Voy. Wace, Rou, éd. Andresea, ïi
2. Sur la substitution de -ûmus<==^ 6 mus;, emprunté â sumuSj, i nenccs en -amus, -émus, 4mus, -îm us des différentes coniugaisc Rom. Vil, 62).
rapproché les formes divergentes, et a fait dire voue, avoue, none^ à cause de vouer, avouer, nouer '. Les subst. vcru, nœud, sont restés les témoins de l'ancienne forme; au reste veu^ veue^ etc., neue, etc., ne sont pas rares dans les textes et se sont mainteniis très longtemps à côté des formes analogiques *; de même deu =^ d6to, voy. dans Littré l'exemple de Beaumanoirî. Excédai faisait esqueue et ex coda re érîcoutr. — Un verbe dont Phistoire présente des difficultés est ex eut ère : il doit faire à Pinf. esijueurre, à l'ind. prés, esqueu*, csqucuz, esqueut, escouons, escouez, esqueuent ; et l'uniformisation de la voyelle du radical n'ayant pas été régulièrement accomplie dans les conjugaisons autres que !a première (cf. meurty mourons, etc.), ces formes pourraient subsister. Mais, par un accident qui n'est pas sans exemple, ce verbe a été déplacé de sa conju* gaison normale : les formes escouons , escoaei^ la difficulté du parfait régulier tscous^ l'ont fait passer à la première conjugaison, d'où le V. cscouer, inconnu à l'Académie, mais usité dans le parler populaire de toute la France t. Il est difficile de distinguer de cet escoucr notre secouer^ qui n*a pas d'exemples anciens, ce qui est singulier s'il vient directement de SQCcuierc". Esqueurre, esqueut, etc., sont au contraire des formes fréquentes au moyen âge. — Le v. roder e ne m'est connu en fr. que par un passage d'André de Coutanccs, où il se trouve à l'inf. sous la forme rorc (Jubinal, Contes, H, 14), qui serait reure en français moderne, si le mot avait persisté.
4" Devant r : hora heure 7, oro (masc. de ora^ eur me. fr. s, flore fleur f mores mœurs j cantatore chant(^e)ear et de même tous les noms de personne en -tore, sorore ior^ur anc. fr., uxore oisseur âne. fr., seniore seigneur et tous les mots analogues en -ore, sudore sueur et
i. Le picard dit au cootraire muer, par une analogie inverse, conforme à celle que le fr. suit pour aimer, el non pour prouver.
2. Cette explication est déjà celle de M. Baehmer, R. St. IIl ^99, pour noue voue doue et aussi pour coule couve,
]. Lutare a donné en anc. fr. louer^ dont je ne connais qu'ua exemple, iuad dans Roi. (voy. Rom, II, loi): ce verbe devait faire aux formes fortes ku, etc. Cf. «t. lotare, esp. hdo,
4. L'He exculio paraît être tombé, comme il est arrivé souvent, en latîn vulgaire; la 1'* pers. était en lai. vulg. escôto.
}. D'après Burguy (II, i;4), on aurait déjà dit au XIII* s. escouer pour esqueurre, d'après ce passage de Raoul de Cambrai (p. 102} : Gransfu H colSf moll fiit a resoignier, Si l'escoua quel Jist agenoilUr; mais il faut lire : Si l'esiona.
6. Voyez lâ-dessus les remarques et les exemples de Burguy, II, 1 54, et Littré, 5, V.
7. Dans mak hure rimant avec aventure, je verrais volontiers, avec M. Mussafia {Zettichr. I 408), une confusion avec mal târ.
8. Voy. Roquelort et Cachet. Cette forme si f.-équenle parait avoir échappé i Diez {Et, Wb. s. v. orto) et à M. Bœhmer [Rom. Siud. [II 190). Sur la lorme ur â la fime, voy. les vers de Garnier de Pont-Sainte-Maxence cités par Littré au mot Or le.
$0W les abftnitt inMCwliiti m -ore devenus féminins, (i])loro leur, pitoro ptftÊf d'où ^t)feu dans VilUpreux^ = Villa pirorum, fàhrofofaneu'fj àtm VilUfavreux^ Confavreux ^ Villa fabroruni^ CariJt fabrorom (QuJcberat, Formation des noms de lieux, p. 6o|i, et 4e Méae kf ^éaicili anciens en -oro {ancieneur cic) et peut-être par ipe candeloro fpmif candelaro) ChandtUuT^^ plor^t pleure,
' ^ékfUitr, oral ^iir^ anc. fr., adorât atare anc. fr. Il faut joindre à ces \àtmbfik\ et devèrat, devenus demôrai et devôrat?, demeura d diwair€ 9BC. fr,, par le changement ancien de leur à en o, qu*ont fUCDMi plMJeuri pèilotogoes4 ^ le fr. mod. dévore est savant et repris ém biB, ooawe iliufique IV de la première syllabe (cf. demeure^ devient). (^K^Mi flMiCf présentent ou au lieu de eu, Saporat a dû donner tOFtaft, €1 son lopoitre ; on trouve en effet constamment au m. â. saveure^ éUâPtmi ; MPOure est dû â l'analogie de savourer. Remarquons que pour plorjre, demorare, l'analogie s'est exercée en sens inverse : elle a lotrodiifl partout la voyelle des formes faibles : l'ancienne conjugaison HakfUar etci pleurons letc.l, demear (etc.) demourons (etc.); la moderne eUfbàn pUarcns, demeure demeurons <. — Le mot le plus embarrassant CM OMWtr, qui fait dam la classe des mots en -ore une exception unique^. le reriendrai plus loin sur b prononciation de ce mot au m. â. , et je cherdbcraî tt amor n'a pas été, pendant un certain temps, semblable dans sa temnnaison aux représentants de sudore, calore, honore, etc. devonu iueur, chaleur^ honneur, etc.; mais il est certain en tout cas que de VH bonne heure il a quitté leur groupe pour se joindre à celui des mots en -OBT^ comme touryf^y jour{n] , estûur{m), où Vou provient régulièrement
^T, L'r s'éteignaot, IVa, qui est ouvert guand Vr a prononce, est devenu kmé ict qui a amené la graphie hux). Ue même dans mommr^ prononcé mltji, el dans !es formes comme piqacux, etc., pour ptqumrs,
2, L'origine de ce mot est douteuse, à cause des nombreuses formes sous lesquelles iï se présente.
j. La raison de ces formes est sans doute le déplacement de l'accent : le lat. clas». disait démo rat dévorât : le roman, par un principe <!|ui lui est propre ^voy. mon Accent latin, p, 8}). transporte l'accent sur l'o ; mais une pénultième brève tonique est contraire à l'accentuation latine, d'où le changemeni de quantité. Notons d'ailleurs que demuere et drvuere existent à côté de dtmturc Jeveure, — M. Fcersler {Rom. Stud. III 182), approuvé par M. Bœhmer (Ih, II! 597) el M. Ulbrich {Zeitsckr. Il ^^), pense que l'r a changé en ô Va précédent, ce qui, ajoule-l-il, n'est pas plus étonnant que le changement semblable produit par m n. Mais devant m n, ce changement est constant ; devant r il se réduirait à deux mots. Il est d ailleurs curieux de voir M Fœrsl<*r attribuer à une / le pouvoir de changer un à précèdent en <^^ tandis que M. Havct (voy. ci-dessous, ç. 49, n. 4) fui attribue celui de changer » en 3.