M. Cerquand dans le Bulletin hiitoriqut et archéologique de Vaucluse. — P. 149. Bauquier, Odierneel Beaucaire. Reproduction d'une note de feu Germer Durand, d'après laquelle Odlerne, nom de lieu qui figure en plusieurs des poèmes de Guillaume au court nez, ne serait autre qnUgernum, c'esl-à-dire Beaucaire. L'assimilation ù'Ugernum et à^Odierne nest point admissible. On peut admettre c\u'Ugernam vienne d'0</ifrnunif mais non l'inverse. Or Vgirnum est la forme antique constatée par Sirabon (Où'rspvow), par des inscriptions romaines et par divers textes de l'antiquité. Ces témoignages, que le même Germer Durand a réunis dans son Dictionnaire lopo' graphique du Gard, excluent l'identification proposée. — P. 150. Bibliographie. Clairin, Du génitif latin (Constans). — P. 153. Périodiques. M. Boucherie conteste vainement l'élymoiogic qui tire esfreer à'*exjndare [Rom. IX, 4761 : il s'appuie sur la forme esfraer el demande où on a vu -iVirrr devenir -aer dès la fin du XII" siècle. Mais, pour procéder méthodiquement, M. B. aurait dû tout d'abord se demander à lui-même laquelle des deux formes tsfrecr et esfraer était la plus proche de Fétyinologie. La comparaison avec le provençal esfredar eût suffi â lui montrer que cette forme était esfreer. Puis se renseignant sur le sort d'e (lat. e ou t) en hiatus avant la tonique, ii edt sans doute rencontré des exemples tels que monai pour moneê, conraer pour conrtcr^ paonier pour ptonur^ etc., qui ne sont pas moins anciens ni moins communs qu'cj/ratr pour tsfretr.

II. — ZeITSCHRIFT pur R0MAN13CHB PHILOLOGIE, V, I . — P. I . Rijna,

// Cantare dei Cantcri e il Serventese del Maestro di lutte î'arti (suite). — P. 41. Stûnkel,, La flexion des verbes dans la Lex Romana Utinensis ; c'est la rédaction de la Lex romana Visigothorum qui a déjà fourni à M. Stûnkel la matière d'un travail sur la déclinaison {voy. Rom. VI, 47s) H rassemble ici les faits relatifs i la conjugaison ; on n'y trouve rien de nouveau, mais ces dépouillements ont toujours leur utilité. — P. ^i. Wolperl, Un manuscrit inconnu de la Vit de sainte Marguerite: c'est la vie la plus répandue (voy. Romaniây VIII, 27$}; M. W. donne les variantes de son ms. comparé à l'édhion de M. Joly. Le ms. étant de la seconde moitié du XIV' siècle, ces variantes ont peu d'intérêt, Le ms. en lui-même (qui appartient à un particulier d'Augsbourg) est curieux en ce qu'il constitue non un volume, mais un rouleau formé de sept bandes de parchemin mises bout  bout et mesurant 4 mètres de long sur 10^ millimètres de large. Mélanges. L Histoire htiiraire. i. P. 64. Baisl, La patrie de l'hymne latin sur le Cid; M. B. établit avec toute raison, par les vers 8-9 et 24-2^, que cette pièce infiniment précieuse a été composée du vivant même du Cid, el par conséquent pour les Castillans et par un Castillan ; il résume la controverse à laquelle elle a donné lieu avant lui et réfute les objections qu'on pourrait lui faire. — 2. P. 70. Gaspary, Sur la chronologie des drames de Mairel. — j. P. 72. Kœrting, Encore la lettre de Boccace à Fr. Nelli ; réponse à M. Gaspary

Ivoy. Rom, X, 504;. — 4. P. 77. C. M. de Vasconcellos, Sur k Cancioncro gênerai de Nagera. — j. P. 80. C. M. de Vasconcellos, Sur le Cancioneiro gcral ou de Resende, à propos d'une publication de Tito de Noronha. — II. Bibliographie. P. 8 s. Vollmœller, Sur le Laberinto amoroso. — IIL Textes. ], P. 86. Kœlbing, Sur U ms, IV de Venise , rectifications à l'édition du Rolland que M. K. a donnée d'après ce manuscrit. — 2. P. 89, Stengel, Sur les fragments des Loherains (Zeitschr. IV, S7SK ''s appartiennent bien au groupe E M P. — ^. P. 87, Stengel et Grœber, Sur U chansonnier prov. Q dècrtl par Bartsch {Zeitschr. IV, 502). — IV. Êlymologies. 1. P. 9^. Fcerster, Etymologies romanes (suite), j 1 . Fr. aboyer; des difficultés réelles s'opposent â ce que ce mot vienne d'adbaubare ; l'anc. fr. baier abaitr se retrouve dans l'it. bûjart abbajftrt; l'auteur suppose que l'un et l'autre mot viennent d'un dérivé de badare. C'est plus acceptable que badare lui-même, |adis proposé par M. Boucherie, mais pour le sens ce n'est pas satisfaisant. — 32. Fr. ruisseau: ne peut venir de rivicellus (Diez) ni ru de ri vu s; ces mots (et l'it. ruseello] remonterai en t à uti type rû- (cf. Rumo, rumen, rumina). — jj. Fr. hdve; ne viendrait pas de l'anglo-saxon bas va (Diez), mais serait identique au terme du jeu d'échecs hâve, variété du mjt. — 34. Fr. haver, hûvet., havel ; 3^ . Fr. houe. Tous ces mots seraient de la même famille et se rattacheraient à l'anc. h. ail. kaco, angl.-sax. hoc. — 36. Fr. koche, hocher : seraient l'anc. fr. osche, oschicr, peut-être de absecare. — 37. Fr. hocher, secouer : se rattacherait à hoc. Toutes ces étymologies sont fort bien déduites, mais laissent place à des doutes qu'il serait trop long d'exposer ici. — j8. Fr. rancune est une variante phonétique de l'anc, fr. rancure ; il faudrait toutefois tenir compte du verbe a. fr. rancuner, qui pourrait bien avoir produit rancii/ie. — 39. II. rotico : se rattache à l'esp. :ote. — 40. Fr. phis^ fr , plaissU^ plaissels, etc., ne peuvent venir de p I ex u s (Diez), mais postulent un type plaxus, d'origine à déterminer. — 41 . It. goccia, d'un typ. •guttea et non de gocàan^ qui serait contracté de gorffggijff (Diez). — 42. II. brivida se rattache au thème bào, qui peut venir du celtique brig. — 3. P. 99. Gaspary, v. fr. cstrumeli ivoy . oâessus 2UK Mélanges), — 3. P. 100. Schuchardt, fr. gilet . Il viendrait de l'esp. jHeco ou gileco (apparenté à gikcntko), mot qui désigne une casaque d'esclave et qui vient du turc yekc. Cette étymotogie a déjà été proposée par M. Millier [voy. le Dictionnaire d'Engelmann-Dozy) ; mais elle me paraît peu probable, à cause de la date fort récente de rintroduction du mol en français (voy. Littré) : gilel vient du costume de Gilles, type du théâtre de la foire, comme pantalon de Pantalon.

CoMi>TE.<-iiENT)us. — P. toi. Stofck, Camocns Gedichte (C. M. de Vasconcellos). — P. I }6. Braga, BibUographia Camoniana (C. M. de Vasconcellos). — P. 139. Olavarria y Huarte, Tradiciones de Toledo (Licbrecht). — P. 147. Godefroy, Dictionnaire de l'ancienne langue française^ I-V |Tobler : rend pleine justice à Tutilitc du livre et au grand travail dont il témoigne, en critiquant avec raison le plan, la méthode et bien des détails dans l'exécution). — P. 160. Constans, Essai sur r histoire du sous-diûkcte de Rouer gue (Aymeric ; cf. ci -dessous, p. 445). — P. 162. Reinbrecht, Dit Légende von den sitbtn Schlafern und Chardri (Varnhagen : bons suppléments bibliographiquf's). — P. 16^. Romania 3i et 36 (M. Baist soumet à une étude critique fort intéressante le Cmîo de la

PÉRIODIQIIES 445

Sibilû^ fait quelques remarques sur les notes de M. Tailhan, et rectifie une méprise commise à propos du roi Ramiro des versions portugaises de la Femmt de Salomon; M. Casier discute i'artide de M. Lambrior sur Va roumain; M. Kœhler complète, suivant son usage, les notes de M. Cosquin sur %tsConUs lorrains, et ajoute aux légendes du Vent recueillies par M. Nyrop une variante de Bonn et une de Strasbourg; M. Suchier soutient que crevette n'est pas pour chevrette^ mais l'inverse, et que le bouquet est un mâle donné par étymologie populaire à la crevette quand on l'eut changée en chevrette \ M. Stengel propose de reconnaître le ms. i du catalogue Gonzague dans le Canonici miic. 249 * et présente différentes remarques sur les autres mss. de ce catalogue , M. Grœber propose une ingénieuse explication de l'origine des récits étudiés dans mon article Sur un épisode d'Atmcri de Nûrbonntj rejette l'étymologie de-ex-ripare pour dtsver, « rend compte de plusieurs autres articles).

III. — LrTERVTURBLATT FIJR OERM\NISCHE CND ROMANISCHE PHILOLOflfi,

1881. — 5. Mai. Col. 176. Scheibner, Ueber die Hernthajt dir franzotiischtn Sprachc in England (Foth). — C. 180. Neumann, Die alttsle franz. Version des Lapidarms (Suchier : jugement peu favorable). — C. 180. Levy, Guilhem Figueira (Stimming). — C. t8a. Kanlorowicz, Storia délia letteratura italiana (Scarlazzini : sans aucune valeur). — Col. 18}. Demofilo, CoUeccionde enigmas y adiymanzas (Liebrechl).

— 6. Juin. — C. 200, Milchsack, Die Oster- and Passions s piele^ 1 (Bechsiein: travail très important). — C. 209. Conslans, Essai sur le sous-diaUcte de Rouergae (Aymeric ; critique sévère ; cf. ct-dessus, p. 444}.

IV. — Bulletin de la Société de l'histoire de Frange, t. XVII, 1880. P. 269-J09, Inventaire des bijoux^ vittmtntSy manuscrtts et objets précieux appartenant à la comtesse de Montpensier^ publié par M. A. de Boislisle. Il s'agit de Gabrielle de la Tour, mariée en 144:; â Louis de Bourbon, dit !e Bon, décédée en 1474. L'inventaire aciuellemenl publié est tiré des Arcliives de M. le duc de la Trémoille. Ce qu'il renferme de plus intéressant c'est la liste des mss. que possédait en propre h comtesse de Moalpensier. De ces mss. un très grand nombre pas-

t. [Cette identificaiion, sans être inadmissible, reste incertaine. Le ms. Canonici commence, comme le ms. Gonzague ï, par Les pcraboles Salemon ; il a )i{ lî. et le ms. Conzague est porté comme en ayant îi6, différence insignifiante. Mais les derniers mots du ms. Canonici sont : La grâce de S. S. soit 0 vous touz. Amen. Ci feniit i'^pocatipse. Tout autre est rexplidt donné par le catalogue Gonzague. On peut dire, à la véiité, que cet explicit, for» surprenant tel qu'il est, est le produit d'une erreur de copiste, et c'est la supposition que nous avons exprimée {Romania, IX, vO), n" 2). Mais ce qui rend douteuse l'attribution du ms. Canonici à I3 bibliothèque Gonzague, c'est qu'il est d'origine française et qu'on ne peut en faire remonter l'écniurt: plus haut que les dernières années du XIV' sisde, époque bien voisine de celle où a été rédigé le catalogue Gonzague. — Le ms. Canonici mise. 4^0, décrit dans mes Rapports (pp. 246-6), n'est certainement pas identique au ms. Gonzague li, bien qu'il renferme, comme le remarque M. Stengel, le même ouvrage , mais il vient aussi de quelque ancienne bibliothèque italienne, dont on retrouvera peut-être un jour îe catalogue : on lit à ta fin, écrit d'une encre très pâle. ear. 108, ce qui indique qu'on avait, de même que pour le catalogue Gonzague, compte les pages. — P. M.)

sèrent k son Bis Gilbert de Bourbon, comte de Montpensier (f 1496), puis au fils de celui-ci, le connétable de Bourbon. En 1 ^07 ils se trouvaient an château d'Algucperse. La bibliothèque d'Aigueperse fui Inventoriée à cette date et l'inventaire en a été publié trois Ibis : par Le Roux de Lincy, par M. L. Paris, et en dernier lieu par feu Chazaud, à la suite de son édition des Ensdgruments d'Anne ./s France^ duchisse de Bourbonnois it d'Auvergm, ù sa filU Suzanne de Bouihon (Moulins, 1878J. Il est inlcrcssanl de comparer Finvenlaire de 1474 i celui de ( J07. 11 y a dans le second bien des additions^ notamment en livres imprimés, mais il y manque beaucoup des mss. catalogués dans le premier. M. de Boislisle a pu établir avec précision la concordance des deux inventaires en se référant aux numéros placés au-devant de chaque article par M. L. Paris dans son édition de l'inventaire de 1 ^07. Il est regrettable que cet e);erople ne lui ait pas donné l'idée de numéroter aussi les articles de l'inventaire de 1474. Nous ne cesserons de répéter que toutes les fois qu'on publie un catalogue d'une nature quelconque il est nécessaire d'en numéroter les articles. Si M. de B. avait pris cette peine pour l'inventaire de 1474, il eÔt été possible d'établir, à l'aide des numéros des deux inventaires mis en colonnes parallèles, un tableau concordant de ces deux documents, ce qui eût été fort intéressant. On n'a [usqu'â présent retrouvé qu'un petit nombre des mss. portés sur les deux inventaires : voir le Cabinet des manuscrits de M. L- Delisle (p. 172)^ qui n'a pu faire usage que de l'inventaire de 1^07 puisque celui de [474 était inconnu avant la publication dont nous rendons compte*. Le commentaire que M, de B. a joint i sa publication laisse parfois i désirer. Les noies sur les ouvrages pourraient êire plus complètes, les références à l'inventaire de 1 ^07 sont quelquefois inexactes. Ainsi, page 299, de cet article : k Ung livre de Tristan cl autres chevaliers », on rapproche cet article de l'inventaire de i|io7 (n" 14) : € Tristan, escript en impression, en papier, couvert de cuir tané », rapprochement doublement tnadmissîbie, d'abord parce que le Tristan de l'invcitaire de 1474 figure parmi les livres en parcheroin, ensuite parce qu'en 1474 il ne pouvait être question d'un Tristan imprimé, la première édition de ce roman étant de 1489. Même page, 1 la Passion Nostre Seigneur •, ouvrage classé parmi les livres en parchemin, ne peut être identique à « la Passion Nostre Seigneur, en rime, ... en papier, » de l'inventaire de 1 ^07, et il n'est pas certain que ce soit li « le livre d'Arnoul Greban >. — Il n'est pas démontré, |usqu'à présent du moins, que VAmtint rendu cordcliet (p. joi) soit de Martial d'Auvergne. Pour € le dit de la Pastoure > (p. 306), il ne suffisait pas de mettre en note ■ voy. le ms. fr. 2184 », ce ms, étant anonyme et le rédacteur du Catalogue des mss. français de la Bibhothlqut nationale n'ayant pas su restituer le nom de l'auteur, qui est Christine de Pisan ; voy. Bulletin de la Société des anciens textes français, 187^, p. i8. — Le i petit livre qui commence ; Cum nichil utilius » est le Facetus^ poème très souvent copié au moyen âge, maintes fois imprimé i la renaissance, qu*on a attribué i tort  Jean de Cirlande ; voy. la

i. Les mss. ayant appartenu aux ducs de Bourbon doni M. Delisle donne la liste, PP' '?)'(< sont nombreux, mais beaucoup sont postérieurs à l'invcoutre de 1474.

péRioDtqiïEs 447

notice de M. Hauréau sur J. de Gariande dans les Notices tt extraits des mss,, XXVlIf n, i6 et ss. Signalons, parmi les livres qui ne se retrouvent pas dans l'inventaire de 1S07, t Durmas le Galoiz, en rime, et est de petite valeur • Ip. 299), ms. différent de celui d'après lequel M. Slengel a publié (Stuttgart, 187Î) le roman de Durmart : et « le livre Arnaiz d'Orîeans » (p. joi), qui contenait sans doute la chanson de geste perdue d'Arnais dOrluns^ dont G. Paris a établi l'existence (Hm. poit, dtCharhmagne, p. 40J), Disons en terminant que le document publié par M. de Boislisie était en somme très digne de voir le jour et qu'il nous a paru très correctement édité. P. M.

V. — Revue HISTOBIQtlK (nouvelle) du DROET français et liTHAHOBB,

1881, janvier-février^ p. 4^-97. — Coutumes de C ter mont-Dessus en Agenais, publiées par H. Rebouis. Celte coutume, octroyée par les seigneurs de Clermont-Dessus (Lot-et-Garonne) en 1262, et rédigée, ou du moins écrite pour la première fois, par un certain Pons Mainard, notaire d'Agcn, est fort développée. Elle contient un grand nombre de dispositions de droit civil qu'on ne rencontre pas ordinairement dans les documents de ce genre et qui ne sont pas toujours exprimées en un style très clair. Ajoutons que la copie qui nous en est parvenue (Bibl. nat. fr, 1^.25 vl bien que de très peu postérieure à la rédaction, si elle n'est pas contemporaine, est fort incorrecte, M. Rebouis, ancien élève de l'Écote des Chartes, a édité ce document ; il y a joint, au bas des pages, une sorte d'interprétation qui tient à la fois de la traduction libre et de l'analyse, et un commentaire consistant en courtes notes principalement historiques et juridiques. Tout cela, étant donnée la difficulté du texte, constituait une Lâche assez ardue. On ne peut pas dire que M. R. ait réussi à la mener i bonne fin, bien que son travail soit très loin d'être sans mérite. La principale faute de l'éditeur consiste à ne pas s'être rendu compte de l'état du texte, qui, je le répète, est très corrompu. Que ce texte ait du sens ou non, M. R. traduit toujours, devinant plus ou moins heureusement les passages inintelligibles, sans jamais proposer une correction, sans même exprimer un doute sur la pureté des passages qu'il n'entend pas. Si nombreuses sont les fautes du texte que j'ai d'abord cru que beaucoup devaient être portées au compte de réditcur, mais, vérification faite sur ie ms., j'ai reconnu que dans ia plupart des cas la copie de M. R. était fidète. Voici cependant quelques erreurs qui ne sont pas imputables au manuscrit, et que |e relève dans les premières pages de l'édition. Prologue. Scne Bru, lis. Sencbru^ nom qui n'est pas rare en Gascogne; § XII, dd ntûtrcmonds y lis. dch ; ^ XIV, si dur nont pot, lis. non; dans ce Ji et ailleurs, ce que M. R. lit cuz doit être lu cum, et, à la fin du § XII, nos, écrit jio: dans le ms., doit se lire sion : l'espèce de z qui termine le mot étant, ici comme en d'autres mss. (par ex. dans le chansonnier La Vallière), un signe d'abréviation; § XIV, En tôt pleck^ lis. plach ,- i la ligne suivante, quant aura jermant, lis. fermât ; § XXI, dias a été omis à la troisième ligne après VIU; ibid., posca estn avat, lis. anat ; ibid., no pesca esca alongamcns^ lis. esta; ibid., tu tos cors mas aital causa Jouta^ lis. m'as ... touta. Mais les fautes du ras. sont bien plus nombreuses; en voici quelques-unes : Prologue, kabitans tbitadors pour e abitadors ; § VU, e qui sonara aquela eltctio pour soanara ,' § XIV, prendar pour prendre ou

prenJer ; ji! XV, sio mursis (soient confisqués), pour encon ou tncorus ; § XVI, dapner pour dampnar; % XVIII, format pour fermât (la même faute se reproduit plusieurs fois); ibid., Ion rccepia pour noL Outre ces fautes, dont la correction se présente d'eMe-même, et qui pourtant n'ont pas été signalées par M. R., il en est un beaucoup plus grand nombre d'autres quel*on ne saurait entreprendre de corriger sans se livrer â des discussions et à des rapprochements de textes pour lesquels la place nous fait défaut. J'en ai dit assez pour montrer que la coutume de CIcrmont-Dessus, telle qu'elle nous est présentée, est, peut-être â l'insu de l'éditeur, en partie mintcHigible. On conçoit ce que peut être la traduction d'un texte pareil : c'est un perpétue! h peu près où les difficultés sont beaucoup plus souvent esquivées que résolues. Ajoutons que la ponctuation est très défectueuse et que la division en paragraphes est très souvent arbitraire. Que M, Rebouis me permette de le lui dire (ou plutôt de le lui redire, et j'espère que ce sera pour la dernière fois) : les textes en langue d'oc ne sont pas d'une intelligence facile ; il ne suffit pas pour les entendre d'être méridional et d'avoir l'esprit prompt ; rien ne dispense de se rendre compte de chaque phrase et de chaque mot, et surtout rien ne dispense de dire qu'on ne comprend pas quand on ne comprend pas. P. M.

VI. — Archives des missions scfENTiFiQUES et littéhaires, 3* série, l. VI, j* livr. (1880). P. 269-288. — Fr. Michel, Rapport sur une mission en Espagne. Une mission doit être appréciée moins d'après les résultats qu'elle a donnés que d'après la méthode selon laquelle elle est exécutée. Lorsqu'on explore des bibliothèques pour y chercher des documents littéraires ou historiques, on ne peut y découvrir que ce qui s'y trouve, et les résultats» fussent-ils négatifs, ont leur importance dès qu*ils sont assurés. L'exploration à laquelle s'est livré M. Miche! n'3 pas été conduite méthodiquement. Elle a été visiblement entreprise avec une préparation très insuffisante. Celle fois, comme jadis lors de ses missions en Angleterre, M. Michel paraît s'en être tenu aux indications des catalogues, souvent bien impartaits, qu'il a rencontrés sur sa route, et aux renseignements qu'ont pu lui donner les bibliothécaires, de sorte que cette fois encore il a laissé beaucoup trop à faire à ceux qui viendront après lui. Ce n'est guère qu'à son retour qu'il a été informé, et d'une façon bien incomplète, des travaux accomplis par ses devanciers dans le même champ d'exploration. Il esideux ouvrages que doit connaître à fond tout homme qui explore l'Espagne au point de vue de notre ancienne histoire et de notre anci*;nne littérature : le Vtaie littrario a las Iglesias de Espana de Jaime de Villanueva, el le catalogue du marquis de Cambis-Velleron. J. de Villanueva a vu et décrit, sou> vent en grand détail et avec compétence^ un nombre considérable de mss. dont beaucoup intéressent notre histoire ou notre littérature. Entre ces mss. il en est qui ne sont plus aux lieux oili Villanueva les a vus, ou qui même ont disparu sans laisser de trace. Il y avait donc là one recherche intéressante à faire. Or M. M. ne paraît pas avoir fait le moindre usage de Villanueva. Jusqu'à ces dernières années on ignorait absolument le sort de la précieuse collection de M. deCambis, dont le catalogue, qui forme un volume in-4'', fut publié à Avignon en 1770. 11 y a cinq ans, je reconnus à la Bibliothèque nationale de Madrid deux mss. de cette

collection. Je donnai la description détaillée de Tun d'eux, un important recueil d'anciens poèmes français maintenant coté F ( 49, dans le Bulletin de la Sociftè dti anciens textes de l'atinée 1S78, et j'exprimai l'idée que, selon toute apparence, la plupart des mss, de M. de Cambis devaient se trouver à Madrid, M. M , qui n'a appris qu'à son retour l'existence de ma notice, a perdu Toccaston de faire une vérification qui aurait, j'ai lieu de le croire, confirmé mon hypothèse et amené d^s résultats non dénués d'intérêt. A Madrid, M. M. n'a guère trouvé que ce ms. F. 149, déjà longuement décrit par moi, et la traduction béarnaise de la Disciplina clericahs déjà signalée (ce qu'il n'a pas su) par M, Milâ y Fontanals.^ et dont l'origine a été établie ici-même VI, 151-2. Tout ce qu'il y a à tirer du rapport de M. M. se borne i la description de deux mss, de la bibliothèque Colombine, à Séville. Le premier contient trois ouvrages provençaux : le Savi ou Libre Je Senua, dont on connaissait déjà deux mss., et qui a été publié par M. Bartsch dans ses DenkmitUr ; puis un poème allégorique intitulé h Cardûcors dt nosifû Dona Santa Mana^ dont je connais un autre ms. que je ferai prochainement connaître ; enfin —et c'est U te plus important des trois — un mystère intitulé Vespozaîisi de nosîra Dona sancta Maria verges et de Josep, Le second ms. renferme un poème catalan sur la passion et le jugement dernier, dont le début manque. La description de ces deux mss. laisse beaucoup â désirer ; ainsi, pour ne citer qu'une des lacunes qu'on y pourrait relever, le nombre des vers de chaque ouvrage o'est pas indiqué. Maints autres détails dénotent dans ce rapport une grande négligence. Ainsi, p. 284^ M. M. signale, comme la chose la plus naturelle du monde, l'existence, à Tolède, d'un ms. de l'Histoire naturelle de Pline, qui remonterait au VIII" siècle ! Malheureusement il ajoute que ce ms. est » le même que celui que signale M. Ch. Fierville dans son second rapport ». Or, dans le second rapport de M. Fierville, deux mss. seulement de Pline sont mentionnés, l'un à Valence, du XV" siècle, l'autre à Madrid, du XIV 1. P. M.

VU. — Revue cniTrQUE, avril-|uin. — Art. 76. Klaczko, Causeries florenunes (Joret). — 82. Valois. De arie senbendi epistoks apud Gallos medii aevi scriptores.

VIII. — LiTBHARiSGHES Centralblatt, âvril-juin. — N* 14, Graevell, Die Charaktenstik der Personen im Rolandsliede (bon travail) • — 16. Weidner, Der Prosaroman von Joseph von Anmathia. — 17. Hammesfahr, Zut Corn par jtton \m altjranzœsischen (étude de valeur); Joufrots, hgg. von Hofmann und Muncker. — 20. Fœrster, Spanische Sprachlehu (tout à fait bon). — 22. Stenget, Ausgaben und Ahhandlungen^ I.

IX. — Deutsche LiTTËn.MTRZEîTi'No, avril-juin. — N*» 14. Martin, Z.ttr Gralsûge; Storm, Englische Philologie (capital). — ij. Loiseau, Histoire de la langue française (détestable) ; D. Juan Manuel. El Libro de la Ca:a, hgg. von Baist. — 17. Jûly^ La Vie de sainte Marguerite. — 18, Budinszky, Die Aasbrei» tungder lateinisckcn Sprache {bon livre). — 19. Schuitz, Das hafische Lthtn.

I. Voy. Arehha des Hissions . }• série, V, 101 et 105. Romania^ X

Nous avons décidé que dorénavant, an moms dans les articles où il s'agit de questions grammaticales et étymologiques, les mots des langues romanes seraient imprimés en ilatïqac^ les mots appartenant au latin ou à quelque autre langue à laquelle le roman les a empruntés en espacé. Nous prions nos collaborateurs de se conformer â cette règle : pour qu'un mot soit imprimé en ilallqut^ ils devront le souligner dans leur manuscrit; pour qu'il soil imprimé en espacé, ils devront l'encadrer.

— Dans le courant de Tannée 1882 paraîtra une table analytique très détaillée des dix premiers volumes de la Romamn. La rédaction de cette table est confiée à M. J. Gilliéron,

— Le 7 avril est mort à Cœthen M. Ed. Mûller, né le 29 juillet 1824^ auteur d'un Dictionnaire èfjmologiquc de la langue anglaise fort estimable, qui a eu assez récemment une seconde édition.

— M. Theodor Mûller, professeur à Gœltingen, mort le 14 avril, a rendu son nom inséparable de la Chanson de Rolland. Dès i8p il en avait imprimé une édition qui ne fut pas mise en vente, parce que celle de Génin, qui parut à ce même moment, démontra à M. Th. Mûller que l'édition princeps n'avait pu lui fournir pour le texte une base assez assurée. En 186? îl mil au jour, après de longs travaux et l'élude de plusieurs manuscrits autres que celui d'Oxford, un texte bien supérieur à ceux qui l'avaient précédé. Les notes qui accompagnaient ce texte étaient purement critiques; une seconde partie devait paraître bientôt, contenant le commentaire proprement dit. Mais ie savant éditeur, relisant sans cesse le poème, reconnut que le texte était encore susceptible de bien des améliorations ; des secours nouveaux, comme la Karhmagnm-Saga, lui furent révélés; enfin, à partir de 1872, commencèrent à paraître les éditions de MM. Gautier, puis Hofmann, puis Bœhmcr, qui marchaient d'un pas plus hardi dans ta voie de restauration critique où M. Mùller s'était engagé le premier. Il abandonna donc son projet, cl l'édition de 186; resta incomplète, comme celle de i8p, dont il n'avait aussi été imprimé que VErsle Abiheilung. En 1878 parut une nouvelle Er^u AbtfuUung, dans laquelle le texte marquait sur celle de i86j un progrès considérable: elle tomba juste au milieu de la polémique que soulevait alors entre divers savants la question du rapport des mss, du Rolland et de la méthode A suivre pour en donner une édition critique.

M. Mùller intervînt lui-même, quoique sans beaucoup d'entrain, dans cette controverse où on se plaçait à un point de vue qui n'était pas tout à fait le sien. Il est mort avant le temps, sans avoir donné cette Zucitc Abthcilung, ce commentaire trois fois promis et auquel les notes du texte renvoient si souvent. On nous assure que l'impression en était commencée: et on nous fait espérer qu'il pourra voir le jour. On doit le souhaiter vivement. Depuis trente ans, M. Théodor Mûller lisait, recueillait et réiléchissaii en vue de ce commentaire : il n'est pas douteux qu'il n'ait amassé bien des matériaux importants pour l'intelligence de notre vieux poème, et il serait regrettable qu'un trésor si patiemment formé et si difficile à reconstituer fût perdu pour ceux auxquels il était destiné.

— M. Liltré, décédé le 2 juin dernier à l'ige de 80 ans, a été l'un des plus puissants travailleurs de notre siècle. Son activité s'est exercée en des branches d'études très diverses. Dans toutes il a laissé une trace durable. Nous n'avons point qualité pour parler de ses travaux sur l'histoire de la médecine ni de ses conceptions philosophiques ; nous voulons seulement résumer en quelques traits ce qu'il a fait pour la philologie française. M. Littré a abordé tard l'étude de notre ancienne langue; il s'y est appliqué surtout à l'occasion de ce dictionnaire si largement conçu qui restera son principal titre de gloire, et qui devait, selon sa propre expression, « embrasser et combiner l'usage présent de la langue et • son usage passé, afin de donner à l'usage présent toute la plénitude et la sûreté « qu'il comporte. > C'était, il y a quarante ans, se préparer une tâche ardue que d'entreprendre l'étude du vieux français. Les maîtres n'existaient pas, les livres de doctrine étaient plus propres à tromper qu'à instruire. La grammaire de Diez, alors à sa première édition, était loin d'être ce qu'elle est devenue dans la seconde édition, et d'ailleurs elle n'était guère connue en France ; les textes édités étaient peu nombreux et publiés sans méthode. Par dessus tout un préjugé régnait qui faisait de notre vieille langue un idiome sans règle et pour ainsi dire sans grammaire. Le grand mérite de M. Littré a été de rompre sans hésitation comme sans ménagement avec le préjugé, et de se faire peu k peu, non sans tâtonnements, sa doctrine à îui. A force de lectures et d'application, il arriva bientôt i une possession peu commune du français du moyen âge. On peut suivre le progrès de ses études dans les articles qu'il a publiés, à partir de 18^^, dans le Journal des savants sur la philologie française, et qui ont été réunis sous le litre assez mal approprié d'Histoirt de la langue française. Les plus récents de ces articles, et surtout l'introduction rédigée, en dernier lieu, témoignent d'une bien plus grande sôreté de vues que les premiers. Ce qui attira tout d'abord l'attention vers ces essais, ce qui leur assurera longtemps encore des lecteurs, c'est l'effort de l'auteur pour tirer des laits observés un certain nombre de conclusions générales, c'est la puissance avec laquelle ces conclusions sont déduites. La science marche vite. Parmi les idées à la démonstration desquelles M. Littré semble avoir attaché le plus de prix, il en est assez peu qui puissent actuellement être adoptées dans leur plénitude. Nous ne croyons plus maintenant que les langues romanes soient nées du latin tombé en décomposition au temps de l'invasion barbare; sur ce point les vues de Fuchs ont repris le dessus. Nous croyons qu'il n'y a qu'une part de vérité dans celle idée sur laquelle M. Littré est revenu à plusieurs fois avec une grande insis-

lance, que le français el !e provençal, par cela seul qu'ils ont conservé longlemps un débris de la déclinaison latine, marquent dans le développement des langues romanes une phase particulière. Des recherches plus étendues nous ont prouvé que si, en ce qui concerne la déclinaison, le français et le provençal sont plus archaïques que les autres langues romanes, ils le sont moins en d'autres points. Nous sommes bien convaincus que notre ancienne langue a ses règles, que ces règles sont souvent violées par Tinattenlion ou l'impéritie des copistes, et que par conséquent il est de nombreu.\: cas où les textes transmis par la tradition manuscrite doivent être corrigés. Mais, tout en reconnaissant que M, Littré a été souvent très bien inspiré dans les corrections qu'il a proposées pour tel ou tel texte, nous croyons que d'autres fois, et particulièrement en ce qui concerne Sainte Euletu^ il a fait complètement fausse route, et nous pensons d'une manière générale que la tradition manuscrite doit être traitée avec un art particulier. De toute façon l'édition d'un texte roman du moyen âge nous paraît en bien des cas une œuvre beaucoup plus compliquée qu'elle ne paraissait à M, Littré. Mais la recherche minutieuse et le classement méthodique des faits, qui sont actuellement de rigueur dans nos études, ne pouvaient se concilier avec le nombre et la grandeur des travaux que M. Littré poursuivait. 11 vaut mieux qu'il ait négligé les détails infinis que nous nous plaisons à colliger et i discuter, et qu'il ait achevé cet inappréciable dictionnaire qui est constamment entre nos mains. D'ailleurs, ce n'est pas seulement par son œuvre que M. Littré a bien mérité de la philologie française : c'est tout autant par son exemple. Avec son esprit clair el dépourvu de préjugés, il reconnut de bonne heure rinlèrêt de l'étude historique de notre langue ; il le proclama avec l'autorité que lui donnaient et son caractère et ses travaux ; c'est à lui plus qu'à personne que la philologie française doit d'avoir été reconnue comme une science tout aussi réelle que la philologie grecque, latine ou orientale. — Il ne faut pas oublier non plus ce que M. Littré a fait pour l'histoire de la littérature du moyen Age. Ses nombreux articles dans VHistoin littéraire de (a France, dont plusieurs ont été réimprimés ailleurs, ses éludes sur l'épopée française, même sa tentative, peu heureuse d'ailleurs, de mettre Vîltade en vers de chansons de geste, ont contribué i faire connaître el comprendre notre ancienne poésie. Il devait mieux réussir avec Dante qu'avec Homère : sa traduction de VEnftr en vieux français, diversion à ses graves el multiples travaux, charme des dernières et doiiloo reuses années de sa vie, restera comme une œuvre curieuse, intéressante et souvent instructive. L'idée favorite de Littré sur la place qu'occupe le moyen âge dans l'histoire de l'humanité, idée d'après laquelle il ne fut ni un état durable et satisfaisant, ni une décadence grossière, mais une phase nécessaire et à certains égards heureuse de révolution générale, cette idée a perdu de son intérêt aujourd'hui que la philosophie de l'histoire est devenue ^\ui, pragmaùque . Elle n'en renferme pas moins une grande part de vérité, et elle a exercé sur les études historiques et par conséquent littéraires et même philologiques une influence très salutaire. Une autre idée â laquelle il ne tenait pas moins, celle qui allribue aux envahisseurs germains, dans la formation de la société du moyen âge, une part nulle ou purement perturbatrice, est assurément très contestable; mais les raisonnements qu'il a donnés à l'appui contiennent beaucoup de vrai el méritent

d'être pris en sérieuse considération par qui entreprend la difficile analyse des éléments qui constiluèrenl le monde nouveau formé sur les ruines du monde ancien.

— M. J. Bauquicr est mort récemment i Nîmes, où il exerçait depuis peu les fonctions de bibliothécaire. Il avait suivi en 1871 et 1872 les cours de l'École des hautes études. La Romanta a publié de lui quelques notes relatives â la philologie provençale ancienne et moderne (V, 495, VI, 266, 4^0, VIII, in, I jt4). Entre ses autres travaux, tous de peu d'étendue, on peut citer ses articles dans la Rivue cnûqae et dans la Revut des langues romanes, et sa Bibliograpku de la chanson de Roland (Hciibronn, Hennînger, 1877, 24 pp. in-S").

— Le Rév, H.-O. Coxe, bibliothécaire de I "université d'Oxford, est décédé le 8 juillet dernier â la suite d'une longue maladie qui, depuis près d'un an, le tenait éloigné de la bibliothèque oli il était entré en 1858 comme sous-bibliothécaire et qu'il dirigeait depuis 20 ans. Il avait publié en 1842, d'après un ms. de son collège (Worcester), pour le Roxburghe Club, le poème du Prince Noir, par Chandos Herald, ouvrage d'une réelle valeur historique, malheureusement tiré à très petit nombre. Tous ceux: qui ont fréquenté la Bodléienne auront une pensée de regret pour cet homme savant et bon qui accueillait les érudits avec tant d'obligeance et de cordialité.

— M. Andresen, connu de nos lecteurs par son estimable édition de Wace, s'est fait f habiliter • à l'université de Bonn.

— Plusieurs journaux ont annoncé, d'après le Bulletin administratif du Ministère de l'Instrtiction publique, que M. Meyer était chargé d'une mission ayant pour objet la recherche de documents en langue vulgaire dans les archives du midi de la France. Il s'agit d'une mission purement gratuite. Le but de M. Meyer est de compléter dans la mesure du possible la collection de documents en roman du midi dont ti fait usage dans son enseignement.

— M. Bonnardot a été chargé d'une mission dont l'objet est de copier le ms. à'Hentis de Metz qui se trouve à la Bibliothèque de Turin.

— Nous avons annoncé que M. Pio Rajna avait obtenu le prix de philologie fondé par S. M. le roi d'Italie et décerné par l'académie royale des Ltncet. La commission était composée de MM. Amari, Ascoli, Comparetti, Fabretti, Flecbia, Guidi et Valenziani. Voici la partie du rapport de M. Ascoli qui concerne l'ouvrage de M. Raina, intitulé r Us origines de l'ipopce française.

It problema è questo : L'epica francese. 0 insomma quella produzione poetica che si puô comprendere sotio il nome di Chansons de geste, va eua attribuita al genio gatloromano, 0 non va piuttosto rtpetuta dalle îchïaue germamdte che hanno dominato nella Galtia t si sono poi fuse coi Callo-Romani ?

It Rajna si pronuncia per le origini germaniche deli' epopea francese. Vede egli benc, che non si puà conseguire una dimostrazione dircna di coteste origini, pochi essendo i resti 0 gl' indizi positivi di un fondo comune tra l'epopea germanica e ta francese. Ma è germanico lo spirito dell' epopea délia Francii ; germantci ne sono i costumi. il diritio, le idée, e germanici ne sono anche i soggettî, poiché essa è vcramentc l'epopea dei nobili, cioè délia schiatta dominatrice, € insomma dei Franchi. L'epopea carolingia continua un' epopea deir età dei Merovingi, Tunica lingua dclia quale dev' essere siata, per lungo tempo, ta germanica dei Franchi. Dcve pcrô l'epopea dei Merovingi csscrsi comc

addoppiata, talchè insiemf convivcssero. e variamente si toccasscro tra di lofo ne' tempi diversi, i unti epici de' Franchi serapre teutoni e i canti epici de' Franchi romanizratj ; canti pcrciô, questi secondi, d'idioma nco-IatÎDO, i quali sono gl' immediati precursori dell' cpcpca caroltngia. La merovingia rientra alla sua volta nel gran sistema dei canti croici de* Germani, cioè continua l'antica abitudine del canto epico-siorico, la quale ci é atlestata. oltre che pe' Franchi t pe' Borgognoni, anche per gli Anglo-Sassoni, pei Longobardi, pei Goti, e più in su alTermasi da Tacito per tutti quanti i prischi Germani.

Questa bievemente la tesi, iniorno alla quale il Rajna csercita une spîrito fine e mctodîco, già splerdidamente provato in altre indîgini di (al maniera. Esposiiorc lucidisiimo e attraente, eglî maneggia un' erudizioae copiosa ed eletta con grande sagacia e con gtusta c^utela. fecondando sempre e correggendo l'opéra altruî e scmpre aggiungendoci la creizione sua propria.

Per quanto è dctla distribuzione dei prodotti epici délia Francia secondo ragion territoriale, Tautorc confessa che l'età dçtle origini, o délie -prime manifcjtajioni, lo lascia assai dubbioso; ma per le successive, gli appar chiaro che la Callia va tripartita, anche p^rr questa ragione, in Francia vera e propria, Aquitania e Burgundia, t che il doniinio dcll' epopea sis costituito dalla Francia e dalla Borgogna. cioè dai paesi. che, anche aeir ordine ctnologico c dialettale, vanno più strettamente tra di loro congiunii. In altri termini, francese e frânco-provenzale starcbbero in antilcsi col provenzalc anche nell' ordine délie origini poetiche. Per quanto è poi dell' età dei canti a noi pervenuti, le chansons de geste paiono bensl formare un soto cido, il carolingio ; ma gli è che la gran figura di Carlomagno é un centro assorbente, e la narrazione poeiica non s'accontenta di arrichire il figliuolo di r-ipino il Brève con le spoglie dei figliuolo di Pipino d'Herlstal, ma intesse anche di fila merovingie la sptendida veste del carolingio ch'essa idolâtra. Il nostro autore ficca uno sguardo acuùssimo in codeste tradizioni poetiche, spettanti alla prima razza, che vengono attratte dalla grandezza dell' eroc del la seconda. Son questc altrettante parti dell' epopea merovingia : aile quali piîi aitre ne aggiunge il molto suo acume. Coil le Gesta Regum Francorum â danno una guerra romanzesca di Clotaiio II e Dagoberto contro i Sassoni, la quale affatto s'ignora dalla storia, e altro veramentc non puô cisere se non una maieria storico-epica délie imprese di Clotario 1, trasponaia al II. La storia di Fiovo e quella di Fioravante o meglio di Fiovanic, si riaolvonoin una sloria sola ; tra Fhovent e Chlùdôveck è dimostrata un' identità assoluu ; c pur q'jesto pocma ci riconducc al primo periodo délia conquista franca. Ma la pretesa storia di Childerico l st risolverebbe essa mcdesima in un poema. Sempre perà poesia che si radica nella storia ; perché l'epopea, qui non meno che altrove, resulti essenzialmeme storica e umana, corne l'autore espone molio egregiamente in una introduiione premessa a questo suo iavoro, U quale flagella in giusto modo i mitomanî ed é la più splendida pane de] libro.

Ma i giudici rroppo severi potranno trorare, che questa bella întroduzione si chiuda corne in tronco. Ne parri loro prudcnie, che quando il Rajna vcde poesia e non piîi storia in ctô che dagli storki si ripete intorno al primo Clodoveo, non pensi ad atiutire fobbiezione che gli sorge contro pei fatto Jell' a ver Gregorio di Tours potuto pariare egli medcsimo con dei contemporanei di Clodoveo. t egli probabilc o possibile, gh diranno, che la leggenda o anzi il pocma di Clodoveo già potesse, a cosi brève distaoïa, nascondcr la storia vera a un uomo tanto capace di trovaria ? Ne troveri facilmente il nostro autore chi gli consenta nell* identificazione di Cariberto con Gisbeno. E potrà parer debole il capitolo « sul verso epico »» ; debole e prolisso quello sulle < Cantilcnc « ; e sientato un po' (non solo per la forma, che è alquanto trasandata in molli luoghi) l'aliro capitolo che s'intitola da « Floveot e Floovent «. .Si sente, in générale, che è un libro. Il quale non ancora ci dà iu«o quanto puô l'autore. Ma, cosi com' è, si puô dirlo assevcraïamcmc un libro che molto onori Ij scuola italiana; e la Commissione, a voti uni-

CHRONIQUE 4f5

nimi, gU ha aisegnato il primo posto nella série complessiva dei quâttordtci lavori venuti ails prova.

— La dernière livraison (4* du t. II) du Brevtan d'amor publié par la Société archéologique de Bézicrs vient de paraître. Elle contient la fin du poème {vv. î 1(^97-34597), la lettre de Matfre Ermengaud â sa sœur, un long tirata (pp. 681-708), et te glossaire (pp. 709-772) rédigé par M. G. Azais. La première livraison avait paru en 1862, Voy. sur celte publication Romania, VI,

— Dans un article qui a été tiré à part (Palerme, Monlaini), la rédaction des Nuove E^tmmài sicitiane démontre qu'un livre publié par M. Kadcn (Leipzig, Brockhaus, 1880I sous le titre de Untcr àen Oiivcnbaùmcn^ iudhûllschc Voîkimiirchen, renferme uniquement, non pas, comme le dit l'auteur, des contes recueillis par lui de la bouche du peuple italien {Vorredct p. xvj), mais des traductions de contes publiés par M. Imbriani. M. Comparetti et surtout M. Pilré (54 sur 44). C'est ainsi qu'il faut interpréter « la servante amalfitame, calabraise ou abruzzienne, l'fiomme de Pouzzoles, le portier de Palernie, » dont l'auteur allemand prétend reproduire les récits. C'est là un plagiat d'une espèce nouvelle, qu'il faut signaler * tant pour l'honnêteté littéraire qu'à cause des erreurs ob il peut faire tomber les mythographes.

— Dans la séance du 1*' juillet de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, M. Hauréau a lu un mémoire contenant des faits importants pour l'histoire littéraire. Il y démontre que le commentaire latin moralisé des Mitamor phases d'Ovide, attribué à Nicolas Triveth et plus souvent encore à Thomas Waleys ou Thomas de Galles, est réellement Tœuvre de Pierre Berçutre. D'autre part, l'attribution à Philippe de Vitri, évéque de Meaux, de ï'OviJe moralisi en vers français ne repose que sur un passage mal interprété de la préface de Berçuire. Berçuire dit que Phibppe de Vitri lui fit connaître l'ouvrage en vers français composé « ad instanciam illustrissime domine Johanne quondam regme Francie >. Deux bons manuscrits de ce poème l'attribuent à Chrestien Legouais de Sainte- More près Troyes, et cette attribution, confirmée par un passage d'Eustachc Deschamps, doit être regardée comme digne de toute créance.

— Nous avons récemment parlé, à propos du catalogue Gonzague, des ross. XXI et V de Venise, qui contiennent l'un ÏEntrà de Spagne^ l'autre la Prise de Pampelune^ et nous avons rappelé les discussions auxquelles ils ont donné lieu iRom, IX, 503, s'î)- M. Antoine Thomas, en ce moment à Venise, vient d'étudier à nouveau ces manuscrits et est arrivé i des résultats qui paraissent assurés ; il compte les publier prochainement avec les recherches qui l'y ont conduit ; nous voulons seulement les signaler à nos lecteurs. D'après M. Thomas, c'est à tort que M. Léon Gautier et tous les critiques qui l'ont suivi ont identifié le Patavian qui, au fol. 214, dit formellement qu'il ne veut pas se nommer, et le Nicolas qui, au dernier feuillet du ms., se nomme et

I . Il a été dénoncé, avant de l'être en Sicile, dans le LiUrtrischa Centralïflûtl du S mars 1S81.

déclare conlinuer l'œuvre de l'anonyme '. Celte continuation, à peine commencée dans te mss. XXI, le ms. V en est un fragment, car l'œuvre de l'anonyme et la suite de Nicolas avaient été réunies au XIV» siècle dans un seul et même manuscrit, divisé en plusieurs volumes, dont le ms. V nous est seul parvenu ; le ms. XXJ, au contraire, ne contenait d'abord que l'œuvre du Padouan anonyme; on a ajouté plus lard sur les deux derniers feuillets, restés blancs, le début de la continuation de Nicolas. Ce Nicolas sans patrie peut être identifié avec une vraisemblance qui touche à la cerlilude à Nicolas de Vérone, dont M. Gautier a dit avec raison qu'il écrivait « dans la même langue et avec le même style que l'auteur de la Prise J: Pampetunt'^, » Quant au « Palavian » (qu'il ne faut d'ailleurs pas regarder avec M. Gautier comme un simple compilateur, mais qui au contraire a très largement augmenté ses sources d'après son imagination, et qui mérite tous les éloges adressés jusqu'ici à Nicolas), il faut renoncer à savoir comment il s'appelait, i moins qu'on ne veuille y reconnaître leMinocchio mentionné comme auteur de ï'Entrk de Spdgnc par un des manuscrits Gonzague iRam. IX, ji j). Nicolas avait étudié à fond l'œuvre de son prédécesseur, et il s'est efforcé de le continuer et de l'imiter jusque dans tes détails : ainsi s'explique la ressemblance entre \' Entrée Je Spagnt et la prétendue Prise de Pampelune qui avait engagé G. Paris à les attribuer à un seul et même poète : cela n'est vrai que des 131 derniers vers du ms. XXI (ajoutés plus tard), qui ont bien le même auteur que le ms. V, à savoir Nicolas de Vérone. Entre Nicolas et le « Patavian », il y a des différences de langue et de style qui ont déji été relevées par P. Meyer^ et d'autres critiques après lui, et qui tes ont empêchés d'adopter l'hypothèse émise dans V Histoire poîtique Je Chaiitmagne, Le système de M. Thomas semble devoir contenter tout le monde*.

— M. A. Thomas nous écrit qu*ayant revu i Bologne le ms. de la Chirurgie de Roger de Parme traduite en provençal, il lui semble que le surnom du traducteur doit se lire, non pas Anilltr (voy. ci-dessus.^ p. 6^), mais Avinionensi Rien ne prouve que ce R, d'Avignon soit identique à l'auteur de la pièce Sirvens soi avut: et arloti qui a été publiée par Raynotiard et par M. Barlsch. — M. Thomas nous informe en même temps qu'il a copié en entier la version de la Chirurgie y en vue d'une prochaine publication.

— Livres adressés à la Romania :

Essai sur le patois normand du Btssin,, suivi d'un dictionnaire étymologique, par C. JoR£T. Pans, Vieweg, in*8«, XII-J84 p. — Cet important travail, publié i de longs intervalles dans les Mim. dt la Soc. de linguistique^ forme enfin un

I. Voy. ces passages dans Rajna, la Rotîa di Ronàsvalte, p. 27; Gauiicr, Êp. /r III', 404, 409, etc. ; Rom, IX, joj, etc. 1. Êp. fr. Itl», 40Î.

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